émier

(Mot repris de émie)

ÉMIER

(é-mi-é) , j'émiais, nous émiions, vous émiiez, que j'émie, que nous émiions, que vous émiiez v. a.
Froisser un corps entre les doigts de manière à le réduire en petites parties. Émier de l'alun.
Émiant, quant à moi, du pain entre mes doigts [RÉGNIER, Sat. X]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    [Nef] Qui va là où vens l'empaint [pousse], Si que toute esmie et fraint [, Couci, III]
    Puis entrad li poples de la terre el temple Baal, et destruistrent les altels, e les imagenes esmierent vassalement [bravement] [, Rois, p. 388]
  • XIIIe s.
    .... Si dent [ses dents] Ensamble si s'entrehurtoient Que por un poi ne s'esmioient [, Lai du trot]
    Nous eussions hurté à tout plein de roches qui estoient couvertes, là où nostre nef eust esté toute esmiée, et nous touz peris et noiez [JOINV., 283]
  • XVIe s.
    Du pain esmié [O. DE SERRES, 252]
    Comme la terre se rend fertile, plus elle est esmiée et profondement remuée [MONT., IV, 235]

ÉTYMOLOGIE

  • É- pour es- préfixe, et mie au sens de parcelle (voy. MIE).

émier

ÉMIER. v. a. Froisser un corps entre les doigts, de manière à le mettre en petites parties. Émier du pain, de la cassonade, de l'alun. Prenez garde d'émier cela.

emier

Emier, Qu'on escrit aussi esmier, briser la miete du pain, Micam panis minutatim comminuere.

émier


ÉMIER, v. a. ÉMIETTER, v. a. [Émi-é, émiété: dans le 2d. le 2d e se change en è moy. devant la syll. masc. "Il émiette, il émiettera, ou, émiète, émiètera.] Ces deux verbes ont à-peu-près le même sens. Réduire en petits morceaux, en miettes. Emier, émiéter du pain, de la cassonade, etc. "Cela s'émie; prenez garde de l'émier, de l'émiéter.