épingle


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épingle

n.f. [ lat. spinula, petite épine ]
1. Petite tige métallique pointue à un bout et garnie d'une tête à l'autre bout : Une liasse de billets de banque retenus par une épingle.
2. Bijou en forme d'épingle, à tête ornée : Des épingles de cravate.
Chercher une épingle dans une meule ou dans une botte de foin,
chercher une chose introuvable.
Épingle à cheveux,
petite tige recourbée à deux branches pour tenir les cheveux.
Épingle de sûreté ou épingle double ou épingle de nourrice,
petite tige de métal recourbée sur elle-même et formant ressort, dont la pointe est maintenue et protégée par un crochet plat.
Monter qqch en épingle,
le mettre en évidence ; lui donner une importance excessive.
Tiré à quatre épingles,
habillé avec beaucoup de soin
élégant, endimanché
Tirer son épingle du jeu,
se sortir adroitement d'une affaire difficile.
Virage en épingle à cheveux,
virage brusque et très serré, ayant la forme d'un U.

ÉPINGLE

(é-pin-gl') s. f.
Petite pointe métallique en fil de laiton garnie d'une tête, dont on se sert généralement pour la toilette. La pointe d'une épingle. Un quarteron d'épingles. S'enfoncer une épingle dans le doigt. Mettre une épingle sur sa manche, afin de se souvenir de quelque chose. Fig. et familièrement. Tirer son épingle du jeu, se dégager adroitement ou sans perte d'une mauvaise affaire ; locution qui vient d'un jeu de petites filles : elles mettent des épingles dans un rond, et, avec une balle qui, lancée contre le mur, revient vers le rond, elles essayent d'en faire sortir les épingles ; quand on fait sortir la mise, on dit qu'on retire son épingle du jeu.
Vous tirez sagement votre épingle du jeu [MOL., le Dép. I, 4]
Je crois que le plus sûr est de ne me point mêler de tout cela et de tirer adroitement mon épingle du jeu [DANCOURT, Chev. à la mode, IV, 7]
Être tiré à quatre épingles, être très paré, très ajusté.
Le tout soutenu d'une propreté tirée à quatre épingles [MARIVAUX, Paysan parvenu, part. 1]
Discours tiré à quatre épingles, discours dont le style est affecté, sans naturel. Cela ne vaut pas une épingle, je n'en donnerais pas une épingle, je m'en soucie comme d'une épingle, j'en donnerais le choix pour une épingle ; toutes phrases qui se disent de choses qu'on regarde comme sans importance. On jetterait une épingle qu'elle ne tomberait pas à terre, se dit d'une foule très compacte. Fig. Coups d'épingles, petites offenses, petites contrariétés qu'on inflige à quelqu'un.
J'aime à rêver, mais ne veux pas Qu'à coups d'épingle on me réveille [DELILLE, Convers. II]
Conspiration de l'épingle noire, conspiration qui se forma sous la Restauration et dans laquelle les conjurés avaient pris pour signe de ralliement une épingle noire.
Épingle à cheveux, épingle qui autrefois était droite, et qui est maintenant à deux branches ondulées dans le milieu ; elle est noire et sert aux femmes à retenir leurs cheveux.
Bijou, en forme d'épingle, qui se fixe au linge sur la poitrine et sur la cravate. Épingle de diamant.
Au plur. Don ou gratification qu'on accorde à une femme pour quelque service rendu. C'est pour les épingles des filles, se dit de ce qu'on ajoute, en payant une marchandise ou un ouvrage, au prix convenu. Don fait à une femme quand on conclut quelque marché avec son mari. Ce sont les épingles de madame.
Ah ! que vous êtes adroit, monsieur Dubois ! vous prétendez que, pour mes épingles, je me contente de ce petit surplus [DANCOURT, Femme d'intrigue, IV, 15]
En quelques provinces, épingles se dit pour arrhes. En Bourgogne, quand on vend du vin, on demande des épingles.
Terme de cuisine. Filet de glace qui se forme dans une crème ou dans une autre composition glacée.
Goutte de soudure qui perce dans l'intérieur du tuyau de plomb que l'on soude.
Petit morceau de bois fendu, pour attacher du linge ou des estampes sur une corde.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Que nul mestre ne mestresse ne puisse acheter fil cher pour fere espingles, se ce n'est à ceus du dit mestier, sus peine de l'amande [, Liv. des mét. 364]
  • XVe s.
    Humbles furent, coies et simples, Ne sçurent que ce fut d'espingles, Ne d'orgueil ; car humilité Estoit en leur simplicité [EUST. DESCH., Poésies mss. dans LACURNE]
    Un carteron de longues espingles à la façon d'Angleterre [DE LABORDE, Émaux, p. 302]
    Mme d'Estampes prend de pension, pour ses espingles, cinq cens livres [ID., ib. p. 303]
    Et s'il chiet [tombe] à la dame une espille, il l'amassera, car elle se pourroit affoller ou blecer [, Les quinze joyes du mariage, p. 21]
  • XVIe s.
    La moindre picqueure d'esplingue et passion de l'ame [MONT., I, 329]
    Mais, ne pouvant rien contre vent et marée, il tira son espingle du jeu [D'AUB., Hist. III, 334]
    Ung saphir encassé à jour, sur ung espingle d'or, garny de douze petites perles [DE LABORDE, Émaux, p. 303]

ÉTYMOLOGIE

  • Champ. éplingue ; picard, épieule, épiule ; génev. épingue ; bas-latin, spindula, spinula ; du latin spinula, petite épine, d'après Diez. Scheler conteste cette étymologie, n'admettant pas l'intercalation d'un g ; l'allemand Spange, agrafe, avec ses diminutifs dialectiques, spangel, spengel, spingel, lui paraissent expliquer plus naturellement la forme épingle. L'ancien français espille et le picard épieule représentent non spinula, mais spiculum.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • ÉPINGLE. - HIST. XVIe s. Ajoutez :
    Le crieur est tenu avant la feste de monseigneur saint Jacques, d'aller par la ville, avec sa clochette et vestu de son corset, crier la confrerie ; item, doit à chasque pelerin et pelerine quatre epingles pour attacher les quatre cornets des mantelets des hommes et les chapeaux de fleurs des femmes [, Règlement de la paroisse de Saint-Jacques de l'Hôpital de Paris, dans Courrier de Vaugelas, 1er janv. 1877, p. 116]

épingle

ÉPINGLE. n. f. Petite tige de métal (laiton, cuivre, fer, acier, etc.) pointue par un bout, ayant une tête à l'autre. Épingle blanche. Tête d'épingle. Pointe d'épingle. Piqûre d'épingle. Attacher avec une épingle. Il s'est enfoncé une épingle dans le doigt.

Épingle à cheveux, Fil d'acier, replié par le milieu de manière à former deux branches et qui sert aux femmes à fixer leurs cheveux. Épingle d'écaille, Petite fourche en écaille qui sert au même usage.

Épingles anglaises ou de nourrice, Épingles de sûreté, formées de deux branches dont l'une est terminée par un protège-pointe.

Fig. et fam., Tirer son épingle du jeu, Se dégager adroitement d'une affaire. Il s'était mis dans ce parti, mêlé à une fâcheuse intrigue, mais il a tiré son épingle du jeu.

Fam. et par exagération, Cela ne vaut pas une épingle, je n'en donnerais pas une épingle, se dit d'une Chose de très petite valeur. On dit de même, par indifférence ou par mépris, Je m'en soucie comme d'une épingle. On dit aussi. Ces deux choses se ressemblent tellement que j'en donnerais le choix pour une épingle.

Fam. et par exagération, Une épingle ne tomberait pas par terre, se dit d'un Endroit où la foule est très compacte.

Fam., Être tiré à quatre épingles, Être ajusté avec un soin extrême, et de manière à paraître craindre de déranger sa toilette.

Fig. et fam., Coups d'épingle, Piqûres d'épingle, Offenses légères, mais souvent répétées, faites à une personne.

Il se dit également d'une Espèce de bijou en forme d'épingle, qui porte souvent, au lieu de tête, quelque petite pierrerie ou quelque autre ornement, et qui sert principalement aux hommes pour fixer leur cravate ou aux femmes pour faire tenir leur chapeau. Épingle de diamant. Épingle d'or. Faire monter un camée, une médaille en épingle.

Il se disait au pluriel de Dons et gratifications que l'on ajoutait au prix d'un marché, d'un service rendu. Il a fallu payer telle somme et tant pour les épingles.

épinglé

ÉPINGLÉ. adj. m. Il se dit de Certaines étoffes à cannelures. Velours épinglé.

Il se dit encore, comme nom masculin, d'une Étoffe de laine servant surtout à faire des vêtements d'homme.

épingle


ÉPINGLE, s. f. [É-pein-gle: 1re é fer. 2e lon. 3e e muet. — Dans certaines Provinces on prononce éplingue, mais mal.] Petit brin de fer ou de léton qui sert à atacher, à coifer, et à d'aûtres usages. = On dit, figurément, (stile familier) tirer son épingle du jeu, se retirer d' une afaire. — Être tiré à quatre épingles; être fort leste et fort ajusté. — Tuer à coup d' épingles; faire soufrir par des douleurs ou par des mortifications réitérées. — Epingles se dit de ce qu'on done à une servante pour le service qu'elle a rendu, et de ce qu'on stipule avec un mari en faveur de la femme. "On lui a tant promis; elle aura tant pour ses épingles.

Traductions

épingle

Stecknadel, Nadelpin, needlespeld, naaldסיכה (נ), פריפה (נ), סִכָּהигла, карфица, шпількаagulla de capknappenål, nålpingloalfilerneula, nuppineulapenitispillo, agoknappenål, pinkodeszpilkaalfinete, pinoбулавкаnål, knappnålκαρφίτσαدَبُّوسšpendlíkiglaピンเข็มหมุดtoplu iğneghim大头针 (epɛ̃gl)
nom féminin
1. petite tige pointue en métal se piquer avec une épingle
2. petite tige de métal recourbée qui sert à attacher
3. tige recourbée qui maintient les cheveux

épingle

[epɛ̃gl] nfpin
tirer son épingle du jeu → to do well (while others fail)
tiré à quatre épingles → well turned-out
monter qch en épingle → to build sth up
épingle à chapeau nfhatpin
épingle à cheveux nfhairpin
virage en épingle à cheveux → hairpin bend
épingle de cravate nftie pin
épingle de nourrice nfnappy pin (Grande-Bretagne), diaper pin (USA)
épingle de sûreté nfsafety pin
épingle double nf
épingle double → safety pin