écaille

écaille

n.f. [ germ. skalja, coquille ]
1. Chacune des plaques dures qui recouvrent le corps des reptiles et des poissons.
2. Matière première provenant de la carapace de certaines tortues, utilisée en tabletterie, en marqueterie, etc. : Des lunettes en écaille.
3. Chacune des deux parties dures d'un coquillage : Écailles d'huître
4. Petite plaque qui se détache d'une surface : Des écailles de peinture.
5. En botanique, feuille entourant le bourgeon ou le bulbe de certaines plantes (oignon, lis, etc.).

ÉCAILLE

(é-kâ-ll', ll mouillées, et non é-kâ-ye) s. f.
Nom des lames plates et minces qui couvrent la peau des poissons et de certains reptiles.
Lorsque Psyché alla à cette fontaine, le monstre se réjouissait au soleil, qui tantôt dorait ses écailles, tantôt les faisait paraître de cent couleurs [LA FONT., Psyché, II, 177]
Tout son corps est couvert d'écailles jaunissantes [RAC., Phèd. V, 6]
Les mailles d'une armure, les plaques qui forment certaines armes défensives.
Petites plaques cornées qui garnissent les pattes des oiseaux et la queue de certains mammifères comme la queue du castor.
Enveloppe dure qui couvre et défend le corps de certains mollusques. Écailles d'huître. Fig. Laisser les écailles, s'emparer de tout le profit d'une affaire, c'est-à-dire manger l'huître et laisser les écailles aux autres.
Tenez, la cour vous donne à chacun une écaille [LA FONT., Fabl. IX, 9]
Et par ce bel arrêt terminant la bataille : Tenez, voilà, dit-elle, à chacun une écaille [BOILEAU, Épît. II]
Un tiers sans droit mangea l'huître et laissa les écailles aux prétendants [SAINT-SIMON, 65, 79]
Terme de commerce. Substance provenant des grandes plaques épidermiques ou cornées qui recouvrent la carapace d'une tortue marine appelée chelonia imbricata. Une tabatière d'écaille.
Terme de botanique. Nom d'organes appendiculaires fort différents que l'on a comparés à des écailles de poisson et qui s'insèrent à la tige dans toute ou la plus grande partie de leur base qui n'est pas pédiculée. Terme de pathologie. Nom de petites lamelles formées de cellules épidermiques plus ou moins nombreuses et se détachant d'elles-mêmes dans certaines affections cutanées. Poussière répandue sur les ailes des lépidoptères.
Par analogie, tout ce qui se détache des corps en petites parties minces et légères, comme dans un vieux tableau qui tombe par écailles. Écailles de bronze, de fer, de marbre, petites parties qui tombent du cuivre ou du bronze lorsqu'on le met en œuvre ; du marbre lorsqu'on le taille en bloc ; et du fer lorsqu'on le forge en armes tranchantes. Terme de monnaie. Écaille d'acier, poudre d'acier qui se met sous le carré pour le hausser plus ou moins. Terme de métallurgie. Croûte mince qui se forme à la surface du fer qu'on échauffe.
Fig. Causes de l'aveuglement de l'esprit.
Voilà les écailles qui tombent de ces yeux fermés à la lumière [FÉN., t. XVII, p. 300]
[Cette réprimande] Ce fut pour mon père un coup de tonnerre ; les écailles lui tombèrent des yeux [SAINT-SIMON, VII, 91]
Une si énorme bévue aurait ouvert les yeux des chrétiens, si l'ignorance ne les avait pas couverts d'écailles [VOLT., Phil. V, 368]
Je ne peux croire que des anges [M. et Mme d'Argental, que Voltaire appelait ses anges] qui écrivent si bien aient tort sur ce Droit du seigneur [comédie de Voltaire] ; cependant les écailles ne sont pas encore tombées de mes yeux [ID., Lett. d'Argental, 14 janv. 1761]
Terme d'architecture. Nom de petits ornements, en forme d'écailles de poisson, couchées l'une sur l'autre, qu'on taille sur les moulures rondes. Ornements en forme d'écaille de poisson, que l'on emploie dans la menuiserie, la broderie, la tapisserie, etc. Ardoises étroites et arrondies dans le bout de la partie visible et servant à la couverture des dômes.
Écaille de mer, ou, simplement, écaille, pierre pour broyer les couleurs. Tesson sur lequel le savonnier fait couler un peu de savon pour juger s'il est assez cuit.
10° Terme de relieur. Sorte de rouge écarlate. Une belle écaille.
L'écaille, qui n'est plus guère en usage aujourd'hui, se fait avec une forte décoction de bois de Fernambouc, auquel on joint de l'alun et même de la cochenille [LESNÉ, la Reliure, p. 200]
11° Écaille de Bergame, espèce d'ancienne tapisserie.
12° Grande écaille, nom d'un chétodon, poisson.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    De saint Jame l'escale [l'écaille des pèlerins de St Jacques] [, Th. le mart. 158]
  • XIIIe s.
    On ne doit pas selon l'escaille Juger li quels noyaus vaut mieux, la Mort [JUBINAL, II, 274]
    Tandis que le roy estoit à Sayette, li apporta l'en une pierre qui se levoit par escales, la plus merveilleuse du monde [JOINV., 281]
  • XIVe s.
    Oes [œufs] de galines cuis o [avec] leur escailles [H. DE MONDEVILLE, f° 44, verso]
    Les escailles des escrevisses [, Ménagier, II, 5]
  • XVe s.
    L'escaille [croûte] dudit pain ostée [EUST. DESCH., Poésies mss. dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Il estoit de lunettes caparassonné, comme une tortue d'escailles [RAB., Pant. V, 18]
    Jeunes enfans à grand'peine sortis de l'escaille [CALV., Instit. 878]
    Lesquels venins sont comme litarge, ceruse, plastre, escaille d'airain, limeure de plomb, etc. [PARÉ, XXIII, 5]
    Refaire les defautes de massonneries, charpentages, couvertures d'escailles [ardoises] [, Nouv. coutum. génér. t. II, p. 75]
    Estoit armé d'une escaille couverte de velours verd, un morion doré en teste, et une hallebarde dorée à la main [MONTLUC, Mém. t. I, p. 653, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, haie ; anc. wallon, escaille ; namurois, scaie ; rouchi, écale ; ital. scaglia ; du germanique : goth. skalja, tuile ; allem. Schale, écaille.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    ÉCAILLE. Ajoutez :
    13° Sorte de papillon.
    J'abandonne les autres bombyx, les écailles si jolies dans une collection et dont les ailes supérieures rappellent les plus jolis manches de couteaux [CARTERON, Premières chasses, Papillons et oiseaux, p. 56, Hetzel, 1866]

écaille

ÉCAILLE. n. f. Chacune des petites lames minces et plates qui couvrent la peau de certains poissons et de certains reptiles. Les écailles d'une carpe, d'un saumon, d'une morue. Écailles dures, rondes, transparentes.

Il désigne aussi l'Enveloppe dure et calcaire qui couvre et protège le corps des mollusques bivalves. On le dit plus particulièrement des Huîtres.

Écaille de tortue, ou, absolument, Écaille, l'Enveloppe dure qui couvre le dos de la tortue et dont on fait de petits objets précieux. Tablettes couvertes d'écaille. Tabatière d'écaille. Ce que vous prenez pour de la corne est de l'écaille.

Il se dit pareillement, en termes de Botanique, de Productions plates et plus ou moins sèches, qui composent ou accompagnent certaines parties des végétaux. Les bulbes du lis, les cônes du sapin sont formés d'écailles. Les boutons du marronnier d'Inde, la tige de l'orobanche sont garnis d'écailles.

Il se dit encore, par analogie, des Lamelles minces et légères qui se détachent de la peau dans certaines affections cutanées. Sa peau se soulevait par écailles. Fig. et fam., Les écailles lui sont tombées des yeux, Ses yeux sont dessillés.

En termes de Peinture, Ce tableau tombe en écailles, par écailles, se dit d'un Vieux tableau dont les couleurs desséchées se gercent et se détachent de la toile par petites plaques.

écaillé

ÉCAILLÉ, ÉE. adj. Qui est couvert d'écailles. Animaux écaillés.

écâille


ÉCâILLE, s. f. ÉCâILLÉ, ÉE, adj. ÉCâILLEUX, EûSE, adj. [Ekâ-glie, glié, glié-e, glieû, glieû-ze: 1re é fer., 2e lon.: mouillez les ll; 3e e muet au 1er, é fer. au 2d et 3e, lon. aux 2ders.] Écâille, 1°. Matière mince et osseûse, qui vient sur la peau des poissons et de certains reptiles, et qui est séparée en plusieurs pièces: "Écâilles d'une carpe, d'un saumon, d'un crocodile. = 2°. Coquille, croûte dûre, qui coûvre les poissons qu'on nome testacées. "L'écâille d' une huitre: huitre à l'écâille. "Écâille de tortûe. — Écâille tout court, s'entend toujours de l'écâille de tortûe.
   ÉCâILLÉ, à qui on a ôté les écâilles: Carpe écâillée; ou, dans le sens contraire, qui est couvert d'écâilles: Animaux écâillés. — Écâilleux, qui se lève par écâilles. "Les cones du sapin sont des fruits écâilleux. "La racine du lys est écâilleûse.
   Rem. On dit figurément, que les écâilles tombent des yeux, pour dire, qu'on est détrompé; ou, comme disaient Mrs de Port-Royal, désaveuglé. Cette expression fait allusion à ce qui arriva à St. Paul, lors de sa conversion. Elle ne peut être bone que dans des ocasions pareilles. "Enfin, les écâilles lui tombent des yeux, il voit qu'il s'égare, dit d'Avrigny, en parlant de M. de Turenne et de sa conversion.

Traductions

écaille

Schuppe, Skalascale, shellschilfer, schub, schildpad [stof], schubbenקשקש (ז), קַשְׂקַשׂskælskvamoescama, carey, escalasquama, scagliasquamaescamafjäll, skalaقِشْرُ السَّمَكšupinaλέπιasteikkoljuskaうろこ비늘skalaskalaшкала, чешуяเกล็ดölçüvẩy (ekɑj)
nom féminin
1. petite lame qui recouvre le corps des poissons Les écailles du poisson brillent au soleil.
2. petit morceau qui se détache La peinture tombe en écailles.

écaille

[ekɑj] nf
[poisson] → scale
[coquillage] → shell
(= matière) → tortoiseshell
[roc] → flake