écheler

ÉCHELER

(é-che-lé. L'l se double quand la syllabe qui suit est muette : j'échelle, j'échellerai) v. a.
Escalader en appliquant l'échelle. Il échelle la muraille.
Je ne vois écheler ni rempart ni muraille [, Parnasse des muses, dans LEROUX, Dict. comique]
Terme militaire. Synonyme d'échelonner.
Terme d'ancienne législation. Exposer un criminel sur une échelle pour lui faire faire amende honorable.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Pour la grant cité de Dieu prendre, Et pour les cieulx beaux escheller [DU CANGE, eschallare.]
  • XIVe s.
    Il perçoit [voit] le chastel qui estoit alumez, C'est assavoir qui est esclariez à tous lez, Pour la doubte de ce qu'il ne fust eschelez [, Guesclin. V. 5695]
  • XVe s.
    Ains gagnoient et conqueroient villes et forts chasteaux souvent, les uns sur les autres, par force et par pourchas, par embler et par escheler de nuit ou de jour [FROISS., I, I, 324]
    .... Mariez qui autre femme prent Est eschellez selon le droit des cours ; Dame à ami, qui fait un autre amant, Doit estre mise en l'eschielle d'amours [EUST. DESCH., Poésies mss. dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Nos opinions s'entent les unes sur les autres, nous eschellons ainsi de degré en degré [MONT., IV, 237]
    Au haut justicier appartient la cognoissance des cas et crimes punissables de mort, mutilation de membres et autres peines corporelles, comme fustiger, fouetter, piloriser, escheller, marquer [, Coustum. génér. t. I, p. 870]
    Les rats eschelans le colombier plus facilement par les encoigneures de dehors [O. DE SERRES, 382]

ÉTYMOLOGIE

  • Échelle ; provenç. escalar, escaliar ; espagn. escalar ; ital. scalare. On trouve aussi escaler au XVIe siècle :
    Il avoit escallé une maison, ravi une fille et tué quatre ou cinq personnes de qui elle estoit heritiere [D'AUB., Faen. IV, 6]