aïeul

(Mot repris de aïeuls)

aïeul, e

[ ajœl] n. [ lat. avus ] [aïeuls, aïeules].
Litt. Grand-père, grand-mère : Les aïeuls racontaient leurs souvenirs, les aïeules souriaient
les grands-parents

aïeul

masculin

aïeule

féminin (ajœl)
nom pluriel aïeux (ajø)
grand-père, grand-mère mon aïeul maternel

AÏEUL

(a-ieul) s. m.
Grand-père. Aïeul paternel. Aïeul maternel.
M. de Montausier racontait avec plaisir les services que son aïeul avait rendus à Henri IV [FLÉCH., Montausier.]
J'ai pour aïeul le père et le maître des dieux [RAC., Phèd. IV, 6]
Au plur. Aïeuls, le grand-père paternel et le grand-père maternel, et aussi le grand-père et la grand'mère. Ses deux aïeuls ont assisté à ce mariage.
Il a aussi été employé pour désigner tous les ascendants soit paternels, soit maternels.
La généalogie des Rabutin que doit publier Bussy lui paraît d'avance [à Mme de Sévigné] un livre admirable ; elle est beaucoup moins occupée de ses aïeuls maternels, [L'ABBÉ DE VAUXELLES, Notice sur Sév.]
AÏEUX (a-ieu), s. m. plur. Tous ceux de qui l'on descend, ou ceux qui ont vécu dans les siècles passés.
Qui sert bien son pays n'a pas besoin d'aïeux [VOLT., Mér. I, 3]
Ce long amas d'aïeux, que vous diffamez tous, Sont autant de témoins qui parlent contre vous [BOILEAU, Sat. v.]
Le ciel, tout l'univers est plein de mes aïeux [RAC., Phèd. IV, 6]
Plus d'honneur, plus de lois ; Rome est anéantie ; De l'univers et d'elle il [César] triomphe aujourd'hui ; Nos imprudents aïeux n'ont vaincu que pour lui [VOLT., M. de César, II, 3]
Il est de ces esprits favorisés des cieux, Qui sont tout par eux-mêmes et rien par leurs aïeux [ID., Fanatisme, I, 4]

REMARQUE

  • 1. Au plur. on distingue aïeuls et aïeux : l'un signifiant le grand-père et la grand'mère, l'autre les ancêtres. Cette distinction, qui peut être conservée, n'avait pas cours autrefois ; voyez ces exemples ainsi écrits dans certaines éditions de Massillon :
    S'ils [les grands] n'ont point d'autre gloire que celle de leurs aïeuls [MASS., P. Car. Grandeur de J.C.]
    . Le souvenir de leurs aïeuls devient leur opprobre [ID., ib.]
    Des aïeuls dont il ne reste qu'une vile poussière [ID., ib.]
    Les glorieux vestiges de ses aïeuls [PERROT D'ABLANCOURT, Tac. p. 77]
    D'autre part Ménage remarque : Tous nos poëtes généralement riment aïeuls avec dieux, cieux, lieux et autres mots semblables ; cette rime est très mauvaise, car on prononce aïeuls en faisant sentir l et non aïeux. Ce qui prouve que de son temps on faisait sonner l au pluriel.
  • 2. M. Jullien dit : " On prend souvent aïeux pour le pluriel d'aïeul ; c'est une erreur : l'aïeul est le grand-père ; il est après le bisaïeul, et, dans ce sens, il a pour pluriel aïeuls qui est régulier : Ses deux aïeuls ont rempli les premières charges. Aïeux, au contraire, signifie tous ceux dont on descend, et non pas le grand-père, la grand' mère : Nos aïeux ; suivre la trace de ses aïeux. C'est dans ce sens qu'on dit d'un malade qu'il est allé voir ses aïeux, LA FONT., Fab. V. 12, et non pas ses aïeuls qui peuvent très bien lui survivre. De là on peut conclure que La Bruyère a fait une faute quand il a dit, Caractères, ch. 11 : Les hommes de génie n'ont ni aïeuls ni descendants. Il fallait aïeux, qui est pris ici au figuré ; La Bruyère voulait dire que la gloire ne se transmet pas par le sang. Pour des aïeuls les hommes de génie en ont eu très certainement comme tous les autres, un du côté de leur père, un du côté de leur mère. " Chez La Bruyère, ce n'est pas une faute, c'est une manière de parler de son temps. Maintenant la distinction est faite, et on a été conduit par la double prononciation du pluriel aïeuls et aïeux à établir deux sens. À ce point de vue, aïeux n'est pas le pluriel de aïeul, c'est un nom collectif qui n'a pas de singulier. Mais cela n'est vrai que pour l'idée, ce ne l'est pas pour la grammaire. Étymologiquement, aïeux est le véritable pluriel d'aïeul.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Tes aious [ton aïeul] qui prist d'Anju L'honour, eüst cest [celui-là] vil tenu [HUES DE LA FERTÉ, Romancero, p. 191]
    Al tens à sun aioel esteient il desfait, Li clerc qui erent pris à si vilain mesfait [, Th. le Mart. 27]
  • XIIIe s.
    N'onc n'orent sergent plus leal Vostre pere ne vostre eal [, la Rose, 12192]
    Letre que l'ael au dit Raoul les avoit quitez [exemptés] de service [DU CANGE, aviones.]
    Le [la] quele tere li descendi de son pere ou de se [sa] mere ou de son aiol ou de s'aiole [BEAUMANOIR, VI, 7]
  • XVe s.
    Le roy Edouard, ayeul à iceluy dont nous parlons [FROISS., I, I, 59]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, aiouz, aïeux ; Berry, aïol ; provenç. aviol ; espagn. abuelo ; ital. avolo ; d'un diminutif non latin, aviolus, de avus, grand-père, qu'on peut comparer au gothique avô, grand' mère ; anc. nord. afi, grand-père.

aïeul

AÏEUL. n. m. Grand-père. Aïeul paternel. Aïeul maternel. Au pluriel, on dit Aïeuls, quand on veut désigner précisément le Grand-père paternel et le grand-père maternel. Ses deux aïeuls assistaient à son mariage.

Le mot AÏEUL n'a point de composé au delà de ceux de Bisaïeul et de Trisaïeul; et quand on parle des degrés plus éloignés, on dit Quatrième aïeul, cinquième aïeul, etc.

On dit AÏEUX, et non AÏEULS, pour désigner, soit Ceux qui ont vécu dans les siècles passés : C'était la mode chez nos aïeux; soit les Personnes dont on descend : Ce droit lui vient de ses aïeux.

aïeul


AïEUL, EULE, s. m. et f. [A-ïeul, A-ïeule, 2e br.] 1°. Le pluriel du masc. a varié. Les uns, d'après Ménage, voulaient qu'on dit ayeuls, et Massillon l'a encore écrit de la sorte. Ce sont les Poëtes, disent Mrs. de l'Acad. dans une édition de leur Dict. du commencement de ce siècle, qui pour faire rimer aïeux avec dieux, glorieux, ont suprimé l'l. Cette réflexion marque que l'Acad. préférait alors la prononciation de l'l pour la prôse. Aujourd'hui et en prôse et en vers, on écrit aïeux. 2°. L'Académie veut pourtant qu'on dise aïeuls, quand on veut désigner precisément le grand père paternel et maternel: "Ses deux aïeuls ont rempli les premières charges; mais que hors delà, on dise aïeux, pour signifier généralement ses Ancêtres, tous ceux de qui l'on descend.
   Ortogr. Autrefois on écrivait ayeul, ayeux; mais, cette orthographe est contre la prononciation; car il faudrait prononcer é-ieul et é-ieu, l'y faisant fonction de deux i, dont l'un s'unit avec l'a précédent pour former la dipht. ai qui a le son de l'é, et l'autre se joint à l'e qui suit. Voyez A, n°. I.
   Divers sens. Suivant Th. Corneille, dont nous adoptons la décision, aïeul au sing. signifie le grand-père, mais aïeux au plur. ne se prend que pour les Ancêtres. À~ moins qu'on ne le réduise au particulier, comme "Ses deux aïeux ont été honorés des plus belles charges de la Cour; ce qui ferait entendre l'aïeul paternel et maternel; car, si l'on disait seulement, ses aïeux ont possédé de grandes charges, on n'entendrait pas par-là les deux grands pères, mais les Ancêtres quelconques. — C' est cette observation de Th. Corneille qui a fait sans doute imaginer à l'Acad. la distinction des deux pluriels, aïeuls et aïeux. Voyez plus haut, n°. 2.

Synonymes et Contraires

aïeul

nom aïeul
Traductions

aïeul

אבי אבות (ז)

aïeul

prapatro

aïeul

abuelo

aïeul

avolo

aïeul

[ajœl] nm/f
(= grand-parent) → grandparent
(= ancêtre) → forebear