et

et

[ e] conj. coord. [ mot lat. ]
1. Exprime l'adjonction, la succession, l'opposition, la conséquence, l'insistance : Achète du pain et du beurre
aussi, plus : Je finis et je sorsElle travaille beaucoup et elle n'est pas bien payéeIl a beaucoup couru et il est fatigué. Il nous a félicités, et en public.
ensuite, puis : Elle travaille beaucoup et elle n'est pas bien payéeIl a beaucoup couru et il est fatigué. Il nous a félicités, et en public.
mais, pourtant : Il a beaucoup couru et il est fatigué. Il nous a félicités, et en public.
2. Indique, en tête d'énoncé, un renforcement emphatique ou marque un enchaînement : Et moi, je vous dis que ce n'est pas possible. Et soudain, quelqu'un entra.
« Et commercial »,
esperluette.
Et/ou,
indique que les deux termes coordonnés le sont soit par et, soit par ou : Ce fontainier travaille pour des municipalités et/ou des particuliers.
ETEtudes Traditionnelles

ET

(è ; le t ne se lie jamais, ce que remarque Palsgrave, p. 37, au XVIe siècle, excepté dans les locutions latines : et caetera, dites è-tsé-té-ra, et ab hoc et ab hac, dites : a-bo-kè-ta-bak) conj.
Il sert à lier entre elles les parties semblables du discours. Corneille et Racine. Bon et sage. Le riche et le pauvre.
Le sage est ménager du temps et des paroles [LA FONT., Fabl. VIII, 26]
Les esprits justes, et qui aiment à faire des images [LA BRUY., I]
On n'a pas dans le cœur de quoi toujours pleurer et aimer [ID., IV]
Ordinairement, les mots joints par et se suivent ; mais on peut quelquefois les séparer, soit dans le style familier, soit dans le style élevé.
La raison veut et la nature Qu'après le mal vienne le bien [MALH., V, 5]
Albe le veut, et Rome ; il faut leur obéir [CORN., Hor. III, 6]
Les truites y sont admirables et les saumons du Rhin [PELLISSON, Lett. hist. 18 oct. 1681]
Après les noms d'heure, de mesure, quand il y a une fraction, on met et : midi et demi, midi et un quart ; minuit et trois quarts ; deux heures et un quart ; une aune et un tiers. On peut aussi supprimer et, excepté quand la fraction est demi : minuit un quart ; midi trois quart ; une aune un tiers, etc.
Dans les noms de nombre composés, et se met généralement devant un quoiqu'il ne se mette pas devant deux, trois, quatre, etc. vingt et un, trente et un, etc. Il n'y a d'exception que pour cent et quatre-vingt : quatre-vingt-un, cent-un. Et se met aussi devant onze après soixante. Soixante et onze.
Et répété sert à donner plus de force à la phrase.
Quel carnage de toutes parts ! On égorge à la fois les enfants, les vieillards, Et la sœur et le frère Et la fille et la mère, Le fils dans les bras de son père [RAC., Esth. I, 5]
Et le riche et le pauvre, et le faible et le fort Vont tous également des douleurs à la mort [VOLT., 1er Disc. égal. des cond.]
Aristote met au rang des monarchies et l'empire des Perses et le royaume de Lacédémone [MONTESQ., Esp. XI, 9]
Et s'emploie au commencement des phrases qui en suivent d'autres sans liaison immédiate, dans le style biblique ou poétique. Et Jésus se rendit sur la montagne des Oliviers.
Et voilà que tout d'un coup.... Et véritablement on ne saurait nier que.... Et vous prononcerez un arrêt si cruel ! [RAC., Andr. I, 4]
Et je puis voir répandre un sang si précieux ! Et je laisse avec lui périr tous ses aïeux ! [ID., ib. III, 8]
Et moi aussi, j'avais espéré, monseigneur, que vous viendriez à Versailles [MAINTENON, Lett. au card. de Noailles, 3 avr. 1697]
Et je pleurais ! et je me trouvais à plaindre ! et la tristesse osait approcher de moi ! [J. J. ROUSS., Hél. v, 9]
Et qui sait dans quels piéges adroits les perfides ruses d'une femme vicieuse et jalouse de ses vertus a pu surprendre son innocente simplicité ! [ID., Ém. v.]
Et fût-il, c'est-à-dire quand même il serait ; et fussiez-vous, c'est-à-dire quand même vous seriez. Il faut les combattre, et fussent-ils trois contre un.
Vous le devez haïr, et fût-il votre père [CORN., Héracl. v. 2]
Je vengerai sur vous, et fussiez-vous mon père.... [ID., ib.]
Vous-même en deviendriez, je le gage, amoureux ; On ne s'en peut sauver, et fût-on tout de glace [LA FONT., l'Eunuque, v, 4]
Et de suivi d'un infinitif se met quelquefois à la fin d'un récit pour signifier que l'événement se termina par l'action que l'infinitif exprime. Ainsi parla-t-il ; et chacun de rire. De nos jours on a quelquefois commencé une pièce de vers par et, ce qui donne l'air au poëte de continuer des réflexions dont le commencement n'aurait pas été communiqué à l'auditeur ou au lecteur.
Et j'ai dit dans mon cœur : que faire de la vie ? [LAMART., Méd. II, 19]
Et caetera, et les autres choses, et le reste, et tout ce qui s'ensuit. Par abréviation on écrit etc.
Que lui-même [le juge] il chante après boire, La liberté, la gloire, et caetera [BÉRANG., Vendanges.]
S. m. Le signe qui représente cette expression. Un et caetera. Des et caetera.

PROVERBE

    Dieu nous garde d'un quiproquo d'apothicaire, et d'un et caetera de notaire, parce que les quiproquos d'apothicaires empoisonnent et que les et caetera de notaires engendrent les procès.

REMARQUE

  • 1. La règle est que, et joignant deux ou plusieurs substantifs, le verbe qui s'y rapporte, se mette au pluriel. Cependant on peut quelquefois, quand ce ne sont pas des noms de personnes, se soustraire à cette règle, soit que l'on considère les mots ainsi joints comme un seul sujet, soit qu'il y ait licence poétique.
    Ce grand homme [Moïse] a écrit les œuvres de Dieu avec une exactitude et une simplicité qui attire la croyance [BOSSUET, Hist. II, 3]
    On dit que ton front jaune et ton teint sans couleur Perdit en ce moment son antique pâleur [BOILEAU, Lutr. I]
    Quel nouveau trouble excite en mes esprits, Le sang du père, ô ciel, et les larmes du fils ? [RAC., Mithr. v, 5]
    La sagesse et la pitié du souverain peut faire toute seule le bonheur des sujets [MASS., IIe dim. de carême.]
    ....La tendresse et la crainte Pour lui dans tous les cœurs était alors éteinte [VOLT., Henr. III]
    L'univers, me dis-je, est un tout immense dont toutes les parties se correspondent ; la grandeur et la simplicité de cette idée éleva mon âme [THOMAS, Éloge de Marc-Aurèle.]
  • 2. La régularité veut qu'avec et on ne change pas de construction et qu'on ne dise pas par exemple : Saint-Louis aimait la justice et à chanter à la chapelle. Cette règle n'est pas de rigueur, du moins avec la conjonction que ; et les exemples suivants sont très bons.
    Pour moi qu'en santé même un autre monde étonne, Qui crois l'âme immortelle et que c'est Dieu qui tonne [BOILEAU, Sat. I]
    Vous-même de vos soins craignez la récompense, Et que dans votre sein ce serpent élevé Ne vous punisse un jour de l'avoir conservé [RAC., Andr. I, 2]
  • 3. La versification regarde comme un hiatus la rencontre de et devant une voyelle et la rejette ; ce qui est une très grande gêne. Pourtant cette rencontre n'a rien de dur à l'oreille, et les poëtes auraient bien dû suivre l'exemple de Régnier, qui met sans scrupule et devant une voyelle.
    Il va comme un banquier en carrosse et en housse [RÉGNIER, Sat. II]
    [Il] Peut autant qu'autre prince et a trop de moyen [ID., ib. III]
    La Fontaine aussi en a des exemples :
    Le Juge prétendait qu'à tort et à travers On ne saurait manquer condamnant un pervers [LA FONT., Fabl. II, 3]
  • 4. Dans des membres de phrase mis en correspondance par des adverbes comparatifs, on ne met pas et devant le second : Plus je le vois, plus je l'aime. Et n'est de mise que quand, au lieu d'une seule proposition il y en a plusieurs : Plus je le vois et plus je le fréquente, plus je l'aime. Cependant la suppression de l'et n'est pas d'absolue rigueur, et dans des phrases de ce genre il s'emploie souvent par pléonasme :
    Plus je vous envisage, Et moins je me remets, monsieur, votre visage [RAC., Plaid. II, 4]
  • 5. Les grammairiens donnent pour règle de mettre ni, non pas et, dans les propositions négatives, et et, non pas ni, dans les propositions affirmatives ; et ils blâment les auteurs qui ne se sont pas conformés à cette règle. Elle est sans doute bonne à suivre en général ; pourtant, comme le remarque M. Lemaire, il n'y a là rien d'absolu, et c'est la pensée qui doit dominer l'expression. Ainsi, cette phrase de la Bruyère : Il n'est rien que les hommes aiment mieux et qu'ils ménagent moins que leur propre vie, ch. XI, vaut mieux avec et qu'avec ni, demandé par quelques grammairiens. En contrepartie, ce passage de Boileau : Défendit qu'un vers faible y pût jamais entrer, Ni qu'un mot déjà mis osât s'y remontrer, Art p. II, est critiqué, et l'on veut substituer et à ni, sous prétexte que la phrase est affirmative ; mais, avec des verbes à signification négative, la disjonctive ni répond mieux à la pensée.
  • 6. Et, au XVIIe siècle, se mettait souvent où nous mettons eh ! Et bien !

HISTORIQUE

  • IXe s.
    Pro Deo amur et pro christian poblo [, Serment]
  • Xe s.
    E si distrent [et ils dirent ainsi] [, Fragm. de Valenc. p. 467]
  • XIe s.
    Il en apelet e ses dux e ses contes [, Ch. de Rol. II]
  • XIIe s.
    Sis [si les] acouplons deux et deux as chevaus [, Ronc. p. 150]
  • XIIIe s.
    Dame, ce respont Berte, et je les amerai [, Berte, VII]
    ....Si tost qu'il eut lavé [qu'il se fut lavé], Et no François en ont le messagier mené [, ib. LXVII]
    À ardoir [elle] fut jugée, et par droit jugement [et ce fut justice] [, ib. XCV]
  • XVe s.
    Je ne vis oncques deux meilleures dames ni de plus noble condition, ni ne verrai jamais, et vesquisse mille ans [FROISS., II, III, 32]
    Nostre maistre et bienfaiteur et prince digne [COMM., Prol.]
    La plupart des gens taschent à leur complaire [aux princes] et à leurs complexions et conditions [ID., ib.]
  • XVIe s.
    L'Escriture a coustume de leur reprocher qu'ils ont cœur et cœur, c'est à dire le cœur double [CALV., Instit. 1032]
    Ils ne doivent pourtant faire escarmouche, et [ni] n'entreprendre d'y mettre ordre [ID., ib. 1210]
    Puisque vous le voulez, et moi aussi [je le veux bien], dit Longarine [MARG., Nouv. LVIII]
    Sans contention et [ni] artifice [MONT., Au leçt. p. X]
    Mes defauts s'y liront au vif, et ma forme naïfve [ID., ib.]
    Aprez qu'il se fust rendu et sa trouppe [ID., I, 26]
    Et quoy ! s'il t'eust commandé de mettre le feu en nos temples ? [ID., I, 213]
    Nous osons à cette heure et parler et escrire [ID., II, 42]
    Adonc se prirent les Atheniens à luy dire tout hault : " Et que n'y vas tu donc toy mesme ? " [AMYOT, Nicias, 12]
    Le et caetera des notaires ne sert qu'à ce qui est de l'ordinaire des contrats [LOYSEL, 368]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. et ; espagn. et ital. e ; du latin et.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    ET. Ajoutez :
    Et cela, se dit pour ajouter quelque chose sur quoi on insiste. Il a rendu ce service, et cela sans espoir de retour.
  • Et a été employé seul en ce sens-là.
    Il [Dieu] ne s'est point contenté de nous apprendre à dire avec un chalumeau quelque vaudeville, et de mauvaise grâce [MALH., Lexique, éd. L. Lalanne.]
    Il n'a point fallu détourner la Meuse, comme vous m'écrivez qu'on le disait à Paris, et ce qui serait une étrange entreprise [RAC., Lexique, éd. P. Mesnard.]
  • Et moi aussi, et toi aussi, etc. représentant au positif un membre de phrase qui précède et qui est au dubitatif.
    Quand ils payeront tous, et moi aussi [MALH., Lexique, éd. Lalanne.]

    REMARQUE

      Ajoutez :
    • 7. Quand deux membres de phrase sont joints par et et que le premier n'a pas d'inversion, on ne fait point d'inversion dans le second. Voici dans Régnier un exemple d'inversion en ce cas : On apporta la nappe, et met-on le couvert, Sat. X. En voici un second :
      S'il y avait des dieux, ils se vengeraient d'elle, Et ne la verrait-on ou si fière ou si belle [RÉGNIER, Élég. III]
      Cette tournure, qui a un caractère archaïque, pourrait très bien être employée.
    • 8. Ce ne sont pas seulement les substantifs joints par et que l'on peut séparer (voy. le n° 1), ce sont aussi les adjectifs.
      Après une si belle action et si utile [SÉV., 9 août 1675]
    • 9. Vaugelas, dans ses Remarques, citant cette phrase : En votre absence et de madame votre mère, croit qu'il est bon d'éviter cette tournure, qui n'est pas régulière ; que mettre en celle avant de madame votre mère serait trop lourd, et qu'il faut chercher une autre manière de dire. Ajouter en celle rend la phrase régulière ; mais je ne puis m'empêcher de regretter une ellipse aussi simple et aussi claire, et je ne voudrais pas la condamner absolument. Je regrette aussi la liberté de construction dans des phrases telles que celle-ci que cite le même Vaugelas : " Un de nos plus célèbres auteurs a écrit : L'aventure du lion et de celui qui voulait tuer le tyran sont semblables. Comment se construit cela ? l'aventure sont ? C'est qu'il y a deux nominatifs, l'un exprès et l'autre tacite ou sous-entendu, qui régissent le pluriel. " On rangera dans la même catégorie des ellipses autrefois permises cette phrase citée par Vaugelas : Il s'est brûlé, et tous ceux qui étaient auprès de lui.

et

ET. (On prononce É, sans faire sentir le T.) Conjonction qui lie entre eux les noms, les adjectifs, les pronoms, les verbes, les adverbes et les propositions coordonnées. Le feu et l'eau. Bon et sage. Vous et moi. Chanter et danser. Sagement et fortement. Il a fait cette sottise et il est sur le point d'en faire une autre. Et le riche et le pauvre, et le fort et le faible.

Il est quelquefois emphatique, au commencement des phrases. Et voilà que tout d'un coup... Et toi aussi, mon fils! Et ainsi, vous osez me dire...

Au commencement d'une proposition ou d'une phrase, il signifie souvent Alors. Ainsi dit le renard, et flatteurs d'applaudir.

ET a souvent le sens de Mais. Il plie et ne rompt pas.

et

Et, Et, Ac.

Et aussi, Atque etiam.

Et ce sans avoir fait le parquoy, Atque id sine malo.

Et certes non sans cause, Neque adeo iniuria.

Et certes à bon droict, Atque hoc confiteor iure obtigisse.

Et davantage, et qui plus est, Porro autem.

Et pour te voir, et encore pour souper avec toy, Vt et te viserem et coenarem etiam.

Et eust-il dix personnes à souper, si a-il trop appresté, Decem si vocasset ad coenam summos viros, nimium obsonauit.

Et je sçay bien qu'ils n'en feront rien, Neque id quidem facient,

Et je vous jure qu'il est ainsi, Atque aedepol ea res est.

Et mais voy, Ac vide.

Et mais voirement que n'entre-je? Atque adeo autem cur non egomet intro eo?

Et non point mes pleurs seulement, Non solum meae lachrymae.

Et n'est pas de merveille, Vtpote.

Il disoit qu'il y en avoit un, et non plus, Vnum aiebat, praeterea neminem.

Que je te le permette et non à autre, Vt tibi vni concedam, praeterea nemini.

Et non sans cause, Vtpote, Nec ab re.

Et pareillement, Simul.

Et pour mieux dire, Ac potius.

Et puis qu'en est-il? Quid tum postea? Quid deinde?

Et si n'ay pas peur, Ac non vereor.

Et puis que diriez vous de ce qu'il me veut aussi tuer? Quid, quod me etiam occidere vult?

Et puis, mon pere vit-il? Quid, pater viuitne?

Et puis, jusques à quand attendez-vous vostre vieillard? Quid, senem quoad expectatis vestrum?

Et puis que, etc. Quod quoniam nobis voluntas accidit, vt, et caet.

Et que point encore, Neque dum.

Et que neantmoins Herodote ne s'y trouvast point, Nec tamen Herodotus adesse posset.

Et qui plus est, Atque adeo potius, Porro autem.

Me penses-tu si beste et si ingrat et inhumain, Adeon'me ignauum putas, adeon'porro ingratum et inhumanum, vt, etc.

Et sans ce qu'il eut le menu peuple contre soy, Nec omni plebe aduersante.

Et vous voyez l'aage que j'ay, Et videtis annos meos.

Mais n'est-ce point là nostre ami Parmeno? Et vrayement ouy, Sed estne ille noster Parmeno? Et certe ipsus est.

et


ET: Cette finale est longue dans arrêt, benêt, forêt, genêt, prêt, aprêt, aquêt, intérêt, têt, protêt, il est, qu'on prononce ê. Hors de là il est bref, cadet, bidet, ET, conjonction, hochet, etc. Il serait bon de mettre l'accent grâve sur ceux-ci, pour marquer l'è moyen, comme ont fait Pluche, Piron, etc. objèt, regrèt, cofrèt, sujèt, etc. = Tous les pluriels sont longs; arrêts~, bidèts, sujèts, etc.

et


ET, conj. [pron. è et non pas ê, l'è est moyen, et c'est un gasconisme de faire cet ê ouvert; le t ne se prononce jamais.] C'est une conjonction, qui lie les parties d'Oraison, comme les noms, les pronoms, les verbes et les adverbes. "Pierre et Jean: le feu et l'eau, vous et moi. Aimer et estimer. Sagement et fortement.
   Rem. 1°. Dans l'énumération, on ne multiplie pas la conjonction et: on se contente de la placer une seule fois dans la dernière des chôses qu'on veut joindre. "Mes frères, mes soeurs, mes parens et mes amis m'ont abandoné. Cependant pour plus grande énergie, on peut la répéter devant chacun des mots et la mettre même devant le premier. "Et mes freres, et mes soeurs, et mes parens, et mes amis m'ont abandoné.
   2°. Le goût demande que les chôses, qu' on lie par la conjonction et, soient du même ordre. Ainsi les phrâses suivantes sont vicieûses. "David était Roi et prudent. "Vous aimez la justice et à chanter de saints cantiques, etc. Dans la première, on lie un substantif avec un adjectif; dans la seconde, un substantif avec un infinitif. Pour réformer ces phrâses, il faudrait dire: David était Roi et homme prudent: vous aimez à rendre la justice et à chanter de saints cantiques, etc. = Racine lie un imparfait à un présent.
   Amurat est content, si nous le voulons croire,
   Et sembloit se promettre une heureûse victoire.
       Bajazet.
Je doute, dit Mr. d'Olivet, s'il est bien de passer ainsi brusquement du présent est à l'imparfait sembloit. Mais du moins, il est certain que le changement de temps demandoit le pronom il, qui répète le nominatif. "Amurat est content, et il sembloit, etc.
   3°. Cette conjonction exige qu'on répète au 2d membre de la phrâse les articles, pronoms, prépositions, particules, qui se troûvent au premier. On doit regarder les phrâses suivantes comme irrégulières. "Je le crains et souhaite. Corn. Il faut, et le souhaite. "Il sait la Langue Latine et Grecque. Dites et la grecque. "À~ Mademoiselle votre soeur et moi. Voit. Dites, et à moi. "Jusqu'à l'arrivée et le retour. Ducerc. Dites, et au retour. "Ils ont été égaux aux chanoines, et composé aûtrefois un même corps avec eux. Dites et ont composé. Cette faûte a échapé à un des Auteurs de l'Ann. Litt. "Les fêtes y sont amenées avec adresse et pour ainsi dire, une suite de l'action. Il falait répéter sont, et sont, pour ainsi dire, une suite, etc. Peut-être est-ce une faûte d'impression. — Si les deux verbes étaient tous deux à l' actif, ou tous deux au passif, il ne serait pas nécessaire de répéter l'auxiliaire. "Ils ont mangé et bu. "Ils ont été emprisonés et interrogés, etc.
   4°. C'est une autre irrégularité quand et joint deux régimes de verbes, dont l'un est un nom et l'autre un verbe, ou bien, l'un est un infinitif et l'aûtre un aûtre mode. "Philipe craignoit une seconde action et que le vainqueur ne vînt brusquement l'ataquer. Rollin. "Craignant que la cour ne les eût gagnés et de s'en voir abandoné. Ducerc. "Les Tribuns prétendoient déposséder les anciens propriétaires, et qui avoient même élevé des bâtimens sur ces terres. Vertot. Il falait et ceux mêmes, qui, etc. = L'irrégularité est encôre plus grande, quand la conjonction et joint un nom et un participe, tous deux régis par le v. être. "Cet avertissement fut le signal des hostilités et suivi de conquêtes rapides. Anon. Il fallait répéter fut; et fut suivi, etc.
   5°. Ce qui met encore plus d'embârrâs dans la phrâse et nuit à la clarté du discours, c' est d'unir par la conjonction et deux pronoms relatifs, qui se raportent à des noms différens. "Vengez l'honeur de la Religion, vous, dont les illustres Ancêtres en ont été les premiers dépositaires, et dont vous devez être les premiers défenseurs. Massill. Le 1er dont se rapporte à vous, le 2d à Religion. Pour la régularité de la phrâse et la netteté du sens, il falait dire au 2d membre, et quï devez en être les premiers défenseurs. "Ce n'est pas la vérité qui l'intéresse; c'est une vaine curiosité qu'il veut satisfaire et faire servir J. C. de spectâcle à son loisir et à son oisiveté. Id. La conjonction et anonce que le 2d verbe, faire servir, est régi par le pronom que comme le 1er satisfaire. La phrâse est louche. On peut la corriger, en mettant au lieu de, et faire servir, en faisant servir, etc. "Il a tiré la plupart de ces faits des Histoires et des ouvrages périodiques, ils étoient épars, et qui, trop isolés les uns des aûtres, pour faire tableau, ne produisoient pas tout l'éfet qu'on en pouvoit attendre. Affiches de Prov. Suivant la construction et par le moyen de la conjonction et, le pronom relatif qui se rapporte à Histoires et à ouvrages, et suivant l'intention de l'Auteur, il se raporte à faits. Il fallait répéter et dire. " ils étoient épars, et où trop isolés, etc. ils ne produisaient pas, etc.
   6°. Cette conjonction mal placée ocasione des équivoques. "Ce Duc est un Seigneur, qui n'est savant qu'avec ceux qui le sont, et dont la science est entrelacée de rôses et de jasmins. Anon. On ne sait si c'est la science du Seigneur, ou la science de ceux qui sont savans, qui est ainsi entrelacée, comme dit assez burlesquement l'Auteur.
   7°. Avec la conj. et, il faut garder le même ordre dans l'arrangement des mots.
   Je vois mes honeurs croître et tomber mon crédit.
       Brit.
On pardone cette inversion à un Poète, mais en prôse, il faudrait dire: je vois croitre mes honeurs et tomber mon crédit, ou: je vois mes honeurs croitre et mon crédit tomber. D'OLIV.
   8°. * Anciènement la conjonction et faisait souvent placer le pronom nominatif après le verbe: c'était une élégance. "On comencera à les lui faire pratiquer, et lui fera-t'on entendre, que, etc. au lieu de, et on lui fera entendre que, etc. "Une chacune pensera à faire l'élection qu'elle estimera meilleûre selon Dieu, et dira-t'on tous les jours, etc. pour, on dira tous les jours, etc.~

Traductions

et

und, jaand, and so on/forth, bothenו-, וְ-enиiaogκαιkajy, ejai, pa, teésdanogeそして, と, ・・・と・・・와, 그리고ac, atqueogi, ae, maisiar, şiиochnaveіوและ (e)
conjonction
relie deux termes, deux phrases les chiens et les chats

et

[e] conj → and
et lui? → what about him?
et alors?, et (puis) après? → so what? (= ensuite) → and then?