aîné, ée

AÎNÉ, ÉE

(è-né, née) adj.
Celui des enfants qui est né le premier. Fils aîné. Fille aînée. Frère aîné. Sœur aînée.
Le fils aîné de l'Église, qualification donnée autrefois au roi de France.
La fille aînée des rois de France, titre que prenait autrefois l'Université.
S. m. Fils aîné. C'est là l'aîné de mes fils.
De deux princes jumeaux nous déclarer l'aîné [CORN., Rodog. I, 1]
Quel intérêt Nous fait tous deux aînés quand et comme il vous plaît ? [ID., ib. IV, 6]
S. f. Aînée, fille aînée. Il a marié l'aînée de ses filles.
Frère aîné. Il est jaloux de son aîné.
Qui est plus âgé qu'un autre. C'est mon aîné. Respectons nos aînés.
Aîné de Normandie, aîné particulièrement avantagé.
J'ai vu 54 lettres de cachet dans ma famille, et j'en ai eu 17 pour ma part ; ainsi, vous voyez que j'ai été partagé en aîné de Normandie [MIRABEAU, Collection, t. IV, p. 106]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    À cinq labiaus de gueule l'ainsnés fils le porta [porta son écu] [, Berte, CXXXI]
    Li aisnés ot non Robiers, et li mains né Loeys [, Chr. de Rains, p. 2]
    En tel point que ses ainsnés fix n'avoit pas aage d'entrer en l'ommage de ce que se [sa] mere avoit aquesté [BEAUMANOIR, XII, 10]
    Tant fust ce que eles fussent ains nées des premiers mariages [ID., XIII, 6]
    Son ainzné frere qui eust mis contredit et chalonge, s'il faire le peust [, Ass. de Jérus. I, 220]
  • XVe s.
    La roine et son ains-né fils [FROISS., I, I, 9]

ÉTYMOLOGIE

  • L'historique, décomposant le mot, montre l'étymologie : ains, avant (voy. AINS) et né : né avant (voy. NÉ). Espagn. entenado, enfant d'un premier lit ; ital. antenato, ancêtre.