étrécir

(Mot repris de étrécissons)

ÉTRÉCIR

(é-tré-sir) v. a.
Rendre plus étroit. Étrécir un habit.
Qui servent à élargir et à étrécir les entrées [DESC., Pass. I, 15]
Il prit les habits de Ragotin et il en étrécit le pourpoint et les chausses [SCARR., Rom. com. II, 9]
Aujourd'hui on dit plus souvent rétrécir, qui n'est pas aussi exact. Terme de manége. Étrécir un cheval, le ramener graduellement sur un terrain étroit.
Fig.
De peur que les peines n'étrécissent le cœur que Dieu veut dilater [BOSSUET, Lett. abb. 208]
S'étrécir, v. réfl. Devenir plus étroit. Cette toile s'étrécira au blanchissage. Le chemin va en s'étrécissant.
Sa gorge enfle, et du sang dont le cours s'épaissit, Le passage se ferme ou du moins s'étrécit [CORN., Attila, v, 6]
La glotte s'élargit ou s'étrécit selon les tons qu'elle doit former [BOSSUET, Connaiss. II, 13]
tantôt ces bandes [de la planète Saturne] s'étrécissent, tantôt elles s'élargissent [FONTEN., Mondes, 6e soir.]
La prunelle s'étrécit ou s'élargit à une lumière plus forte ou plus faible [BUFF., De l'enfance.]
Fig. Devenir plus intime.
Depuis ce temps naquit une amitié entre nous qui s'est toujours étrécie [SAINT-SIMON, 318, 154]
Fig. Devenir étroit, inhabile à comprendre.
L'esprit s'étrécit à mesure que l'âme se corrompt [J. J. ROUSS., Héloïse, II, 27]
Terme de manége. Un cheval s'étrécit lorsque, n'allant point assez au large, il perd de son terrain et s'approche trop du centre de la volte.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Et si tu n'as si grant richece Qu'avoir les [certaines choses] puisses, si t'estrece [resserre ta dépense] [, la Rose, 2168]
    Quant aucuns se plaint d'empeecemens de lor communs, si comme de cemins qu'on a estoupés ou estreciés.... [BEAUM., IX, 9]
  • XVIe s.
    D'autant s'est relasché le nœud de l'affection, que celuy de la contraincte s'est estrecy [MONT., III, 6]
    Les bords de la boëtte, qui sont cartilagineux, se sont estressis, et les ligamens relaxés et allongés [PARÉ, XXI, 27]
    Depuis il changea d'opinion et estroissit la bataille de ses gens de pied en forme de brique plus longue que large [AMYOT, Crassus, 43]

ÉTYMOLOGIE

  • Etreit, qui est resté la forme normande d'étroit, et qui, sous l'orthographe estreit, était dans l'ancienne langue la forme dialectique de Paris et de l'Ouest ; Berry, étretzir ; génev. étroicir. Dans la plus ancienne forme, ce verbe est de la 1re conjugaison, estrecer, estrecier.

étrécir

ÉTRÉCIR. v. tr. Rendre étroit, rendre plus étroit. Étrécir un chemin, une rue. Il a fait étrécir son veston.

En termes de Manège, Étrécir un cheval, Le ramener graduellement sur un terrain moins étendu que celui qu'il parcourait.

S'ÉTRÉCIR ou intransitivement ÉTRÉCIR signifie Devenir plus étroit. Cette toile étrécira au blanchissage. Le cuir s'étrécit à la pluie. Dans cet endroit, le chemin va en s'étrécissant. Fig., Ses idées s'étrécissent.

étrécir


ÉTRÉCIR, v. act. ÉTRÉCISSEMENT, s. m. ÉTRÉCISSûRE, s. f. [1re et 2e é fer. 4e e muet au 2e, lon. au 3e.] Autrefois, plusieurs écrivaient étressir. On troûve cette ortographe dans Brébeuf, Corneille et aûtres. = Étrécir, c'est rendre étroit. Étrécissement, l'action de rendre étroit. Etrécissûre, l' état de ce qui est étroit. L'Acad. ne met pas celui-ci, elle dit étrécissement dans deux sens, et de l'action, et de l'état de, etc.~ "Etrécir~ un chemin, une rûe, un habit. "Le cuir s'étrécit à la pluie. "Le chemin va en s'étrécissant. "L'étrécissement d'un canal. "L'étrécissûre d'un habit.