étoilé, ée

ÉTOILÉ, ÉE

(é-toi-lé, lée) part. passé.
Semé d'étoiles. Le ciel est étoilé. Le séjour étoilé, la voûte étoilée, le ciel.
L'opale étincelante à la perle mêlée Renvoie un jour pompeux vers la voûte étoilée [CORN., Tois. d'or, II, 3]
Plus heureux dans la mort, les voûtes étoilées Réuniront un jour nos ombres consolées [DUCIS, Oscar, v, 4]
Tout me sourit, les fleurs brillent plus belles, Les jours plus purs, les cieux plus étoilés [BÉRANG., Encore des amours.]
Par extension.
Cloris n'est que parée et Cloris se croit belle ; En vêtements légers l'or s'est changé pour elle ; Son front luit, étoilé de mille diamants [GILBERT, Le XVIIIe siècle]
Sur ce divan étoilé d'or Qu'inventa l'opulente Asie, De ses cheveux je crois encor Respirer la pure ambroisie [MILLEV., Élég. I, 3]
Qui ressemble à une étoile. Terme de botanique. Feuilles étoilées, petites feuilles verticillées, fort étalées, disposées en rayons, par ex. dans les galium. Chardon étoilé, la chausse-trape (centaurea calcitrappa, L.). Terme d'histoire naturelle. Poils étoilés, poils groupés et rayonnant d'un centre commun.
Terme de chirurgie. Bandage étoilé, voy. ÉTOILE.
Chambre étoilée, juridiction exceptionnelle établie en Angleterre depuis Henri VII jusqu'à la fin du long parlement.
Fêlé en étoile. Bouteille, glace étoilée. Terme d'eaux et forêts. Bois étoilés, les bois où il se trouve une fente, et quelquefois plusieurs, qui se croisent sous différents angles et qui ouvrent le cœur des arbres.
S. m. L'étoilé, sorte de merle d'Afrique. Espèce de héron et de gobe-mouches. Un des noms vulgaires d'une espèce de squale, appelé aussi lentillat, offrant, sur tout le corps, des taches blanches qui ont la figure de lentilles ou de petites étoiles.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • ÉTOILÉ. Ajoutez :
  • Terme de fortification. Fort étoilé, ouvrage fermé, dont le tracé se compose de saillants et de rentrants, disposés de manière à donner des feux sur les capitales et dans les fossés.

REMARQUE

  • L'expression de chambre étoilée est d'ordinaire expliquée ainsi par les dictionnaires historiques : la haute cour de justice des lords siégeait dans une salle sur les murs de laquelle on avait peint des étoiles. Mais un écrivain contemporain, Greene, dans son Histoire du peuple anglais, dit à cette occasion : " Au temps de Guillaume le Conquérant, c'est-à-dire vers 1070, les Juifs, qui étaient hors de la protection des lois et ne pouvaient demander du secours qu'au roi lui-même, eurent la permission de déposer leurs cédules de sûreté dans une chambre du palais royal à Westminster, laquelle reçut le nom de star chamber, du nom hébreu des cédules, starrs. " Sur quoi, M. Berthoud, qui me transmet ce renseignement, remarque : " Il se trouve en effet que cette dérivation, au moins quant au mot star ou plutôt shtar, est exacte, le mot étant fort usité de nos jours encore chez les Juifs et se trouvant déjà au dire des hébraïsants dans les anciens targums. Ils appellent ainsi toute stipulation par écrit, contrats, cédules, etc. ; la racine est shtar, écrire, qui existe aussi dans l'arabe. " Le mot hébreu starr ou shtar a été confondu avec le mot anglais star, étoile, d'où chambre étoilée.