écru, ue

ÉCRU, UE

(é-kru, krue) adj.
Qui n'a point été soumis à l'eau. Soie écrue. Des brodequins de cuir écru. Fil écru, fil qui n'a point été lavé. Toile écrue, toile qui n'a point été blanchie.
Le cultivateur est payé avec de l'argent qui revient toujours à la compagnie et avec quelques toiles bleues ou écrues, tirées du Coromandel [RAYNAL, Hist. phil. II, 8]
Fer écru, celui qui, ayant été brûlé ou mal corroyé, se trouve mêlé de crasse.
S. m. Qualité de ce qui est écru. De la soie dans son écru. Étoffe écrue. Des écrus de la Chine.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Et qui voudra faire oevre de fil escru, si face raie de fil teint [, Liv. des mét. 89]
    Il ont acordé au dit mestier que l'en ne doit estre tenuz à respondre d'uevre fors tant come ele est escrue tant seulement [, ib. 392]
  • XVe s.
    Une très haute salle toute couverte de draps escrus de Normandie, lesquels draps on avoit fait venir de plusieurs lieux [FROISS., III, IV, 1]

ÉTYMOLOGIE

  • Cru, adjectif, avec es épenthétique donnant seulement plus de force au mot : qui n'est pas sorti de l'état de crudité, de non préparation.