étonné, ée

ÉTONNÉ, ÉE

(é-to-né, née) part. passé.
Qui éprouve du vertige par suite d'un coup ou de quelque maladie.
La faiblesse de ma tête toujours vide et étonnée m'empêcherait, quand je l'oserais, de suivre plus loin ces réflexions [D'ALEMB., Lett. au roi de Prusse, 9 mars 1770]
Terme d'architecture. Se dit d'une voûte, d'une construction qui a été ébranlée, lézardée par une commotion quelconque. Il se dit aussi des pierres, en ce sens.
Un certain nombre de ces débris de silex, fendillés, étonnés, craquelés comme les porcelaines de Chine ou du Japon, semblent dénoter l'emploi du feu pour essayer d'attendrir les matières siliceuses [VIBRAYE, Acad. des sc. Comptes rendus, t. LVI, p. 580]
Qui est comme sous le coup d'une commotion, stupéfait.
Le destin se déclare, et nous venons d'entendre Ce qu'il a résolu du beau-père et du gendre ; Quand les dieux étonnés semblaient se partager, Pharsale a décidé ce qu'ils n'osaient juger [CORN., Pomp. I, 1]
Je sens manquer la force à mes sens étonnés [ID., Suite du Ment. v, 3]
De vos sens étonnés quel désordre s'empare ? [RAC., Athal. III, 5]
Ah ! lisons : ma main tremble, et mon âme étonnée Prévoit que ce billet contient ma destinée [VOLT., Zaïre, IV, 5]
Saisi par quelque chose d'inattendu, de singulier. Avoir l'air étonné.
Ne me regarde plus d'un visage étonné [CORN., Cid, III, 1]
Je fus étonné que, deux jours après, il me montra toute l'affaire exécutée.... [MOL., Préf. de la Crit. de l'Éc. des f.]
Le général accoutumé à une victoire prompte, étonné de la voir balancer si longtemps [MASS., Or. fun. prince de Conty.]
Cet homme est étonné comme un fondeur de cloches, il est étonné comme s'il tombait des nues, comme si les cornes lui venaient à la tête, il est étonné au dernier point. Substantivement. Jouer l'étonné, faire comme si on était étonné.
Elle lui apprit ensuite ce qu'elle savait mieux qu'elle, dont elle fit bien l'étonnée [SCARRON, Rom. com. I, 22]