échevelé, ée


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ÉCHEVELÉ, ÉE

(é-cheu-ve-lé, lée ; comme deux e muets se suivent, le premier prend le son de eu) adj.
Qui a la chevelure éparse et flottante.
Elle accourt l'œil en feu, la tête échevelée [BOILEAU, Lutr. II]
Ou tel que d'Apollon le ministre terrible, Impatient du dieu dont le souffle invincible Agite tous ses sens, Les yeux étincelants, la tête échevelée, Du temple fait mugir la demeure ébranlée Par ses cris impuissants [J. B. ROUSS., Ode au comte du Luc.]
C'était un jeune homme d'une figure charmante ; pâle, échevelé, baigné de pleurs, il était à genoux au chevet de mon lit [Mme DE GENLIS, Mlle de la Fayette, p. 35, dans LACURNE]
Un de ces soirs fameux, chers au peuple romain, Où des temples secrets la Vénus impudique Sortait échevelée, une torche à la main [A. DE MUSSET, Poés. nouv. Lett. à Lamartine]
Poëte échevelé, s'est dit, sous la Restauration et depuis, pour poëte romantique ; tantôt par raillerie et tantôt sérieusement, comme dans ce vers :
Ô poëtes sacrés, échevelés, sublimes ! [V. HUGO, F. d'aut. 38]
Par extension, pendant et en désordre.
Qu'un jeune homme soit frappé de l'effet d'une cascade.... le bruit, les masses d'ombres, les plantes échevelées, la neige de l'écume, tout se gravera dans la mémoire de l'élève [CHATEAUB., Dessin, 273]
Le Danube qui, par cinq fleuves, Tombe échevelé dans la mer [V. HUGO, Orient. 12]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Là vint curante cum femme forsenede, Batant ses palmes, criant, eschevelede [, St Alexis, LXXXV]
  • XIIIe s.
    Ele saut sus comme desvée, Toute nue et eschevelée [, Ren. 288]
  • XVe s.
    Nymphes adonc, pleurans eschevelées [MAROT, IV, 68]

ÉTYMOLOGIE

  • Écheveler ; Berry, égêvé. On a dit aussi deschevelé.