étranglé, ée

ÉTRANGLÉ, ÉE

(é-tran-glé, glée) part. passé.
Tué par quelque chose qui empêche la respiration.
L'un est percé d'un plomb funeste, Tel meurt étranglé dans son lit [CORN., Imit. I, 23]
Fig.
La Suisse étranglée entre deux armées victorieuses [THIERS, dans le Dict. de POITEVIN.]
Voix étranglée, voix comme d'un homme qu'on étrangle.
Avec une parole lente et désagréable par l'organe qui avait un son étranglé, il [Janson] avait une sagacité qui ajoutait beaucoup à la finesse de son esprit [SAINT-SIMON, 344, 11]
Terme de chirurgie. Qui a subi l'étranglement, la constriction. Hernie étranglée.
Qui est resserré, rétréci dans quelque partie de sa longueur. Le corps de la guêpe est étranglé par le milieu.
L'injection a fait voir à M. de Réaumur que ces prétendus petits cœurs ne sont qu'un même vaisseau étranglé çà et là [BONNET, 4e lett. Hist. nat.]
Qui manque de largeur. Une allée étranglée. Habit étranglé, habit trop étroit, qui n'a pas assez de tour. Substantivement.
Le roi y [à Versailles] bâtit tout l'un après l'autre sans dessein général ; le beau et le vilain furent cousus ensemble, le vaste et l'étranglé [SAINT-SIMON, 410, 149]
Qui n'a pas reçu tout le développement requis, en parlant d'un récit, d'une lettre, d'un discours, etc.
Voilà le seul chapitre qui ne fut point étranglé [SÉV., 116]
De soigner le style, de le rendre touchant, que tout soit développé avec intérêt, que rien ne soit étranglé [VOLT., Lett. à Chabanon, 5 mai 1768]
Il [ce compositeur] n'offrirait que des phrases étranglées [J. J. ROUSS., Dict. de mus. Récitatif.]
Il se dit aussi quelquefois des personnes, dans le même sens.
Les gens qui font de si belles restrictions et contradictions dans leurs livres, en parlent bien mieux et plus dignement, quand ils ne sont pas contraints ni étranglés par la politique [les considérations de conduite] [SÉV., 430]