aboi

aboi

n.m. [ de aboyer ]
À la chasse, cri du chien courant devant le gibier arrêté.

abois

n.m. pl.
Être aux abois,
être dans une situation désespérée.

ABOI

(a-boi) s. m.
Cri du chien. L'aboi des différentes espèces de chiens. Dans la rage, l'aboi du chien est modifié d'une façon caractéristique.
Leur maître les rompit, Bien que de leurs abois ils perçassent les nues [LA FONT., Fab. XII, 23]
Trois pasteurs, enfants de cette terre, Le suivaient, accourus aux abois turbulents Des molosses... [A. CHÉN., 23]
S. m. plur. Moment où le cerf, serré par les chiens qui aboient après lui, est à l'extrémité. Le cerf est aux abois. Il tient les abois.
Son frère ayant couru mainte haute aventure, Mis maint cerf aux abois, maint sanglier abattu [LA FONT., Fab. VIII, 24]
Fig. Dernière extrémité. Ils sont aux abois. Les assiégés étaient réduits aux derniers abois.
Mais pardonne aux abois d'une vieille amitié, Qui ne peut expirer sans me faire pitié [CORN., Cinna, III, 2]
[Il] nous surprend, nous assiége, et fait un tel effort, Que, la ville aux abois, on lui parle d'accord [ID., Rod. I, 6]
Unissons ma vengeance à votre politique Pour sauver des abois toute la république [ID., Sert. I, 3]
Ah ! quel âpre tourment ! quels douloureux abois ! [ID., Méd. v, 5]
Ah ! je m'en souviendrai jusqu'aux derniers abois [la mort] [ID., Théod. I, 2]
En cet heureux moment rappelés des abois, [ils] Rendent grâces au Ciel d'une commune voix [ID., Œd. v, 11]
Et ces esprits légers, approchant des abois, Pourraient bien se dédire une seconde fois [ID., Nic. IV, 2]
J'en laissai deux sans vie et mis l'autre aux abois [ID., Œd. I, 6]
De sa haine aux abois la fierté se redouble [ID., Soph. v, 8]
D'effroyables remords, mégères éternelles, Invisibles bourreaux des âmes criminelles, Vous persécuteront jusqu'aux derniers abois [ROTROU, Antig. v, 5]
Sans languir si longtemps aux abois [RÉGNIER, Dial.]
Une nymphe fuyante Qui, réduite aux abois.... [ID., Ép. I]
Où l'on voit tous les jours l'innocence aux abois [BOILEAU, Sat. I]
Dès que j'y veux rêver, ma veine est aux abois [ID., ib. VII]
Cette idée est capable de me réduire aux abois [MOL., 1er interm. de la Princ.]
Louis XIV réduisant l'hérésie aux derniers abois [LA FONT., Disc. à l'Acad.]
Il semblait, à me voir, que je fusse aux abois [ID., Épît. XXII, 19]
Réduire un esprit aux abois [ID., Je vous prends sans verd, 3]
Nous sommes réduits aux abois [BOSSUET, Pent. I]
Philisbourg est aux abois en huit jours [ID., L. de Bourb.]
L'idolâtrie qui semblait aux abois [ID., Hist. II, 12]
Tenir quelqu'un en aboi, le repaître de vaines espérances.

REMARQUE

  • Voltaire, sur le vers de Nicomède cité plus haut, remarque que l'expression des abois, qui par elle-même n'est pas noble, n'est plus d'usage aujourd'hui. Néanmoins cette expression est restée, à juste titre, dans l'usage, et elle n'a rien qui l'empêche d'entrer dans le meilleur style. Seulement, on en use moins librement qu'au XVIIe siècle, et on peut voir plus haut quelques emplois qu'en fait Corneille et qui paraissent un peu surannés.

SYNONYME

  • ABOI, ABOIEMENT. Aboi se dit particulièrement de la qualité naturelle du cri du chien. Ce chien a un aboi perçant. Aboiement se dit plutôt des cris mêmes : de longs aboiements, des aboiements continuels. On dit : Faites cesser les aboiements de ce chien, et non pas : Faites cesser son aboi ou ses abois, LAVEAUX.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Il n'a garde d'aba de chien [RUTEB., 253]
    Renart li commença à rire, Si lui a jeté un abai ; Certes, fait-il, je me gabai ; Ce fis je pour vous peor [peur] faire [, Ren. 1785]
  • XVe s.
    Quand il eut esté bien reprouvé et rigolé de ses compagnons, et, comme un sanglier, mis aux abois de tous costés [LOUIS XI, Nouv. 19]
  • XVIe s.
    Las ! quantes fois par rochers et par bois, Les chiens courans l'ont tenu aux abbois [MAROT, IV, 82]
    Avoir pour son exercice Force oiseaux et force abbois [DU BELL., III, 87, recto.]
    Et finirent leur vie, chantans jusques aux derniers abois un cantique [D'AUB., Hist. I, 67]
    L'authorité duquel doit bien rabattre tous les abois de ce chien mastin [CALV., Inst. 321]
    Par leur importunité, comme par aboi, ils arrachent... [ID., ib. 875]
    L'empereur avoit deja rendu les abbois [cédé] et fait toutes submissions proposées par le duc Maurice [CARL., IV, 25]
    L'autre pressant le cerf d'abois, Devient satyre des bocages [RONS., 882]
    Car tant seulement mangeoit pour refrener les abois de l'estomac [RABEL., Garg. I, 23]
    Rendre les abbois [n'en pouvoir plus] a bonne grâce en ce passage de BELLEAU : Aussitost que ces advocas Nous ont empietez une fois, Ils nous font rendre les abbois [H. EST., Précell. p. 90]

ÉTYMOLOGIE

  • Voy. ABOYER.

aboi

ABOI. n. m. Cri du chien. L'aboi de ce chien est fort importun. En ce sens, il est moins usité qu'ABOIEMENT.

ABOIS, au pluriel, désigne les Cris de la meute qui entoure la bête, et, par extension, la Situation de la bête entourée par la meute. Le cerf est aux abois.

Fig., Être aux abois, se dit d'une Personne qui a épuisé toutes les ressources, qui est réduite à la dernière extrémité. À bout de ressources, il est aux abois. On dit aussi Cette place, cette citadelle est aux abois, Elle ne peut plus se défendre. Sa vertu est aux abois, Elle est bien près de succomber.

aboi


ABOI, ABOIEMENT, s. m. [Aboa, aboa-man, bref, en y a le son d'an. On pourrait écrire aboiment sans e.] L'un et l'autre expriment le cri du chien.

Traductions

aboi

geblaf, blaf

aboi

bark

aboi

bojado

aboi

latido