éventé, ée

ÉVENTÉ, ÉE

(é-van-té, tée) part. passé.
Qui se donne de l'air ; qui reçoit de l'air. Éventé par un large éventail.
Altéré par l'évent. Vin éventé.
Dont on empêche l'effet, en parlant d'une mine, en y donnant l'évent, en la découvrant. Mine éventée. Fig.
Ton piége est découvert, ta mine est éventée [TRISTAN, Mariane, III, 2]
Un dessein éventé succède rarement [CORN., Médée, III, 4]
Que ce secret ne soit point éventé [LA FONT., Aveux.]
Étourdi, inconsidéré.
Il n'est enseignement pareil à celui-là de fuir une tête éventée [LA FONT., Fabl. IX, 8]
On prit ces paroles pour des propos d'un homme éventé [BOSSUET, Var. 10]
Ses airs éventés me le rendirent insupportable, et mon air froid m'attira son aversion [J. J. ROUSS., Confes. X]
Substantivement.
Que l'on me vît connu d'un pareil éventé [MOL., Fâch. I, 1]
Ne me parle jamais de ce vieux éventé [DORAT, Feinte par amour, I, 1]
Si d'un pied étourdi quelque jeune éventé Frappe en courant son chien qui jappe épouvanté, La voilà qui se meurt de tendresse et d'alarmes [GILB., Le XVIIIe siècle.]