étiquette

(Mot repris de étiquetez)

étiquette

n.f. [ de l'anc. fr. estiquer, attacher ]
1. Petite marque en papier ou en carton que l'on fixe à un objet pour en indiquer la nature, le prix, le contenu, etc. : Coller, apposer une étiquette. L'étiquette d'une bouteille de vin.
2. Indication précisant l'appartenance à un mouvement, à une catégorie : Candidate sans étiquette qui n'est affiliée à aucun parti
3. Ensemble des usages à respecter dans une cour, dans une réception officielle : Les exigences de l'étiquette cérémonial, protocole
Étiquette électronique,
système électronique d'identification d'un objet permettant la lecture et la mise à jour à distance de données relatives à cet objet (elle tend à se substituer au code-barres).

ÉTIQUETTE

(é-ti-kè-t') s. f.
Petit écriteau qu'on met sur des objets pour reconnaître ce qu'ils sont. Ces flacons, ces paquets ont tous une étiquette. Mettez une étiquette à chacun de ces paquets. Note qu'on met au bord d'un sac de pièces de monnaie, pour marquer ce qu'il contient.
Autrefois, petit écriteau qu'on fixait sur un sac de procès, avec les noms du demandeur, du défendeur, du procureur, etc. Fig. Juger, condamner sur l'étiquette du sac, ou, simplement, sur l'étiquette, prononcer à simple vue et sans examen.
Sur l'étiquette du sac, on peut fort bien juger que c'est un homme de bon sens et de bon esprit [SÉV., Lett. à Bussy, 20 oct. 1675]
Sur l'étiquette hier je l'ai refusé net [BOISSY, Impatient, III, 3]
Terme d'ancienne pratique. Placet qu'on remettait à l'huissier au commencement de l'audience pour faire appeler une affaire. Affiche que le sergent des criées apposait à la porte des maisons saisies réellement.
Cérémonial de cour.
Il n'y a point dans les couvents d'austérités pareilles à celles auxquelles l'étiquette de la cour assujettit les grands [MAINTENON, Lett. à Mme de Brinon, t. II, p. 242, dans POUGENS]
Charles-Quint est occupé à régler les rangs et à former l'étiquette [VOLT., Mœurs, 124]
Là du moins la magnificence, l'abondance, les étiquettes qui composent la fausse grandeur du trône, justifient en quelque sorte la dissipation [RAYNAL, Hist. phil. XII, 11]
Le code de l'étiquette a été jusqu'ici le feu sacré des gens de cour et des ordres privilégiés ; la nation n'y doit pas mettre la même importance [MIRABEAU, Collection, t. I, p. 160]
Le ministre, absorbé tout entier dans la contemplation de l'étiquette, des présentations, des tabourets, des préséances, ne nous méprise pas, à proprement parler, il nous ignore [P. L. COUR., Lett. VIII]
Il y eut [au XVIIe siècle] une tentative involontaire de répandre [en écrivant l'histoire] sur tous les temps l'uniforme étiquette de cette époque [VILLEMAIN, Littér. franç. 18e siècle, 2e part. 4e leçon.]
Formes cérémonieuses dont les particuliers usent entre eux. Tenir à l'étiquette.
Moquons-nous de l'étiquette Et du sot qui l'inventa [MARMONTEL, Luc. sc. 4]
Il environne sa femme d'étiquettes, et se gouverne ainsi que toute sa maison par l'autorité de la coutume [BERN. DE ST-PIERRE, Harm. liv. VI]
L'amour, l'amitié, le vin Vont égayer ce festin ; Nargue de toute étiquette [BÉRANG., B. vin et fillette.]
Dîner d'étiquette, dîner de cérémonie. Il se dit aussi des différentes formules dont on se sert dans les lettres et dans les placets, suivant les personnes auxquelles on s'adresse.
Terme de pêche. Nom d'un filet carré qu'on attache au bout d'une longue perche, parce que, proprement, l'étiquette est une perche.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Comme le suppliant et plusieurs autres eussent pris jeu aux grans billes à ferir en l'estiquete [marque fixée à un pieu] [DU CANGE, estaqua.]
  • XVe s.
    Que nuls ne preignent logis sans avoir l'etiquet [billet] de monseigneur le mareschal [, Ord. des ducs de Bourg. à la suite du journal de Paris, an 1468, p. 283, dans LACURNE]
    Verité ne quiert tardement ne demeure, mais veult qu'on vienne tost à droit à l'estiquete, sans circumlocutions [, Hist. de la toison d'or, t. II, f° 214, dans LACURNE]
    Le temps est vostre maintenant, pour bien ou mal en faire ; mès il est si près de l'estiquette que, se vous ne le tournez à bien, jamès n'y recouvrerez [G. CHASTEL., Chr. des d. de Bourg. III, 59]
  • XVIe s.
    Aux lieux où les monstres [revues] se feroyent, où chacun seroit logé par estiquettes [billets] et payeroit la taxe qui seroit faite, on sejourneroit seulement huit ou dix jours [LANOUE, 280]
    Les armes des bourgeois estoient envoiées à l'hostel de ville, sur lesquelles estoit mise une estiquette et marque, pour les rendre à ceux à qui elles appartenoient [CONDÉ, Mémoires, p. 705]

ÉTYMOLOGIE

  • Estiquete, signifiant proprement chose fixée, est de même origine que l'italien stecco, piquant, et d'un même radical que le Hainaut stique, épée, le champenois stiquer, piquer dans, le Wallon stichi, piquer, et provient du germanique : flamand, stikke, tige pointue, mot qui est celtique aussi : gaëlique, stic, un bâton. La série des sens est marque, écriteau, et, par suite, ordre, arrangement, d'où cérémonial. L'étymologie, proposée par quelques-uns, est hìc quaestio, c'est là la question (mots inscrits sur les sacs à procès), ne tient pas devant l'historique.

étiquette

ÉTIQUETTE. n. f. Petit carré ou rectangle de papier, plus ou moins fort, portant une indication et que l'on met à un objet pour indiquer quelle est sa nature, ce qu'il coûte, d'où il vient, où il doit être porté, etc. Mettre des étiquettes à des sacs d'argent, à des liasses de papiers, à des flacons. Mettez des étiquettes à chacun de ces paquets.

Il se disait, particulièrement, d'un Petit écriteau qu'on mettait, qu'on attachait sur un sac de procès, et qui contenait les noms du demandeur et du défendeur, celui du procureur. Il faut mettre une étiquette à ce sac. Fig. et fam., Juger, condamner sur l'étiquette du sac, ou, absolument, sur l'étiquette, Porter son jugement sur quelque affaire, sur quelque personne, sans avoir examiné les pièces, les raisons. Vous y allez bien légèrement, vous jugez sur l'étiquette du sac ou, plus couramment, sur l'étiquette.

Il se dit figurément pour signifier Ce qui marque, ce qui classe quelqu'un dans un parti, dans une école.

Il se dit en outre du Cérémonial en usage dans la maison d'un chef d'État, d'un grand personnage. Manquer, se conformer à l'étiquette. Cela n'est pas d'étiquette. L'étiquette veut que..

Il se dit aussi des Formes ou formules cérémonieuses usitées entre particuliers pour se témoigner mutuellement des égards. Tenir à l'étiquette. Cet homme est fort sur l'étiquette. Bannir toute espèce d'étiquette. La gêne de l'étiquette. Les lois de l'étiquette. Cette formule est d'étiquette à la fin d'une lettre.

Synonymes et Contraires

étiquette

nom féminin étiquette
Traductions

étiquette

label, tag, ticket, etiquette, tabגינוני טקס (ז״ר), טקסיות (נ), כללי נימוסין (ז״ר), פרוטוקול (ז), תווית (נ), טִקְסִיּוּת, תָּוִיתetiket, etiquette, label, omgangsvormen, kaartjeетикетetiketa, štítek, visačkaEtikett, umgangsformen, Schildetiquetaetikettetiketti, lappuetykieta, metkaetiqueta à mesa, etiquetaэтикет, ярлык, этикеткаetikettregler, etikett, märkeετικέτα, ταμπέλαetichetta, cartellinoبِطَاقَة, مُلْصَقٌmærkat, mærkeetiketa, oznakaラベル, 付け札꼬리표, 라벨etikett, merkelappแถบป้ายบอกข้อมูล, ป้ายetiketnhãn, nhãn mác标签標籤 (etikɛt)
nom féminin
1. petit morceau de papier ou de tissu l'étiquette d'un pull-over
2. protocole suivre l'étiquette

étiquette

[etikɛt]
vb
voir étiqueter
nf
(sur objet, paquet)label
L'étiquette du pot de confiture s'est décollée → The label has come off the jam pot.
étiquette de prix → price tag
(= protocole) l'étiquette → etiquette