aérien, enne

AÉRIEN, ENNE

(a-é-riin, riè-n' ; en poésie, il est de quatre syllabes, a-é-ri-in, ri-è-n') adj.
Qui est d'air, qui est comme l'air, qui vit dans l'air. Les champs aériens. Une forme aérienne. Une taille aérienne. Les météores aériens sont la pluie, la neige, le brouillard, etc.
Esprits aériens de la terre et des eaux [C. DELAV., Par. II, 6]
Et mon œil aime à se suspendre à ce foyer aérien ; Et je leur dis sans les comprendre : Flambeaux pieux, vous faites bien [LAMART., Harm. I, 4]
Ce peuple aérien, dont la vive allégresse Chante la liberté, la joie et la tendresse [ROSSET, Agric. VI]
Ces chants aériens [des oiseaux] sont mes concerts chéris [V. HUGO, Odes, IV, 3]
En anatomie, voies aériennes, conduits aériens, l'ensemble des canaux qui conduisent l'air. Vésicule aérienne, vésicule qui contient de l'air chez les poissons.
En peinture, s'emploie particulièrement pour spécifier cette partie de la perspective dont les effets résultent de l'interposition de l'air entre l'objet et l'œil du spectateur. Il se met après son substantif.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Parmi la region aerine [LE MAIRE, Illustration des Gaules, p. 87]
  • XVIe s.
    La manne, appelée par Galien miel aerien [PARÉ, XXV, 2]
    Tout bestail terrestre, aquatique et aerin [O. DE SERRES, 488]
    Venez tost, aerins gendarmes ; Demons, volez à mon secours [RONS., 57]

ÉTYMOLOGIE

  • Aer, air (voy. AIR) ; provenç. aerenc. Autrefois on a dit aerin aussi bien qu'aérien.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • AÉRIEN. - HIST. Ajoutez : XIIe s.
    Par tant ke des aerienes poesteiz [les démons] vient la flame d'envie encontre la netteit [netteté, pureté].... [, li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 352]