étoffé

étoffé, e

adj.
Qui est riche de matière, d'idées : Cette intrigue étoffée tiendra en haleine le spectateur développé, enrichi

étoffe

ÉTOFFE. n. f. Tissu de soie, de laine, de coton, etc., dont on fait des habits, dont on recouvre des meubles, etc. Étoffe à fleurs. Étoffe moelleuse. Fournir l'étoffe pour un costume, une robe, un chapeau.

Par extension, On n'a pas épargné, on n'a pas plaint l'étoffe, On a employé une grande quantité de matière, ou on a employé plus de matière qu'il ne fallait.

Fig., Il n'y avait pas là l'étoffe d'un livre. Il n'y a pas dans cette aventure l'étoffe d'un roman, l'étoffe d'une comédie tout entière. Il se dit aussi des Personnes. Il y a en lui l'étoffe d'un chef. Ce sont gens de même étoffe. On peut faire de ce jeune homme quelque chose de bon, il y a de l'étoffe, Il a des dispositions heureuses et qui n'ont besoin que d'être cultivées. Dans le sens contraire, on dit On ne fera jamais rien de ce jeune homme, il n'y a point d'étoffe.

Au pluriel, en termes de Typographie, il se dit de Ce que l'imprimeur fait payer, à raison de tant pour cent, au-delà des frais d'impression, afin de se couvrir des dépenses qui entrent dans ses frais généraux. Payer les étoffes. On m'a compté tant pour les étoffes.

étoffe


ÉTOFFE, ou ÉTOFE, s. f. ÉTOFFER, ou ÉTOFER, v. act. [1re é fer. 3e e muet au subst. é fer. au verbe.] Étofe est, 1°. Drap, tissu de fil, de coton, de laine, de soie, d'or ou d'argent, servant à faire des habits, ou à garnir des meubles. On le dit particulièrement de celles de soie, d'or et d'argent. "C'est une belle étofe que le velours. "Le Tâilleur n'a pas épargné l' étofe. = 2°. Ce mot s'étend à la matière de quelques aûtres ouvrages de manufacture. "Il n'y a pas assez d'étofe à ce chapeau. "Cuirasse de bone étofe. = 3°. On dit, figurément, dans le style familier, d'un jeune homme, qui a des qualités et des talens, qu' il y a chez lui de l'étofe pour faire un homme; ou simplement, qu'il y a de l'étofe. "Il y a bien des gens à qui l'étofe manque, et qui voient à tout moment le bout de leur esprit. Sév. "J'y prends un intérêt aussi vif (à ce procès) que ma tendresse pour vous est vive; c'est la même étofe. Sév. "Il y a des gens d'une certaine étofe, ou d'un certain caractère avec qui il ne faut jamais se cometre. La Bruyère. "C'est un homme de petite, de basse étofe, de basse condition.
   Un Ariste, un esprit d'assez grossière étofe,
   C'est une espèce d'ours qui se croit Philosophe.
       Gresset.
Rem. Comme on dit, tâiller en plein drap, M. Palissot a cru pouvoir dire, tâiller en pleine étofe.
   Vous pouvez maintenant tâiller en pleine étofe.
On peut le passer à un Poète comique.
   On dit, familièrement, doner dans l'étofe, dépenser beaucoup en habits et en meubles. — On n'a pas épargné, ou l'on n'a pas plaint l'étofe à cette vaisselle, etc. On y a mis plus de matière qu'il ne falait.
   ÉTOFER ne se dit qu'au propre et dans les deux sens d'étofe: garnir de tout ce qui est nécessaire, soit pour la comodité, soit pour l'ornement. Lit, carrosse bien étofé, maison bien étofée. Il se dit sur-tout au participe. = C'est aussi mettre de la matière dans la quantité et la qualité qu'il faut. "Ce Chapelier n' a pas bien étofé ce chapeau. "On a mal étofé cette cuirasse.
   On dit, en style familier, un homme bien étofé, bien vétu, bien meublé, qui a en abondance toutes ses aises et toutes ses comodités. "Vous n'avez que quatre valets de chambre, qui ne sont pas mieux mis que des Gentilshommes de Province un peu étofés. Coyer. Let. à un Grand. "Ses ocupations sont de fusiller un lièvre et de médire des roturiers mieux étofés que lui. Du Plaisir. = Brébeuf lui done le sens et le régime d'orné.
   Ce saint jour ne voit point leurs portes étofées
   D'écharpes, de bouquets, de festons, de trophées,
   En ce sens et avec ce régime, il est suranné. Discours bien étofé, rempli de toute la matière nécessaire et convenable.

Synonymes et Contraires

étoffé

adjectif étoffé
Riche de matière.
Traductions

étoffé

meaty