écarteler

(Mot repris de écartelât)

écarteler

v.t. [ de l'anc. fr. esquarterer, mettre en pièces ]
1. Obliger qqn à faire un choix entre plusieurs choses, plusieurs idées ou sentiments contraires : Il est écartelé entre son désir de participer à la course et celui de se soigner déchirer, partager, tirailler
2. Anc. Faire subir le supplice de l'écartèlement : Ravaillac a été écartelé.

écarteler

(ekaʀtəle)
verbe transitif
séparer les membres du corps de qqn en tirant chevaux qui écartèlent un condamné à mort

ÉCARTELER

(é-kar-te-lé. La syllabe te prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : j'écartèle, j'écartèlerai) v. a.
Mettre en quatre quartiers, faire tirer par quatre chevaux un condamné.
À quatre-vingt-quatre ans, il [Carvajal] fut écartelé, sans montrer aucun remords du passé, sans montrer aucune inquiétude sur l'avenir [RAYNAL, Hist. phil. VII, 8]
Concasser, en parlant des grains de blé.
La farine vient si grossière qu'elle est encore en masse avec le son ; le blé n'est qu'écartelé, [, Dict. des arts et mét. Amsterd. 1767, Meunier]
Terme de blason. Partager l'écu en quatre. Écarteler un écusson.
Ce serait ici le lieu d'expliquer mon nom et mes armes, et comment, avec un nom que je ne porte point, et la moitié des armes que j'écartèle, c'était [de la part de Louvroy] prétendre en effet être de ma maison [SAINT-SIMON, 194, 94]
Vous verrez ces gens-là [les parvenus] armorier leurs équipages, écarteler leurs écussons [P. L. COUR., II, 308]
Absolument. Il écartèle de telles et telles armes.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    En la fin son hiaume escartele Au chevalier mes sire Yvains [, Chevalier au Lyon, V. 860]
    Bernier feri [il frappa Bernier] sor son escut devant, En deux moitiés li esquartele et fent [, Raoul de C. 272]
  • XIIIe s.
    Et après il fit cerquier le [la] teste du mort, et trouva le test esquartelé en tele maniere que ce ne peust estre fet d'espée [BEAUMANOIR, LXIX, 16]
    Par le gré du roy il esquartela ses armes, qui sont vermeilles, aus autres de France, pourceque li roys l'avoit fait chevalier [JOINV., 269]
  • XVe s.
    Si vous voulez faire une chose.... c'est que vous veuilliez encharger les armes de France et equarteler d'Angleterre, et vous appeler roi de France [FROISS., I, I, 95]
    Tant avoit fait d'armes, que son heaulme luy cheoit escartelé sur ses espaules [, Perceforest, t. V, f° 88]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, quâteler ; provenç. esquartelar ; portug. esquartelar, esquartajar ; ital. squartare ; du latin ex, et quartellus, diminutif de quartus, quart. Écarteler, c'est proprement partager en quatre. On remarquera l'exactitude de l'italien qui, écrivant scartare, écarter, de carta, carte, écrit squartare, de quartus, quart.

écarteler

ÉCARTELER. (J'écartèle; nous écartelons.) v. tr. Mettre en quatre quartiers : sorte de supplice qu'on faisait souffrir à des criminels de lèse-majesté au premier chef, en les tirant par les quatre membres, à quatre chevaux.

En termes de Blason, il signifie Partager l'écu en quatre. Il écartèle de telles et telles armes, de tels et tels émaux.

écarteler


ÉCARTELER, v. act. [1re et dre é fer., 3e e muet; devant la syll. fémin. cet e devient moyen: il écartèle, écartèlera, etc.] Mettre en quatre quartiers, en le faisant tirer à quatre chevaux. "Il fut condamné à être écartelé. = V. n. En termes de Blason, "Il écartèle d'argent et de sable.

Traductions

écarteler

vierteilen

écarteler

[ekaʀtəle] vt
(= supplicier) → to quarter
(fig) être écartelé entre qch et qch → to be torn between sth and sth
se sentir écartelé entre qch et qch → to feel torn between sth and sth