étriller

(Mot repris de étrillent)

étriller

[ etrije] v.t.
1. Frotter avec l'étrille : Le lad étrille les chevaux.
2. Fig. Battre, malmener fortement ; l'emporter largement sur : Il s'est fait étriller par des voyous brutaliser, molester, rudoyer écraser
3. Fig., litt. Critiquer vivement : La presse a étrillé les mesures gouvernementales éreinter
4. Fam. Faire payer trop cher à qqn : Les touristes se font étriller par ce garagiste escroquer

étriller

(etʀije)
verbe transitif
nettoyer en frottant avec une brosse étriller un cheval

ÉTRILLER

(é-tri-llé ; ll mouillées, et non é-triyé) v. a.
Nettoyer le poil d'un cheval avec l'étrille.
Même, s'il est besoin, étrille le mulet [RÉGNIER, Sat. XVI]
Fig. et familièrement. Étriller quelqu'un, le battre, le malmener. Il faut l'étriller d'importance.
Qui se trouvera pris, je vous pri', qu'on l'étrille [RÉGNIER, Sat. XII]
Si vous m'y surprenez, étrillez-y moi bien [CORN., Suite du Ment. III, 5]
Veut-il qu'à l'étriller ma main un peu s'applique ? [MOL., Amph. I, 2]
Après m'avoir fait si bien étriller, elle me mit à la porte, en disant qu'elle ne voulait point souffrir chez elle de fripon [LESAGE, Gil Blas. x, 10]
Par extension.
Qui d'estoc et de taille étrillent les auteurs [RÉGNIER, Sat. X]
Il se dit familièrement aussi d'une bataille. Les Français furent étrillés à Pavie.
Faire payer trop cher. On l'a étrillé dans cet hôtel. Il a été bien étrillé, se dit d'un homme à qui on a fait payer trop cher, ou qui a fait de grosses pertes au jeu ou ailleurs, ou qui a passé par quelque rude maladie.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    ....Montés sur petites haquenées qui ne sont ni liées ni estrillées [FROISS., I, I, 34]
  • XVIe s.
    Il fallut que le prince d'Orange, bien estrillé de coups de canon, se retirast pour ce jour [D'AUB., Hist. II, 70]
    bien estrillée à coups de fouet [PARÉ, XIX, 22]
    Ils menoient des valetz de chambre delicatz, pour les estriller et frotter dedans le baing [AMYOT, Alex. 72]
    En Espagne, la beauté est vuidée et estrillée [grêle, mince, réduite comme par une étrille], en Italie grosse et massive [CHARRON, Sagesse, p. 75, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Étrille ; wallon, strii ; provenç. estrilhar ; catal. estrijolar ; ital. stregghiare, stregliare.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • ÉTRILLER. - HIST. Ajoutez : XIIIe s.
    Car li redois [rendu] roncin soi lait [laisse] bien estrilhier [P. MEYER, Rapports, 1re part. p. 190]

étriller

ÉTRILLER. v. tr. Frotter, nettoyer avec l'étrille. Étriller un cheval. Ces chevaux, ces mulets sont bien étrillés.

Fig. et fam., Étriller quelqu'un, Le battre, le maltraiter. On l'a étrillé comme il faut. Ce critique étrille les gens de la belle manière.

Il a été bien étrillé, se dit aussi de Quelqu'un qui a eu une maladie violente, ou qui a perdu beaucoup au jeu, ou à qui on a fait payer trop cher son séjour à l'hôtel, sa nourriture au restaurant ou un achat dans un magasin. On dit dans le même sens Ce marchand étrille ses clients. Il est familier.

Synonymes et Contraires

étriller

verbe étriller
1.  Frotter avec l'étrille.
2.  Familier. Vaincre quelqu'un.
battre, écraser -familier: enfoncer.
4.  Familier. Voler un client.
Traductions

étriller

curry

étriller

[etʀije] vt
[+ cheval] → to curry
(= battre) → to slaughter (fig)