éternité


Recherches associées à éternité: éternel, immortalité

éternité

n.f. [ lat. aeternitas ]
1. Durée sans commencement ni fin.
2. Dans certaines religions, vie après la mort immortalité
3. Temps très long : Cela fait une éternité que nous ne nous sommes vus.
De toute éternité,
depuis toujours.

ÉTERNITÉ

(é-tèr-ni-té) s. f.
Durée qui n'a ni commencement ni fin. Dieu est de toute éternité.
Je vois ces effroyables espaces de l'univers qui m'enferment, et je me trouve attaché à un coin de cette vaste étendue, sans que je sache pourquoi je suis plutôt placé en ce lieu qu'en un autre, ni pourquoi ce peu de temps qui m'est donné à vivre m'est assigné à ce point plutôt qu'à un autre de toute l'éternité qui m'a précédé et de toute celle qui me suit [PASC., Pensées, art. IX]
Quand je considère la petite durée de ma vie, absorbée dans l'éternité précédant et suivant.... je m'effraie.... [ID., ib. art. XXV, 16]
Que l'on célèbre ses ouvrages Au delà du temps et des âges, Au delà de l'éternité [RAC., Esth. III, 9]
Avant Aristote, plusieurs de nos pythagoriciens et entre autres Ocellus de Lucanie avaient admis l'éternité du monde [BARTHÉL., Anach. ch. 64]
J'ai réservé pour moi L'éternité qui te précède, L'éternité qui s'avance est à toi [DELILLE, Dithyr.]
[J'ai] Quelquefois, sur l'Atlas, médité, près des dieux, L'éternité du temps, l'immensité des cieux [DUCIS, Abufar, II, 7]
Roulez dans vos sentiers de flamme, Astres, rois de l'immensité ; Insultez, écrasez mon âme Par votre presque éternité [LAMART., Harm. IV, 9]
De toute éternité, dans l'éternité, c'est-à-dire d'après le dessein éternellement le même de Dieu.
Son heure était marquée de toute éternité [SÉV., 345]
Les nœuds en [de cette alliance] étaient serrés dans l'éternité [FLÉCH., Mar. Th.]
De toute éternité, signifie aussi de temps immémorial. Cela est ainsi de toute éternité.
Temps qui n'aura point de fin.
Et j'estimerai plus une mort qui lui plaise.... Qu'une éternité qui ne lui plairait pas [ROTR., Vencesl. IV, 6]
C'est un fait constant que l'Église chrétienne a toujours cru la divinité de Jésus-Christ, l'immortalité de l'âme et l'éternité des peines [BOSSUET, Var. XV, § 118]
Ce grand empire qui s'était vainement promis l'éternité [ID., Hist. III, 4]
La bonté de Dieu n'exclut point l'éternité des peines, ni l'éternité des peines n'est point contraire à la bonté de Dieu [BOURD., Serm. 19e dim. après la Pentec. Dominic.]
La vie future.
Il est une autre voie et plus sûre et plus prompte Que dans l'éternité j'aurais lieu de bénir [CORN., Théod. III, 3]
Près du grand voyage de l'éternité [SÉV., 481]
Il a élevé votre ennemi dans le temps pour vous sauver dans l'éternité [MASS., Car. Pardon.]
L'affaire de l'éternité ne va qu'après toutes les autres [ID., Car. Impén.]
Que faites-vous pour l'éternité que vous ne rendiez au monde au centuple ? [ID., Car. Salut.]
Devant votre tribunal il attend la décision de son éternité [ID., Or. fun. Villeroy.]
L'éternité bienheureuse, le bonheur sans fin des élus. L'éternité malheureuse, le malheur sans fin des damnés.
La foi doit nous confirmer dans la créance de l'éternité malheureuse [BOURDAL., Serm. 19e dim. après la Pentec. Dominic.]
Au plur. Éternités, l'éternité passée et l'éternité à venir.
Un philosophe nommé Timée a dit, il y a plus de deux mille cinq cents ans, que notre existence se trouve entre deux éternités ; et les jansénistes, ayant trouvé ce mot dans les paperasses de Pascal, ont cru qu'il était de lui [VOLT., Lett. à Mme du Deffand, 4 mai 1772]
La nature m'a donné la permission de passer encore quelque temps dans ce monde, c'est-à-dire une seconde entre ce qu'on appelle deux éternités, comme s'il pouvait y en avoir deux [ID., Lett. Diderot, 20 avril 1773]
Le bonheur éternel des élus, le malheur éternel des damnés.
L'horrible nécessité d'être éternellement ou anéantis ou malheureux, sans qu'ils sachent laquelle de ces deux éternités leur est à jamais préparée [PASC., Pensées, art. IX]
Par exagération, un temps fort long. Cela est solide et durera une éternité. Cette heure si douloureuse m'a paru une éternité.
Titre que l'on donnait aux empereurs romains.
Prince sublime [Galérius], je vais commencer à punir les factieux qui blasphèment ton éternité [CHATEAUBR., Mart. 397]
Mémoire éternelle.
Il ne faut pas que tu penses Trouver de l'éternité En ces pompeuses dépenses Qu'invente la vanité [MALH., II, 2]

REMARQUE

  • Corneille a mis ce mot au pluriel pour dire un temps fort long. Ah ! combien ces moments de quoi vous me flattez, Alors pour mon supplice auraient d'éternités ! Héracl. III, 1. Voltaire l'en a repris et avec raison.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Devant le commencement n'estoit nul tens, mais sa eternité [de Dieu] [BR. LATINI, Trésor, I, I, 10]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. eternitat ; espagn. eternidad ; ital. eternità ; du lat. aeternitatem (voy. ÉTERNEL).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    ÉTERNITÉ. Ajoutez :
    L'immortalité, une gloire immortelle.
    J'en tirerai de la gloire [d'un livre de Chapelain] et non pas vous, qui êtes un vrai moqueur de me mander si souvent que vous me devrez votre éternité, et que je vous donne ce que je pense plutôt recevoir de vous [BALZAC, Lett. inédites, LXXXIII (éd. Tamizey-Larroque).]
    L'éternité que promet La montagne au double sommet [MALH., Lexique, éd. L. Lalanne.]
    Tout ce qu'à tes vertus il reste à désirer, C'est que les beaux esprits les veuillent honorer, Et qu'en l'éternité la Muse les imprime [ID., ib.]

éternité

ÉTERNITÉ. n. f. Durée qui n'a ni commencement ni fin. L'éternité de Dieu. Dieu est de toute éternité. Le temps n'est qu'une partie de l'éternité.

Il se dit aussi d'une Durée qui a un commencement, mais qui n'aura point de fin. L'Empire romain s'était promis l'éternité. Dans ce sens on l'emploie surtout en parlant de la Vie à venir. Éternité bienheureuse. Il ne songe point à l'éternité.

Il désigne encore, par exagération, un Temps fort long. Ces bâtiments dureront une éternité. En voilà pour une éternité. Cette année d'attente fut pour moi une éternité.

De toute éternité, De temps immémorial.

eternité

Eternité. Horsmis l'eternité, Dempta aeternitate.

Synonymes et Contraires

éternité

nom féminin éternité
Qualité de ce qui est éternel.
Traductions

éternité

eternity, a month of Sundays, ageאלמוות (נ), נצח (ז), נצחיות (נ), עולם (ז), צמיתות (נ), צְמִיתוּת, נֶצַח, נִצְחִיּוּת, אַלְמָוֶתeeuwigheid, oneindigheidwiecznośćEwigkeiteternidadeвечностьeternitàخُلُودvěčnostevighedαιωνιότηταeternidadikuisuusvječnost永遠性영원evighetevighetนิรันดรsonsuzsự vĩnh viễn永远永恆 (etɛʀnite)
nom féminin
1. durée sans fin pour l'éternité
2. période de temps très longue Cette réunion a duré une éternité.

éternité

[etɛʀnite] nf
(temps infini)eternity
de toute éternité (littéraire) → from time immemorial
(fig) (= long moment) une éternité → ages, an eternity
il y a une éternité que, ça fait une éternité que (= très longtemps) → it's ages since
J'ai attendu une éternité chez le médecin → I waited for ages at the doctor's., I waited for an eternity at the doctor's.