abréger

(Mot repris de abrégeriez)

abréger

v.t. [ du lat. brevis, bref ]
1. Diminuer la durée de : La maladie a abrégé sa carrière
2. Diminuer la longueur d'un texte, d'un récit : Abréger un compte rendu
3. Raccourcir un mot par suppression d'une partie des lettres ou des syllabes : On abrège couramment « télévision » en « télé ».

ABRÉGER

(a-bré-jé. L'é se prononce è quand il est suivi d'une voyelle muette : j'a-brè-ge) v. a.
Rendre bref, réduire à une moindre étendue, à une moindre longueur. Abréger le temps. Éclaircir et abréger le discours. Abréger une narration. Voulant abréger son humiliation.
C'est un bienfait de Dieu d'avoir abrégé les tentations avec les jours de Madame [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
On croit qu'il expose les troupes : il les ménage en abrégeant le temps des périls par la vigueur des attaques [ID., L. de Bourbon.]
Les plaisirs pris sans modération abrègent plus les jours des hommes que les remèdes ne peuvent les prolonger [FÉN., Tél. XVII]
Cours par un prompt trépas abréger ton supplice [RAC., Mithr. II, 6]
Mais aussitôt ma main, à moi seule funeste, D'une infidèle vie abrégera le reste [ID., Andr. IV, 1]
Je la voyais bientôt, abrégeant son absence, revenir empressée [DUCIS, Oth. I, 5]
Le cardinal de Richelieu avait abrégé ses jours par les inquiétudes qui le dévorèrent [VOLT., Mœurs, 177]
Faire un abrégé. Cet auteur a abrégé lui-même son livre.
Faire paraître moins long. La conversation abrége le chemin.
Faire brève une syllabe. Quelques personnes abrégent l'o dans rôti, et disent roti.
V. n. Chemin qui abrége.
Faire court, s'exprimer en peu de mots. En abrégeant. Abrégeons. J'abrége et je poursuis.
Pour abréger, la chose s'exécute [LA FONT., Rich.]
S'abréger, v. réfl. Devenir plus court. La vie, déjà si courte, s'abrége souvent par les excès de tout genre.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Ne ne porreit mis cors soffrir Travail ne peine ne labor ; Kar dès or s'abregent mi jor ; Molt me vois mais afebleiant [BENOIT, II, 8223]
  • XIIIe s.
    Ains voil [je veux] ma parole abregier Por vos oreilles alegier [, la Rose, 19671]
    Je ne puis souffrir à abregier le plain service qu'on tient de moi [BEAUM., XXVIII, 7]
    S'aucuns abrege le fief qui est tenu de li [ID., XLV, 25]
    Se il viaut [veut] son plait abregier [, Ass. de Jerus. I, 237]
  • XIVe s.
    Ils lui dirent qu'il abregeast ses paroles [, le Menagier, I, 9]
  • XVe s.
    Temps sans honneur et sans vray jugement, Aage en tristour, qui abrege la vie [E. DESCHAMPS, Temps présent.]
    Elle [m'amie] m'a dit que je boy trop souvent Et que cela m'abregeroit la vie [BASSEL., 31]
    N'abregeons point nostre vie Par trop nous atedier [ID., 46]
    On dit que ses ans il [le buveur] abbrege [ID., 38]
    Avancezvous, prenez votre robe, abregez-vous [hâtez-vous] ; qu'il ne vous trouve ici, car vous seriez mort et moi aussi [LOUIS XI, Nouv. 34]
    Pour abreger [bref] [ID., ib. 75]
  • XVIe s.
    Le ciel m'a esté si benin et si favorable que d'abrevier un long martyre [YVER, 592]
    Il vouloit bien abreger son chemin et passer par lieux bien habités [AMYOT, Ant. 52]
    Notaires, c'est à dire ecrivains qui par notes et lettres abregées figurent toute une sentence [ID., Caton d'Ut. 35]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. et espagn. abreviar ; ital. abbreviare ; bas-lat. abbreviare ; de ad, indiquant la direction de l'action, et brevis, bref (voy. BREF).

abréger

ABRÉGER. v. tr. Rendre plus court. Ses débauches, ses chagrins abrégèrent sa vie. La méthode qu'il a pour enseigner le latin abrège de beaucoup le temps des études. Abréger une narration, un discours. Abréger un délai.

Il s'emploie quelquefois absolument. Vous êtes trop long, abrégez. Prenez ce chemin, il abrège.

Il signifie encore Faire paraître moins long. La conversation abrège le chemin. Rien n'abrège le temps comme le travail.

abréger


ABRÉGER, v. a. [Abrégé, 2e. et 3e. é fer. bref.] Rendre plus court. Ordinairement ce verbe n'a que le régime direct: (l'accusatif) abréger une narration. Quelquefois pourtant il a pour 2e. régime le datif: "ses débauches lui abrégerent la vie; ce fut une des causes qui lui abrégerent ses jours. Marsolier. Il devoit retrancher lui, et dire simplement, qui abrégérent ses jours. Car lui et ses dans la même phrase forment un pléonasme, une répétition d'idées. En effet, puisqu'il lui abrégea les jours ou la vie, il est bien clair que ce n'est pas la vie ou les jours d'un aûtre. C'est comme qui dirait, et comme disent certains: j'ai mal à ma jambe, au lieu de, à la jambe. = On dit aussi, avec ce 2e. régime: "vous lui avez abrégé la besogne, par la méthode que vous lui avez aprise, etc. etc.
   ABRÉGER, neut. sans régime. Pour abréger, je me borne à vous dire, etc. J'abrége pour ne pas lasser votre patience.
   * Rem. Boileau dit: — Enfin pour abréger un si plaisant prodige: l'éllipse est un peu trop forte, même en vers. On n'abrége pas un prodige: on ne peut abréger que la narration qu'on en fait. Dict. Grammat.

Traductions

abréger

abkürzen, summieren, verkürzen, zusammenfassen, abbreviierenabbreviate, abridge, curtail, shorten, summarize, abstract, decrease, lessen, abate, diminish, ease, outline, recapitulate, shrinkafkorten, bekorten, samenvatten, verkorten, inkorten, resumeren, verminderen, inkrimpen, korten, excerperenקיצר (פיעל), תקצר (פיעל), קִצֵּרbekort, verminderresumirforkorteσυντομεύωmallongigi, malpliigi, resumiabreviar, acortar, resumirtehdä yhteenvetoabbreviare, curtareforminskeskrócićresumir, tornar a somarabbreviare, accorciare, ridurreförkorta (abʀeʒe)
verbe transitif
rendre plus court abréger une visiteun mot

abréger

[abʀeʒe] vt
[+ texte] → to shorten, to abridge
[+ mot] → to shorten, to abbreviate
[+ réunion, voyage] → to cut short
[+ souffrances] → to put an end to