étourdi, ie


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ÉTOURDI, IE1

(é-tour-di, die) part. passé d'étourdir
Qui a éprouvé un étourdissement. Il a été un peu étourdi du coup.
Je n'ai pu soutenir la douche, j'en suis fâchée, car j'aime à suer ; mais j'en suis trop étouffée et trop étourdie [SÉV., Lett. 22 sept. 1677]
Familièrement. Être un peu étourdi, avoir bu un verre de vin de trop. Avoir la tête étourdie de.... Être accablé de discours, de paroles, de demandes, etc.
De combien d'importuns j'ai la tête étourdie ! [ROTROU, St Genest, II, 3]
Sainte n'était.... Qui de ses vœux n'eût la tête étourdie [LA FONT., Mandr.]
Il se dit parfois des parties du corps où il ne reste plus qu'un léger ressentiment de douleur.
Sa goutte l'a quitté, mais il a le pied encore tout étourdi, la main étourdie [, Dict. de l'Acad.]
Fig.
Remets donc ton esprit de sa chute étourdi [MAIRET, Sophonisbe, I, 1]
Et s'il donnait loisir à des cœurs si hardis De relever du coup dont ils sont étourdis [CORN., Pomp. II, 4]
Vous serez si étourdie des honneurs, que vous n'aurez pas le temps de.... [SÉV., 16]
Il est encore tout étourdi du bateau, se dit d'un homme qui n'est pas bien remis de quelque événement fâcheux.

ÉTOURDI, IE2

(é-tour-di, die) adj.
Qui agit sans réflexion, sans prendre garde à ce qu'il fait.
Et puis, il faut écrire avec tant de retenue, qu'étourdi comme je suis, je ne prends jamais la plume, que je ne tremble de peur d'en trop dire [VOIT., Lett. 21]
Des enfants étourdis viennent les hommes vulgaires ; je ne connais pas d'observation plus générale et plus certaine que celle-là [J. J. ROUSS., Ém. II]
Être étourdi comme un hanneton, comme le premier coup de matines, c'est-à-dire être fort étourdi.
Plus étourdi de peur que n'est un hanneton [RÉGNIER, Sat. X]
(locution tirée de ce que, quand on touche un hanneton volant, il tombe). Il n'a été ni fou ni étourdi, se dit de quelqu'un qui a su se tirer d'affaire dans quelque désordre, dans quelque embarras, qui a su profiter de quelque chose d'imprévu. Il se dit aussi des choses. Une action étourdie.
Je n'approuverais pas ce début étourdi, Si vous aviez affaire à quelqu'un d'estimable [GRESSET, Méchant, II, 7]
Substantivement. L'étourdi ne calcule rien. Voyez cette étourdie.
Il entra en étourdi dans la chambre où on lui avait dit qu'était M. de la Garouffière [SCARRON, Rom. com. II, 15]
À l'étourdie, loc. adv. Étourdiment.
Les barbares coururent sur lui à l'étourdie [VAUGEL., Q. C. IX, 5]
Entre les pattes d'un lion Un rat sortit de terre assez à l'étourdie [LA FONT., Fabl. II, 11]

SYNONYME

  • ÉTOURDI, ÉCERVELÉ. Celui qui est étourdi est léger, inattentif ; celui qui est écervelé n'a pas de cervelle et est sans raison. Écervelé est donc un défaut beaucoup plus grave que étourdi.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Là commença bataille d'estourdie façon ; Maint chevalier verserent adont jus de l'arçon [, Guesclin. 14709]
  • XVe s.
    Si n'est ne chaud ne hastif pour leur courir sus à l'estourdie, ains attend lieu et temps convenable [, Boucic. IV, 4]
    Lors viendrez-vous soubdainement à l'estourdy frapper sur eulx [, Rec. de farces, p. 297]
  • XVIe s.
    Les absurdes mouvements escervelez et estourdis de quoy l'amour a agité ces hommes graves [MONT., III, 358]
    Cette perte leur estoit advenue par la temerité et nonchalance estourdie de leur capitaine [AMYOT, Fabius, 9]
    Bien vaillant homme de sa personne, mais au demourant estourdy et leger [ID., Pélop. 26]

ÉTYMOLOGIE

  • Étourdi 1 ; bourguig. étodi.