(Mot repris de aïs)

[ ai] n.m. [ mot tupi-guarani ]
Mammifère arboricole de l'Amérique du Sud, que ses mouvements très lents font également appeler paresseux : Des aïs.

1

(a-i) s. m.
Terme d'histoire naturelle. Quadrupède muni d'une queue et se mouvant avec une extrême lenteur.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    En Afrique se trouve une beste nommée des sauvages haiif, fort difforme, et est presque incredible qu'il en soit de telle qui ne l'auroit veuë.... Ce haiif estant pris jette de grands soupirs [PARÉ, Monstres, App. 3]

2

(a-i) s. m.
Terme de chirurgie. Crépitation douloureuse des tendons. Cette affection, qui peut attaquer tous les tendons, siége particulièrement dans ceux de l'avant-bras.

ÉTYMOLOGIE

  • Ce mot provient sans doute de l'exclamation de douleur qu'arrache cette affection.

3

(a-i) , ville de France (Marne), dont les environs produisent un excellent vin. Le vin d'Aï ou simplement l'aï s. m.
est un vin de Champagne.
Chloris, Églé me versent de leur main D'un vin d'Aï dont la mousse pressée, De la bouteille avec force élancée, Comme un éclair fait voler le bouchon [VOLT., Mondain]
[Le peuple] Pour qui nos fontaines Versent, toujours pleines, Le beaune et l'aï [BÉRANGER, Cocagne]

AÏ. n. m. T. de Zoologie. Quadrupède mammifère de la famille des Édentés, qui se meut avec une extrême lenteur; on l'appelle aussi PARESSEUX.

ai


AI est une diphtongue, qui a ordinairement en français le son de l'e, tantôt ouvert, tantôt moyen. 1°. Il est ouvert, quand ai est suivi d'une s, d'un r, d'un x, ou de ts, ou de rs à la fin des mots; jamais, éclairs, portraits, pairs, airs, etc. Pron. jamê, éclêr, portrê, pêr; êr, ê ouvert. — Exceptez la 1re pers. du prés. du verbe savoir, je sais, où ai a le son de l'é fer. je . — Il a aussi ce son dans les prétérits et les futurs: je donnai, j'aimerai; pron. doné, émeré; et lorsqu'il termine le mot, sans être suivi d'aucune consone, mai, quai, geai, etc. pron. , , , etc. Exceptez, vrai, essai, délai, où il a le son de l'è ouvert, vrè, écè, délè.
   2°. Ai a le son de l'è moyen au milieu des mots et dans les pénultièmes, lorsqu'il n' est point affecté d'un acc., circ. et dans les finales, lorsqu' il est suivi d'un t, et que l'i n'a point l'acc. circ. Ex. raison, aide, aime, éclaire, aime, portrait, etc. Pron. rèzon, ède, ème, éclère, portrè, è moy. — Dans les pénultièmes où il est immédiatement suivi d'un e muet, et par-tout où il est affecté de l'acc. circ. il a le son de l'ê ouvert: plaie, faîte, maître, il paît, etc. pron. plê, fête, mêtre, , ê ouvert.
   Rem. M. de Voltaire a tâché d'introduire ai à la place de l'oi, par-tout où celui-ci a le son de l'e: français, Anglais, conaître, paraître, je ferais, je dirais, etc. Cette ortographe est raisonable; elle n'a pas fait grande fortune pourtant. Il serait à souhaiter qu'elle fût adoptée universellement. Voy. OI.
   2°. Quand Ai est suivi d'une l, il n'a pas le son de l'é, mais l'a et l'l s'y font sentir; bail, émail, vaillant, bataille, qu'il faille, vaille, etc.
   Prosodie. Quand ai a le son de l'e ouvert, il est douteux, vrai, essai: il est bref, quand le son aproche plus de l'é fer. Quai, geai, j' ai, je chantai, je donnerai. Tous les pluriels sont longs, vrais, essais, geais, etc. D'Oliv.
   et ay On doit mettre le premier, quand l'a est détaché de l'i, comme dans aïeul, caïeu, camaïeu, caïenne; et le 2e quand joint à l'i, l'a forme la dipht. ai, qui a le son de l'e, comme dans j' essaye, payer, etc. Voy. A, n°. I.

Traductions