éthéré, ée

ÉTHÉRÉ, ÉE

(é-té-ré, rée) adj.
Qui est de la nature de l'éther, qui appartient à l'éther. Corps éthéré.
Je contemple sa forme [de Laurence] avec recueillement, Comme un être éthéré tombé du firmament [LAMART., Jocel. IV, 166]
La voûte éthérée, la voûte des cieux, le ciel.
Elle n'a d'autre objet que la voûte éthérée [RÉGNIER, Sat. XII]
Matière éthérée, matière très subtile que les physiciens du XVIIe siècle et du XVIIIe supposaient remplir les espaces qui séparent les corps célestes.
Si les planètes se meuvent autour du soleil dans un milieu quel qu'il soit, dans une matière éthérée qui remplit tout, et qui, quelque subtile qu'elle soit, n'en résistera pas moins ainsi qu'il est démontré, comment les mouvements des planètes n'en sont-ils pas perpétuellement et même promptement affaiblis ? [FONTEN., Newton.]
Aujourd'hui, pour les physiciens, matière éthérée est synonyme d'éther. Les régions éthérées, l'espace du ciel ; et fig. les régions pures et sublimes de l'âme.
À mesure qu'on approche des régions éthérées, l'âme contracte quelque chose de leur inaltérable pureté [J. J. ROUSS., Hél. I, 23]
Il étonna l'Europe par des productions dans lesquelles les âmes vulgaires ne virent que de l'éloquence et de l'esprit, mais où celles qui habitent nos régions éthérées reconnurent avec joie un des leurs [ID., Dialogue II]
Fig. Il se dit des sentiments très purs et très élevés. Un amour éthéré. Une piété éthérée.
Terme de chimie. Qui a les qualités ou les propriétés de l'éther. Liqueur, odeur éthérée. Terme de pharmacie. Teintures éthérées, teintures dont l'excipient est l'éther.

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. etherey ; espagn. et ital. etereo ; du latin aethereus, de aether, éther (voy. ÉTHER).