étrivière

(Mot repris de étrivières)

étrivière

n.f. [ de étrier ]
Courroie par laquelle un étrier est suspendu à la selle.

ÉTRIVIÈRE

(é-tri-viê-r') s. f.
Courroie à laquelle est suspendu l'étrier. Coup d'étrivière, coup donné avec l'étrivière. Ce cheval ne marche qu'à coups d'étrivières.
On peut lui donner cent coups d'étrivières [VOLT., Amabed, 15e lett. d'Amabed.]
Fig. Allonger l'étrivière, susciter une difficulté nouvelle, un nouveau retard.
Au plur. Coups d'étrivières. Recevoir les étrivières.
Il me fera donner les étrivières si je ne le salue [PASC., Pens. div. 137]
Les fouets hâtifs sont déployés, Qui de cent diverses manières Donnent à l'air les étrivières [J. B. ROUSS., Lett. à Lafosse]
Fig.
J'ai bien reçu ma part des étrivières ; Grippe-minaud m'en donna pour trois mois [d'emprisonnement] [BÉRANG., Gohier.]
Fig. Tout mauvais traitement qui humilie ou déshonore. Il ne s'en est tiré qu'avec les étrivières.
Monsieur de l'épée royale, vous aurez au premier jour, les étrivières de ma façon [DANCOURT, Maison de camp. sc. 30]
S'en tirer avec les étrivières, se dit aussi des entreprises où l'on reçoit quelque dommage, des affaires où l'on perd de l'argent.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Li chevax venoit trestoz seus [seul] ; S'ot de sanc tainte l'estriviere [, la Charrette, 262]
  • XIIIe s.
    Li lormier de Paris pueent taillier et faire taillier leur renes, leur chenetes, leur poitriaus, leur estrivieres et toutes les choses qui à leur mestier apartienent [, Liv. des mét. 223]
    Toutes manieres de genz autres que chevaliers ne se deivent combatre à pié, en bliaus ou en cotes rouges et chauces rouges à estrivieres, sanz soliers [, Ass. de Jér. I, 178]
  • XVIe s.
    Or si quelqu'un estrivoit, assavoir s'il y a eu un Platon, je vous prie, ne l'estimeroit-on pas digne d'estre chastié de bonnes estrivieres ? [CALV., Inst. 42]
    Ses vers sont faicts à estriviere, Fort court devant, fort long derriere [DU VERDIER, Bibl. p. 237, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Anc. franç. estrif, étrier (voy. ÉTRIER) ; provenç. estrubieira ; espagn. estribadera ; portug. estribeira.

étrivière

ÉTRIVIÈRE. n. f. Courroie qui sert à porter les étriers. Raccourcir une étrivière. Il s'est fait des étrivières de corde. Donner des coups d'étrivière.

Il se dit souvent, au pluriel, des Coups qu'on donne avec cette courroie, et alors on l'emploie presque toujours absolument. Donner les étrivières. Il a eu les étrivières. Menacer quelqu'un des étrivières.

Il se dit de même, figurément et familièrement, de Tout mauvais traitement qui humilie. Il s'est laissé donner les étrivières. Il est vieux.

étrivière


ÉTRIVIèRE, s. f. [1reé fer. 3e è moy. et long; 4e e muet.] Au propre, courroie servant à porter les étriers. "Racourcir une étrivière, les étrivières. "Il s'est fait des étrivières de corde. = Au figuré (st. familier) doner des coups d'etrivières, doner les étrivières; batre, fraper avec des étrivières, ou tout autre fouet. — Plus figurément encôre, dans le même style, maltraiter extrêmement, et d'une manière déshonorante.
   Rousseau, pour exprimer que le fouet des postillons frape l'air, dit qu'il lui done les étrivières. Cela ne peut être bon que dans le style comique.
   Les fouets hatifs sont déployés,
   Qui, de cent diversses manières,
   Donnent à l'air les étrivières.