épaule

épaule

n.f. [ lat. spathula, spatule ]
1. Articulation qui unit le bras au thorax : Elle s'est démis l'épaule en jouant au tennis elle s'est déboîté l'humérus
2. (Au pl.) Région du corps située sous le cou et surmontant le buste : Il est large d'épaules. Je le porterai sur mes épaules.
3. Partie supérieure du membre antérieur des animaux : Rôtir une épaule de veau.
Avoir la tête sur les épaules,
Fam. être plein de bon sens.
Faire toucher les épaules à qqn,
en sport, remporter la victoire en maintenant à terre les épaules de son adversaire ; fig., triompher de son adversaire.
Par-dessus l'épaule,
Fam. avec négligence : Il fait le ménage par-dessus l'épaule. Traiter qqn par-dessus l'épaule avec désinvolture

ÉPAULE

(é-pô-l') s. f.
Partie la plus élevée du bras chez l'homme.
Déjà Despine était sur l'échafaud, Les cheveux retroussés et les épaules nues [MAIR., Solim. v, 2]
Il ne me fallait point payer en coups de gaules, Et me faire un affront si sensible aux épaules [MOL., Ét. II, 9]
Suis-je ce même Alcide ? ai-je de ces épaules Pour le secours d'Atlas soutenu les deux pôles ? [ROTROU, Herc. mour. IV, 1]
Je vous ai vu cent fois sous sa main bénissante Courber servilement une épaule tremblante [BOILEAU, Lutrin, IV]
Il n'occupe point de lieu, il ne tient pas de place, il va les épaules serrées, le chapeau abaissé sur les yeux pour n'être pas vu [LA BRUY., VI]
Platon fut d'abord appelé Aristocle, du nom de son grand-père ; son maître de palestre l'appela Platon à cause de ses épaules larges et carrées [ROLLIN, Hist. anc. XXVI, 1re partie, ch. 2, art. 4, § 1]
Marcher des épaules, marcher pesamment en balançant les épaules et en se donnant un air d'importance.
Vous voyez des gens qui entrent sans saluer que légèrement, qui marchent des épaules et qui se rengorgent comme une femme [LA BRUY., VIII]
Terme de manége. Trotter des épaules, se dit d'un cheval qui trotte pesamment. Il est bien large, mais c'est par les épaules ou des épaules, se dit d'un avare, par un jeu de mots sur large, qui, outre l'acception propre, signifie généreux. Familièrement. Hausser, lever les épaules, témoigner en haussant les épaules, qu'une chose déplaît, choque.
Vous avez un ridicule orgueil qui fait hausser les épaules [MOL., Mal. imag. II, 7]
Il ne répondit qu'en haussant les épaules [SÉV., 210]
Le Jupiter d'Homère avec ses deux tonneaux me fait lever les épaules [VOLT., Memmius, IX]
Mettre quelqu'un à la porte par les deux épaules, le chasser honteusement.
Thésée, après cent coups de gaules, Le mit dehors par les épaules [SCARRON, Virg. VII]
Porter sur les épaules, se dit d'un fardeau dont on a les épaules chargées. Fig. Je porte cet homme sur mes épaules, il m'est à charge, il me déplaît. Avoir quelque chose sur les épaules, avoir quelque embarras.
Quand nous n'aurons plus Philisbourg sur nos épaules [SÉV., 474]
Je veux m'ôter sa charge de dessus les épaules [ID., 410]
Être sur les épaules, peser sur les épaules, être à charge, être un embarras. Plier les épaules, témoigner en pliant les épaules qu'on n'approuve pas.
Et parlé de vos vers, en pliant les épaules [PIRON, Métrom. III, 4]
En un autre sens. Plier, baisser les épaules, subir un affront avec résignation. Avoir les épaules assez fortes, trop faibles pour ...., c'est-à-dire être capable, incapable d'exécuter une chose. Donner un coup d'épaule à quelqu'un, lui venir en aide dans un embarras, dans une difficulté. Prêter l'épaule à quelqu'un, lui fournir les ressources dont il a besoin. Prêter l'épaule à quelque chose, y être favorable.
Et dans son désespoir à la fin se mêlant, Pourra prêter l'épaule au monde chancelant [CORN., Pompée, I, 1]
Perfides, vous prêtez épaule à leur retraite [ID., la Veuve, IV, 2]
Un tour d'épaule, un coup d'épaule, un effort pour quelque chose.
Ces messieurs [du parlement] sont l'image de la justice ; les images portées ou menées en procession précèdent le roi ; encore un tour d'épaule et ils prétendront le précéder [SAINT-SIMON, 445, 209]
Lire par-dessus l'épaule, lire par derrière une personne ce qu'elle tient dans la main.
Et vous croyez bien que je me rends maîtresse de la lettre, pour qu'on ne lise pas sur mon épaule ce que je ne veux pas qui soit vu [SÉV., 278]
Un jour qu'en ayant ouvert une [lettre] et s'étant mis à lire, Éphestion s'approcha et lisait avec lui par-dessus son épaule [ROLLIN, Hist. anc. t. VI, p. 385, dans POUGENS]
Manger par-dessus l'épaule, jouer par-dessus l'épaule, manger derrière les autres, jouer sans avoir de place à la table du jeu. Regarder quelqu'un par-dessus l'épaule, le regarder avec mépris. Faire quelque chose par-dessus l'épaule, ne point le faire du tout. Ne comptez pas être remboursé par cet homme ; il vous payera par-dessus l'épaule. Pousser le temps à l'épaule, vivre petitement en attendant un meilleur temps, gagner du temps.
En attendant, je vais pousser, comme je pourrai, le temps avec l'épaule jusqu'au printemps, où j'irai revoir.... [D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 15 oct. 1776]
Partie la plus élevée de la jambe de devant chez les quadrupèdes. Le sanglier a été blessé à l'épaule. Une épaule de mouton, de veau. Il sent l'épaule de mouton, se dit de quelqu'un qui sent mauvais. Il ne jette pas les épaules de mouton par les fenêtres, il est avare. Épaule de mouton, cognée à l'usage des charpentiers. Terme d'entomologie. Chez les hexapodes, épaule se dit du second article des pattes antérieures.
Terme d'escrime. Avoir de l'épaule, faire tous les mouvements avec cette partie du corps ; ce qui est un défaut.
Terme de manége. L'épaule en dedans, se dit de la manœuvre par laquelle on amène les épaules du cheval dans le manége, en conservant toujours les jambes de derrière sur la piste. Épaule gagnée, se dit du cavalier qui est parvenu à diriger les épaules d'un cheval. Un cheval qui ne s'assied point sur les hanches, et qui ne plie pas les jarrets, s'abandonne trop sur les épaules.
Terme de fortification. L'épaule d'un bastion, le terrain à l'endroit où la face et le flanc se joignent. L'angle de l'épaule, l'angle formé par ces deux lignes.
Terme de marine. Partie de l'avant du navire sur laquelle il s'appuie, comme par l'arrière il s'assied sur ses fesses. Épaule de mouton, espèce de voile triangulaire.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Li reis Marsiles tint Guene par l'espalle [, Ch. de Rol. LI]
  • XIIe s.
    Desor s'espaule li a son doi assis ; Tant le bouta que li cuens [le comte] le senti [, li Coronemens Looys, v. 1675]
    Le pastre deit... l'oeille malede sur l'espaule porter ; Ne la deit pas lessier al larrun estrangler [, Th. le mart. 29]
    Sur tut le pople plus fut halt de l'espalde en avant [, Rois, p. 29]
  • XIIIe s.
    Et li atachierent, de par Dieu, la crois en l'espaule [VILLEH., XXVII]
    Si traist au roi à descouvert au tournant de la drete espaule, et le navra durement [, Chr. de Rains, p. 79]
  • XVe s.
    Et lors ledit duc d'Aquitaine.... tout esmu d'ire prit son chancelier par les espaules et le bouta hors de le chambre [MONSTRELET, I, 107]
    Mandoit le roy à messire Jean Jacques de Tremont, qu'il fist espaule audit messire Baptiste de Campefourgouse [COMM., VIII, 15]
  • XVIe s.
    Haste-toy donq' et n'attend pas Que la grand' espaule chenue Des Alpes deçoive tes pas [DU BELLAY, III, 18, verso.]
    Elle leur feit espaule à succeder aux estats de leur pere [MONT., I, 245]
    Hausser les espaules à l'italienne [LANOUE, 342]
    Leur ayant toutesfois fait tourner les espaules [prendre la fuite] [ID., 429]
    Ceux du dedans eurent loisir de se couvrir de deux espaules et d'un bon retranchement qui les fermoit toutes deux [D'AUB., Hist. I, 58]
    C'est pourquoy l'on dit qu'ils sentent le bouquin ou l'espaule du mouton [PARÉ, XVI, 39]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon spal, s. f. ; provenç. espatla, espalla ; catal. espatlla ; esp. espalda ; portug. espalda ; ital. spalla ; du latin spathula, omoplate, diminutif de spatha, spatule (voy. SPATULE et ÉPÉE), ainsi dite à cause de la forme large de cet os. L'étymologie montre que l'ancienne forme espalde est la plus conforme à l'origine, et que dans les autres il y a eu assimilation du d à l'l : espalle, espaule.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    ÉPAULE. Ajoutez :
    Terme de tisserand, en Belgique. Synonyme de canette, c'est-à-dire petit tuyau de bois ou de roseau qu'on charge de fil pour faire la trame d'une étoffe.
    En Belgique, il n'y a pas d'ouvriers en ateliers ; tout le travail se fait dans les chaumières ; le mari tisse la toile ; la femme fait ce qu'on appelle les épaules, les canettes ; elle bobine le fil [, Enquête, Traité de comm. avec l'Anglet. t. V, p. 322]

    REMARQUE

    • 1. Outre : pousser le temps à l'épaule, qui est dans le Dictionnaire, on dit aussi : pousser le temps par l'épaule, avec l'épaule.
      Elle [la reine Elisabeth d'Angleterre] poussait le temps avec l'épaule [LA PISE, Hist. des princes de la maison de Nassau, IVe part. p. 426]
      Ecrivez-moi souvent ; vos lettres me donnent courage, et m'aident à pousser le temps par l'épaule, comme on dit dans ce pays-ci [RAC., Lett. 26, à Vitart.]
    • 2. Cette locution a aussi le sens de : hâter dans son impatience la marche du temps.
      Voici un temps, ma chère enfant, où je n'entends plus rien : quand il me déplaît, comme à présent, et que j'en désire un meilleur, et que je l'espère, je le pousse à l'épaule comme vous ; et puis, quand je pense à ce que je pousse, et à ce qu'il m'en coûte quand il passe, et sur quoi cela roule, et où cela me pousse moi-même, je n'en puis plus, et je n'ose plus rien pousser [SÉV., 28 mars 1689]
    • Dans le même sens que Mme de Sévigné, Beaumarchais a dit pousser de l'épaule : " Souvent aux pièces qui m'attachent le plus, je me surprends à pousser de l'épaule, à dire tout bas avec humeur : Eh ! va donc, musique ; pourquoi toujours répéter ? n'es-tu pas assez lente ? " Lettre sur la critique du Barbier de Séville.

épaule

ÉPAULE. n. f. Partie du corps qui attache au cou l'articulation du bras chez l'homme et du membre antérieur chez les quadrupèdes. Cet homme a une épaule plus haute que l'autre. Cette femme a de belles épaules. Au défaut de l'épaule. Il a l'épaule démise, rompue, fracassée. Il porte un fardeau sur l'épaule, le fusil sur l'épaule. Il a la tête dans les épaules. Avoir les épaules hautes. Pousser de l'épaule, avec l'épaule. Prêter l'épaule pour charger un fardeau. Il est plus haut que vous de toute l'épaule. Ce cheval est blessé à l'épaule.

En termes de Lutte, Toucher des épaules, ses épaules ont touché se dit du Lutteur renversé et vaincu.

Hausser les épaules, lever les épaules, Témoigner en haussant les épaules qu'une chose déplaît, qu'elle choque, et plus souvent qu'elle n'inspire que du mépris. Cela me fait hausser les épaules. C'est à faire lever les épaules. Il n'y a rien à répondre à cela, il n'y a qu'à hausser les épaules. Hausser les épaules de pitié, de mépris.

Fam., Jouer par-dessus l'épaule, Jouer sans avoir de place à la table du jeu.

Fig. et fam., Mettre quelqu'un dehors par les deux épaules, Le chasser honteusement.

Fig. et fam., Regarder quelqu'un par-dessus l'épaule, Le regarder avec mépris.

Fig. et fam., Je porte cet homme sur mes épaules, Cet homme me pèse, il m'est à charge par les choses qu'il fait, par les choses qu'il dit.

Fig., Plier les épaules, baisser les épaules, Recevoir avec soumission une chose fâcheuse, désagréable. On lui fit de durs reproches, il s'en alla pliant, baissant les épaules.

Fig. et fam., Il n'a pas les épaules assez fortes, il a les épaules trop faibles pour un tel emploi, pour soutenir une telle charge, pour mener à bien cette entreprise, Il n'a point assez de talent, assez de bien, de ressources.

Fig. et fam., Prêter l'épaule à quelqu'un, L'aider, lui fournir des ressources. Il a des amis qui lui prêtent l'épaule, sans quoi il ne pourrait pas soutenir cette affaire, cette entreprise.

Fig. et fam., Donner un coup d'épaule. Voyez COUP.

Fig., Changer son fusil d'épaule, Changer d'opinion, de ligne de conduite suivant les circonstances.

En termes de Fortification, L'épaule d'un bastion, La partie saillante que forme la réunion des pans nommés Flanc et Face. On dit aussi L'angle d'épaule.

épaûle


ÉPAûLE, s. f. [Epôle: 1re é fer. 2e lon. 3e e muet.] Partie du corps de l'homme, qui est double, au haut du tronc ou du dôs, et qui se joint au brâs. "Porter un fardeau sur l'épaule, sur son épaule ou ses épaules. Pousser de l'épaule ou avec l'épaule. — On le dit~ aussi des animaux. "Epaule de mouton, de veau. "Le sanglier fut blessé à l'épaule.
   ÉPAULE, entre dans plusieurs expressions figurées du discours familier. — Pousser le temps à, ou avec l'épaule, gâgner du temps, passer le temps comme on peut. "J'atends vendredi avec de grandes impatiences. Voilà comme je suis à pousser toujours le temps avec l'épaule. SEV. "Quand le temps me déplait, je le pousse à l'épaule comme vous. La même. — Prendre quelqu'un par les épaules, le chasser, le mettre dehors. La Bruyère dit du Prince d'Orange. "Il s'agit de prendre son père et sa mère par les épaules, et de les jeter hors de leur maison. — L'Acad. dit, mettre dehors par les épaules. = Porter quelqu' un sur ses épaules; être inquiet sur sa fâcheuse situation. Mme de Sévigné l'emploie dans un sens, qui n'est pas tout à fait celui-là, et qu'on sent mieux qu'on ne peut le rendre. Il s'agit d'une des Demoiselles de Grignan, qui s'était retirée dans un Couvent. "Je suis plus fâchée de cette fuite, que je n'en suis surprise. Elle nous portoit tous sur ses épaules: tous nos discours lui déplaisoient. = Regarder par dessus l'épaule, avec mépris. — Prêter l'epaule à quelqu'un: l'aider, l'apuyer. — Faire hausser les épaules, faire pitié. "Vous avez un ridicule orgueil, qui fait hausser les épaules à tout le monde. Mol. Voy. LEVER. — Faire une chôse par dessus l'épaule, ne la point faire. Expression bâsse et populaire. "Il vous payera par dessus l'épaule. = Il n' a pas les épaules assez fortes ou, il a les épaules trop foibles pour cet emploi, pour soutenir cette charge, cette dignité. Il n'a pas assez de bien, de talens, de capacité pour, etc.

Traductions

épaule

Schulter, Achselshoulderschouder, schouderstuk [dier], schouderstukכתף (נ), שכם (ז), שֶׁכֶם, כָּתֵףskouerespatllaramenoskulderώμοςŝultrohombroolkapää, hartiavállbahuöxlspallaskulderramię, plecyombro, espáduaaxel, skuldraплечоكَتِفrame어깨ไหล่omuzvai肩膀 (epol)
nom féminin
partie haute du bras

épaule

[epol] nfshoulder