établi, ie

ÉTABLI, IE1

(é-ta-bli, blie) part. passé d'établir
Fixé et assis. Des fondements bien établis. Par extension.
On ne reste point toute la journée établi sur une chaise, on se livre à des jeux d'exercice, on va, on vient [J. J. ROUSS., Lett. à d'Alemb.]
Imaginez-vous qu'elle est établie dans ma chambre, et qu'elle m'attend pour me prêcher [GENLIS, Théât. d'éduc. Dangers du monde, III, 6]
Fig.
Afin que votre foi ne soit pas établie sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu [SACI, Bible, St Paul, 1re ép. aux Cor. II, 5]
Sur tant de fondements sa puissance établie Par vous-même aujourd'hui ne peut être affaiblie [RAC., Brit. III, 3]
Sur d'éclatants succès ma puissance établie A fait jusqu'aux deux mers respecter Athalie [ID., Ath. II, 5]
Le gouvernement établi, le gouvernement qui, au moment où l'on parle, a le pouvoir.
Institué. Obéir aux puissances établies.
Qu'il devait l'ordre et la protection à ce peuple, qu'étant établi pour le gouverner, il l'était aussi pour le secourir, et que la vie ne lui était pas plus précieuse que son devoir [FLÉCH., duc de Montausier.]
On aime à établir ailleurs ce qu'on trouve établi chez soi [MONTESQ., Esp. XIX, 27]
Reçu, admis. Une croyance établie dans les esprits.
Selon toutes les apparences, la pensée du poison était établie dans son esprit [de Madame] ; et, voyant que les remèdes avaient été inutiles, elle ne songeait plus à la vie [Mme DE LA FAYETTE, Hist. Henr. d'Ang. Œuvres, t. III, p. 175, dans POUGENS.]
Le témoignage de ceux qui croient une chose déjà établie n'a point de force pour l'appuyer ; mais le témoignage de ceux qui ne la croient pas a de la force pour la détruire [FONTEN., Oracles, I, 8]
Il est généralement établi chez ces peuples que les occupations sédentaires ne conviennent qu'aux femmes [RAYNAL, Hist. phil. XIII, 10]
Étant établi que, admettant que, la persuasion étant que....
Ils [les Romains] avaient porté les choses au point que les peuples étaient leurs sujets ; étant établi que c'était assez d'avoir ouï parler d'eux pour devoir leur être soumis [MONTESQ., Rom. 6]
Posé comme démontré. Des principes établis par une solide argumentation. Question bien, mal établie, question dont le sens est exactement, inexactement déterminé.
Les questions bien établies sont des questions résolues [CONDILL., Œuvres, t. III, p. 28, dans POUGENS]
Qui a du crédit, de la faveur. Être établi à la cour.
Vous êtes trop bien établi dans mon cœur [LESAGE, Turcaret, III, 6]
Il se dit aussi de choses qui ont du crédit. Une réputation bien établie.
La vérité est si obscurcie en ce temps et le mensonge si établi que.... [PASC., dans COUSIN]
Qui a une position fixe dans la société, une profession, un métier.
Je suis jeune, établi, j'ai quelque rang, du bien [DANCOURT, Mme Artus, I, 3]
Il n'est pas permis [en Russie] à un bourgeois établi de passer dans un cloître [VOLT., Charles XII, 1]
Marié.
Il est tout naturel, lorsque l'on est jolie, Jeune, de souhaiter de se voir établie [COLLIN D'HARLEVILLE, Optimiste, IV, 5]