éteuf

(Mot repris de éteufs)
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ÉTEUF

(é-teu ; l'f ne se prononce pas, si ce n'est quand le mot qui suit est une voyelle ou une h muette) s. m.
Petite balle pour jouer à la longue paume. Prendre l'éteuf à la volée. Fig. Il joue de ces éteufs-là, se dit d'un homme qui fait des coups qu'il ne devrait pas faire. Courir après son éteuf, se donner beaucoup de peine pour ressaisir un avantage qu'on laisse échapper. Il ne faut pas courir après son éteuf, c'est-à-dire il ne faut lâcher les sûretés qu'on a entre les mains, pour des choses incertaines. Renvoyer l'éteuf, se décharger sur un autre d'une affaire, d'une commission.
Il [le vent] accourait, un mont en chemin l'arrêta ; L'éteuf passant à celui-là, Il le renvoie et dit.... [LA FONT., Fabl. IX, 7]
Le docteur, voulant me faire de fête, dit que je connaissais cette cause parfaitement et voulut que je l'expliquasse ; je lui renvoyai l'éteuf comme à mon ancien [GROSLEY, Vie, p. 110]
Se renvoyer l'éteuf, se rendre la pareille. Repousser ou renvoyer l'éteuf, répliquer vertement, repousser une attaque. Éteuf a vieilli ainsi que le jeu auquel il servait, et on ne l'emploie plus sans un certain archaïsme.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Sont-ce coups d'esteufs ou de billes, Que ferez tesmoing vos voisins ? [CH. D'ORL., Rondeau.]
    Le duc de Bourgogne se mist encores après son esteuf, et à remettre le siege devant Nancy [COMM., v, 5]
  • XVIe s.
    Jouant à la paulme, il receut un coup d'esteuf [MONT., I, 74]
    Aubigné de ce pas descend au cabinet du mareschal d'Anville ... il joua des mesmes estoeufs qu'il avoit fait vers l'autre mareschal [D'AUB., Hist. II, 272]

ÉTYMOLOGIE

  • Bas-lat. stoffus ; le même qu'étoffe (voy. ce mot) ; ainsi dit à cause qu'il est fait d'étoffe, garni d'étoffe.

éteuf

ÉTEUF. n. m. Petite balle dont on se sert pour jouer à la longue paume.

éteuf


ÉTEUF, s. m. [1re é fer. On ne prononce l'f finale qu'en Poésie, devant une voyelle.] Petite balle, dont on joûe à la longue paûme. — En style proverbial, renvoyer l'éteuf, c'est repousser avec vigueur l'injûre qu'on nous veut faire. — Courir après son éteuf, prendre bien de la peine pour recouvrer un bien, un avantage qu'on a laissé échaper.