élévation

(Mot repris de élévations)

élévation

n.f.
1. Action d'élever, de porter vers le haut, vers un degré supérieur ; fait de s'élever : L'élévation d'un mur construction, édification avancement, promotion augmentation, hausse ; baisse, diminution
2. Terrain élevé ; hauteur : Il s'essoufflait en gravissant cette élévation butte, colline, coteau
3. Grandeur morale ou intellectuelle : Un discours qui fait preuve d'élévation d'âme noblesse ; bassesse
4. En mathématiques, action d'élever un nombre à une puissance donnée : Élévation au cube, au carré.
5. Dans la religion catholique, moment de la messe où le prêtre élève l'hostie et le calice.

élévation

(elevasjɔ̃)
nom féminin
1. fait de s'élever l'élévation du niveau des eaux
2. endroit plus haut Le village se trouve sur une élévation.

ÉLÉVATION

(é-lé-va-sion ; en vers, de cinq syllabes) s. f.
Action de rendre plus haut ; résultat de cette action. Élévation d'une muraille. L'aérostat parvint à une très grande élévation. L'élévation des eaux de la rivière par la fonte des neiges. Fig.
Il est temps de faire voir que tout ce qui est mortel, quoi qu'on ajoute par le dehors pour le faire paraître grand, est, par son fond, incapable d'élévation [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Terme de chirurgie. Élévation dans le traitement des plaies, emploi d'appareils qui ont pour résultat de maintenir la partie lésée, les membres en particulier, plus élevée que le reste du corps. Terme de musique. Se dit du temps sur lequel on lève la main.
L'élévation de l'hostie, ou, simplement, l'élévation, endroit de la messe où le prêtre, ayant consacré, élève l'hostie et la montre au peuple.
Quand un autre prêtre en est [de la messe] à l'élévation [PASC., Prov. 9]
Luther aussi, quoiqu'il eût pensé à ôter l'élévation de l'hostie, la retint, en dépit de Carlostad, comme il le déclare lui-même [BOSSUET, Var. II, § 10]
Élévation, nom d'un motet chanté à l'élévation de l'hostie.
Éminence, terrain élevé. Il monta sur une élévation. En botanique, indique la hauteur du lieu où croît une plante au-dessus du niveau de la mer.
Terme d'astronomie. Élévation du pôle dans un lieu, la distance qui se trouve de l'horizon au pôle. Trouver l'élévation du pôle. On dit aussi l'élévation d'une étoile. Élévation de l'équateur, l'arc du méridien compris entre l'horizon du lieu et le point où le méridien est coupé par l'équateur. Angle d'élévation, angle que fait avec l'horizon le rayon visuel mené à un astre ou à un point quelconque de la sphère céleste. Terme de mécanique. Angle d'élévation, l'angle qu'une ligne de direction fait avec l'horizon. Terme d'artillerie. L'angle qu'un canon fait avec la ligne horizontale.
Terme d'architecture. Coupe verticale d'une construction vue de face. Faire les plans et élévations d'un bâtiment. Terme de perspective. Représentation d'un bâtiment, dont les parties reculées paraissent en raccourci. Terme de marine. Plan d'élévation, plan vertical passant par l'axe de la quille et contenant la projection des diverses parties du navire. Hauteur des façons d'un navire.
Accroissement de certaines choses. Élévation de température, augmentation de chaleur. L'élévation de la voix, ton de voix plus haut que celui qu'on prend habituellement. L'élévation de sa voix témoignait de la passion qui l'agitait. Élévation de voix, passage d'un ton à un ton plus haut.
Il y a des élévations de voix nécessaires dans la déclamation [, Dict. de l'Acad.]
Terme de médecine. Élévation du pouls, de la respiration, accélération du pouls, de la respiration. Terme de mathématique. Élévation d'un nombre à la seconde, à la troisième puissance, etc. action de le carrer, de le cuber, etc.
Augmentation, hausse. Une élévation subite du prix des denrées.
Action de s'élever en dignité. Il renversa tous les obstacles qui s'opposaient à son élévation.
La joie que l'on reçoit de l'élévation de son ami est un peu balancée par la petite peine qu'on a de le voir au-dessus de nous [LA BRUY., IV]
Plus son élévation était grande, plus sa chute fut honteuse [ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. I, p. 327, dans POUGENS]
Grandeurs, dignités.
Considérez ces grandes puissances que nous regardons de si bas ; pendant que nous tremblons sous leur main, Dieu les frappe pour nous avertir ; leur élévation en est la cause [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Le malheur de ceux qui naissent dans l'élévation [FÉN., Tél. XVI]
L'élévation est d'ordinaire ou dure ou inattentive [MASS., Or. fun. Madame.]
La peine que prend une dame de votre élévation [Mme de Maintenon], de venir me dire que je ne suis pas fille du roi, me persuade que je le suis [VOLT., Louis XIV, 28]
Noblesse morale, grandeur intellectuelle. Il a beaucoup d'élévation dans l'âme. Élévation de sentiments.
La première et la plus considérable source du sublime est une certaine élévation d'esprit qui nous fait penser heureusement les choses [BOILEAU, Longin, ch. VI]
Cette élévation d'esprit et de style doit être l'image et l'effet de la grandeur d'âme [ROLLIN, Traité des Ét. III, 3]
Delphine a de l'élévation, mais point d'orgueil [Mme DE GENLIS, Th. d'éduc. le Portrait, II, 6]
10° Mouvement vif et affectueux de l'âme vers Dieu.
Dieu n'a pas toujours agréable Tout ce qu'un dévot trouve aimable ; Toute élévation n'a pas la sainteté [CORN., Imit. II, 10]
Pour les connaître [les faux mystiques], nous vous avertissons en notre Seigneur d'observer ceux qui affectent dans leurs discours des élévations extraordinaires et de fausses sublimités dans leur oraison [BOSSUET, Ordonnance sur les états d'oraison]

SYNONYME

  • ÉLÉVATION, HAUTEUR. Tant que dans l'élévation on considère l'action d'élever ou de s'élever, élévation est différent de hauteur : l'élévation du ballon au-dessus des nuages, et non la hauteur du ballon ; hauteur signifiant la distance qui sépare un objet supérieur d'un objet inférieur. Mais quand, dans élévation, on considère le résultat de cette action, alors hauteur et élévation se rapprochent tout à fait : l'élévation du pôle ou la hauteur du pôle ; une élévation de terrain ou une hauteur sont sensiblement synonymes. Mais, figurément, les deux mots se séparent : l'élévation du caractère est une qualité qui élève le caractère au-dessus des choses basses ; la hauteur est un défaut qui, dans notre idée ou dans nos manières, nous place au-dessus des autres.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    L'elevacion du chief [de la tête] [H. DE MONDEVILLE, f° 12]
  • XVIe s.
    Tous les gouverneurs et lieutenans du roy furent envoyez en leur departement avec leurs compagnies de gens d'armes, pour empescher les eslevations [soulèvements] [D'AUB., Hist. I, 97]
    Diastole et systole, qui est à dire, elevation et compression des arteres [PARÉ, V, 7]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. eslevation, eslevatio ; espagn. elevacion ; ital. elevazione ; du latin elevationem, d'elevare, élever.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    ÉLÉVATION. Ajoutez :
    11° Genre de composition littéraire inspiré par le mouvement d'élévation vers Dieu. Les Élévations sur les mystères, de Bossuet.
  • Ajoutez : - REM. On trouve élévation dans le sens d'action d'élever des animaux.
    Une littérature nombreuse dans laquelle on compte plusieurs journaux, le Monde ailé, feuille pour l'élévation des oiseaux [, Journ. offic. 12 déc. 1872, p. 7728, 1re col.]
    Cet emploi d'élévation est barbare ; il faut dire élevage.

élévation

ÉLÉVATION. n. f. Action d'élever, de s'élever ou Résultat de cette action. Il faut donner plus d'élévation à ce plancher, à cette muraille. Une élévation de six à sept mètres.

L'élévation de l'hostie, ou absolument L'élévation, Le moment de la messe où le prêtre élève l'hostie. On était à l'élévation. Sonner l'élévation.

Il se dit figurément des Mouvements vifs et affectueux de l'âme vers Dieu et de certaines prières qui excitent ces mouvements. L'élévation des âmes. L'élévation du coeur à Dieu. Bossuet a fait un ouvrage sous le titre d'" Élévations à Dieu sur les mystères. "

Il signifie encore Grandeur d'âme, noblesse de sentiments, grandeur dans les conceptions. Il a beaucoup d'élévation dans l'âme. On ne peut qu'admirer la grande élévation de ses sentiments, de ses pensées. Son caractère manquait d'élévation. Il a une grande élévation d'esprit.

Élévation de terrain, ou absolument Élévation, Terrain élevé, éminence. Une élévation bornait la vue de ce côté.

En termes d'Astronomie, Élévation du pôle, Angle formé avec le plan de l'horizon par un rayon visuel mené de chaque point de la terre au pôle visible de la sphère céleste.

Élévation de la voix, Ton de voix plus haut que celui qu'on prend habituellement. On pouvait juger à l'élévation de sa voix qu'il était fort en colère.

Élévation de voix, Passage d'un ton à un ton plus haut. Il y a des élévations de voix nécessaires dans la déclamation.

En termes d'Architecture, il signifie Représentation d'une face de bâtiment. Élévation géométrale, ou, elliptiquement et plus ordinairement, Élévation. Élévation perspective. L'élévation du portail d'une église. Élévation de la face principale d'un palais, d'une maison. Coupe ou élévation d'un bâtiment.

Il signifie encore figurément Augmentation, hausse de prix. Il s'est produit une élévation subite du prix des denrées.

Élévation de température, Augmentation de chaleur. Il se dit par extension, en termes de Médecine, de l'Augmentation de fièvre constatée à l'aide du thermomètre. Dans un sens analogue, Élévation du pouls, lorsqu'il est plus fréquent qu'à l'ordinaire.

Il signifie en outre Constitution en dignité, Depuis qu'il est dans ce degré d'élévation. Dans cette prodigieuse élévation. Il lui doit son élévation. Il a vaincu tous les obstacles qui s'opposaient à son élévation.

elevation

Elevation, Eleuatio, voyez Eslever.

L'elevation de la voix, Accentus.

élévation


ÉLÉVATION, s. f. ÉLèVE, s. m. et f. ÉLEVER, v. a. [Éléva-cion, en vers, ci-on; élève, élevé: 1re é fer., 2e é fer. au 1er, è moy. et dout. au 2d, e muet au 3e. — Devant la syllabe féminine cet e muet se change en è moy.: il élève, élèvera, etc.] Élévation, exhaussement. Il se dit au propre et au figuré. "Élévation d'un bâtiment: "Monter sur une élévation, sur un terrain~ élevé, sur une éminence. "Élévation du pôle, d'un astre. "Elévation de fortune. "Élévation d'esprit, de coeur, d'âme. "Élévation dans le style. "Élévation de voix. "L'élévation du pouls. — L'élévation de l'Hostie, ou simplement l'Élévation, le temps où le Prêtre élève l'Hostie à la Messe.
   Rem. Élévation, se dit des persones, en parlant de l'agrandissement de leur fortune et de leur promotion à des postes élevés et honorables. On dit, l'élévation d'un homme: il lui doit son élévation. Mais je crois que c'est par une faûsse analogie que Bossuet a dit, l'élévation d'une secte. "* Cette secte (des Vaudois), en peu de temps fit des progrès. Bernard, Abbé de Fontcaud, qui en a vu les commencemens, en marque l'élévation sous le Pape Lucius III. — On dirait plus régulièrement, les plus grands acroissemens, que l'élévation d'une secte.
   ÉLèVE, disciple. Il se dit proprement du disciple d'un Peintre "Élève de Raphaël, de Le Brun, de Mignard, etc. Mais par extension, il se dit de tout homme formé par un aûtre, en quelque art et en quelque science que ce soit: "C'est l'élève d' un tel: "Je me fais gloire d'avoir été votre élève. Bouh. L. T. Acad. = Il semble que quand on parle des femmes on doit mettre ce mot au fém. "On voit chez elle (Mlle. de Beaulieu) d' autres tableaux, qui font aisément reconnoître un digne Élève de M. Greuze. Journ. de Paris. — Je voudrais dire, une digne Élève.
   Élève, Écolier, Disciple (synon.) L'Écolier, est celui qui reçoit des leçons réglées, pour aprendre ce qu'il ne sait pas; l'Élève, celui qui reçoit des instructions plus détaillées, pour pouvoir exercer ensuite la même profession. Le terme de Disciple ne suppose qu'une adhésion aux sentimens du Maitre, sans rien indiquer de la manière dont on en a pris connoissance. — On forme des Élèves; on enseigne des Écoliers; on fait des Disciples. BEAUZÉE. — On dit, les Écoliers de l'Université; les Élèves de Rubens; les Disciples de Platon, de St. Augustin, etc.
   ÉLEVER, 1°. Hausser, porter plus haut. "Élever un tableau, un dais, qui étoient trop bas. "Élever un mur de trois pieds. "S'élever en l'air, en haut, etc. "Le soleil élève les vapeurs. "Élever la voix, parler plus haut. — Figurément, élever son style; élever son coeur, son esprit, son âme à Dieu. "Élever quelqu'un aux charges, aux dignités. "Élever quelqu'un jusqu'aux nues, jusqu'au ciel, lui doner des louanges excessives. "Cela lui a élevé le coeur, l' ame, les sentimens, le courage, l'esprit, etc. = 2°. Construire, bâtir, ériger. "Élever un bâtiment, un parapet, une statue, une pyramide. = 3°. Nourrir. "Cet enfant est foible, il sera mal-aisé à élever. "Élever des animaux, des plantes. — Instruire, doner de l'éducation. "Élever la jeunesse dans la crainte de Dieu. "Il a été élevé dans la bonne Religion, dans l'héresie, etc.; dans un tel Collège, par un tel, etc. = 4°. S'élever, réciproque neutre: "Il s'est élevé une tempête, un orage. "Il s'éleva un bruit dans l'assemblée. "Une dispute, une sédition s'est élevée, etc. — Réciproque actif: "Les vapeurs s'élèvent de la terre; les fumées s'élèvent au cerveau. = 5°. S'élever, au figuré, s'ennorgueillir. "Vous avez beau le louer, il ne s'en élevera pas davantage.
   Rem. 1°. * Quelques Auteurs ont fait régir à élever la prép. en: ils n'ont pas été aprouvés. Corneille avait dit dans le Cid:
   Enfin, vous l'emportez, et la faveur du Roi
   Vous élève en un rang qui n'étoit dû qu'à moi.
L'Acad. condamna cette expression. On doit dire, élever à un rang, à un état, à une dignité. On dit, à la vérité, élever en honeur, en dignité: mais alors le substantif régi est pris dans un sens indéfini: mais on dit~, élever à une haute dignité, à un grand honeur. — Le P. Bouhours a repris aussi, avec raison, les phrâses suivantes de Port-Royal: "En s'élevant d'orgueil, il perdit tous ses États, et devint semblable aux animaux. Il falait, en s'enflant d'orgueil. "Ne vous élevez point de vos bonnes oeuvres: Il ne s'éleva point d'une grande puissance. Dites, ne vous glorifiez point; il ne se glorifia point. S'élever a ce sens, mais il n'a pas ce régime.
   2°. ÉLEVER, est employé neutralement par Neuville; mais le régime est sous-entendu. "La vertu des Saints est une preuve incontestable d'une grace surnatûrelle, qui élève au-dessus des foiblesses de la nature. On sous-entend l'homme; qui élève l'homme au-dessus, etc.
   3°. Elever les yeux au Ciel, est une expression que Vaugelas condamne de barbarisme: il prétend qu'on doit dire lever.
   4°. S'élever aux Cieux, peut être bon en vers. On ne doit pas condamner M. Thomas, pour avoir dit:
   L'agile Renommée, en parcourant le monde...
   Leur apprend que l'Anglois, d'un pas audacieux,
   A franchi ces rochers, qui s'élèvent aux cieux.
Mais en prôse, on doit dire, jusqu'aux cieux.
   5°. ÉLEVER, se dit au propre et au figuré: Élever une murâille, élever en dignité. Exhausser, ne se dit qu'au propre: exhausser un bâtiment.
   6°. ÉLEVER, avec le seul régime absolu (l'acusatif), se dit de l'éducation, et non pas de l'élévation. "Nous venons de parler de la mort de Concini, et nous touchons ici le commencement des malheurs de l'infortunée Princesse, qui l'avoit élevé. D'Avr. — Sans le mot de Princesse, qui empêche qu'on ne s'y méprène, on croirait que cette infortunée avait été sa gouvernante. Il falait ajouter, à élever, quelque chôse qui marquât mieux le sens; par exemple, qui l' avait élevé si haut.
   7°. S'ÉLEVER, est quelquefois suivi de la prép. contre. "Il s'éleva avec force contre ces dangereuses opinions.

Synonymes et Contraires

élévation

nom féminin élévation
1.  Action de construire.
2.  Fait pour quelque chose de s'élever.
3.  Vieux. Terrain élevé.
5.  Fait de s'élever à un rang supérieur.
Traductions

élévation

elevation, rise

élévation

הגבהה (נ), הזחה (נ), העלאה (נ), הרמה (נ), התעלות (נ), התרוממות (נ), מרום (ז), נעלות (נ), עילוי (ז), עלייה (נ), רום (ז), שגב (ז), הַגְבָּהָה, הִתְרוֹמְמוּת, הֲרָמָה, עִלּוּי, עֲלִיָּה, רוּם, הַעֲלָאָה, הַזָּחָה

élévation

verheffing, opbouw, stijging, verhevenheid [gedachte], verhoging

élévation

زِيَادَة

élévation

zvýšení

élévation

stigning

élévation

Aufstehen

élévation

elevación

élévation

nousu

élévation

povišica

élévation

上昇

élévation

상승

élévation

økning

élévation

wzrost

élévation

aumento

élévation

подъем

élévation

ökning

élévation

เพิ่มขึ้น

élévation

doğrulma

élévation

sự tăng lên

élévation

上涨

élévation

[elevasjɔ̃] nf
(= action) [taux, niveau] → raising
(= augmentation) [niveau, température] → rise
l'élévation du niveau de vie → a rise in living standards
[style] → elevation
(MATHÉMATIQUE) (à une puissance)raising
élévation au carré → squaring