abreuver

(Mot repris de abreuvai)

abreuver

v.t. [ lat. pop. abbiberare, du class. bibere, boire ]
1. Faire boire un animal domestique.
2. Sout. Mouiller abondamment : Cette averse a abreuvé le sol
Abreuver qqn de coups, d'injures,
le battre, l'injurier copieusement : Ses adversaires l'ont abreuvé de quolibets

s'abreuver

v.pr.
1. Boire, en parlant d'un animal.
2. Fig.(de) En parlant d'une personne, se délecter de qqch : Un tyran qui s'abreuve de la souffrance de ses victimes
se repaître

abreuver

(abʀœve)
verbe transitif
figuré donner beaucoup de qqch à qqn Il m'a abreuvé de conseils inutiles.

abreuver


Participe passé: abreuvé
Gérondif: abreuvant

Indicatif présent
j'abreuve
tu abreuves
il/elle abreuve
nous abreuvons
vous abreuvez
ils/elles abreuvent
Passé simple
j'abreuvai
tu abreuvas
il/elle abreuva
nous abreuvâmes
vous abreuvâtes
ils/elles abreuvèrent
Imparfait
j'abreuvais
tu abreuvais
il/elle abreuvait
nous abreuvions
vous abreuviez
ils/elles abreuvaient
Futur
j'abreuverai
tu abreuveras
il/elle abreuvera
nous abreuverons
vous abreuverez
ils/elles abreuveront
Conditionnel présent
j'abreuverais
tu abreuverais
il/elle abreuverait
nous abreuverions
vous abreuveriez
ils/elles abreuveraient
Subjonctif imparfait
j'abreuvasse
tu abreuvasses
il/elle abreuvât
nous abreuvassions
vous abreuvassiez
ils/elles abreuvassent
Subjonctif présent
j'abreuve
tu abreuves
il/elle abreuve
nous abreuvions
vous abreuviez
ils/elles abreuvent
Impératif
abreuve (tu)
abreuvons (nous)
abreuvez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais abreuvé
tu avais abreuvé
il/elle avait abreuvé
nous avions abreuvé
vous aviez abreuvé
ils/elles avaient abreuvé
Futur antérieur
j'aurai abreuvé
tu auras abreuvé
il/elle aura abreuvé
nous aurons abreuvé
vous aurez abreuvé
ils/elles auront abreuvé
Passé composé
j'ai abreuvé
tu as abreuvé
il/elle a abreuvé
nous avons abreuvé
vous avez abreuvé
ils/elles ont abreuvé
Conditionnel passé
j'aurais abreuvé
tu aurais abreuvé
il/elle aurait abreuvé
nous aurions abreuvé
vous auriez abreuvé
ils/elles auraient abreuvé
Passé antérieur
j'eus abreuvé
tu eus abreuvé
il/elle eut abreuvé
nous eûmes abreuvé
vous eûtes abreuvé
ils/elles eurent abreuvé
Subjonctif passé
j'aie abreuvé
tu aies abreuvé
il/elle ait abreuvé
nous ayons abreuvé
vous ayez abreuvé
ils/elles aient abreuvé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse abreuvé
tu eusses abreuvé
il/elle eût abreuvé
nous eussions abreuvé
vous eussiez abreuvé
ils/elles eussent abreuvé

ABREUVER

(a-breu-vé) v. a.
Faire boire des animaux. Rivière où l'on a coutume d'abreuver les bestiaux. Les puits qu'ils avaient creusés pour abreuver leurs troupeaux.
On mena abreuver nos chevaux [SÉV., 155]
Faire boire abondamment quelqu'un. Il abreuva largement la compagnie. On l'abreuvait pour lui faire perdre la raison et s'emparer de lui.
Le cruel d'une main semblait m'ouvrir le flanc, Et de l'autre à longs traits m'abreuver de mon sang [CRÉB., Atrée, II, 2]
Mouiller, pénétrer d'eau, arroser. La terre est abreuvée. Ces prairies ont besoin d'être abreuvées. Le sol est abreuvé d'eau. Les cèdres qu'abreuve la rosée du ciel. Une grande abondance d'humeurs abreuve cette plaie ; il faut la dessécher.
Fig. Remplir, saturer. Abreuver quelqu'un d'outrages. On abreuve les alliés de dégoûts.
Tout le fiel.... Dont un amant fut jamais abreuvé [MALH., v, 27]
Tout le fiel dont on vous abreuva [BOURD., Pens. t. III, p. 362]
On dit aussi, dans un sens opposé, l'abreuver de joie.
En termes d'art, mettre sur un fond poreux une couche d'huile, d'encollage, de couleur ou de vernis pour en boucher les pores et en rendre la surface unie. Terme de tonnelier. Abreuver des tonneaux, les emplir d'eau pour s'assurer s'ils ne fuient point. En termes de marine, abreuver un vaisseau, y faire entrer de l'eau, avant de le lancer, pour voir s'il n'y a pas une voie d'eau.
S'abreuver, v. réfl. Les chevaux s'abreuvent ici. Après s'être abreuvé de vin S'abreuver largement.
Les puits où vont le soir s'abreuver nos troupeaux [DUCIS, Abuf. I, 5]
Être humecté. La terre s'abreuve des pluies fécondantes. Le sol de la Grèce devait s'abreuver de sang. La javeline s'abreuve de leur sang.
Fig. S'abreuver de larmes. Il s'abreuva du sang de la république. Néron s'abreuva de sang. Il s'abreuve aux sources les plus pures de la science.
De son mortel poison tout courut s'abreuver [BOILEAU, Sat. XI]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Chascuns des vins se fit plus digne Par sa bonté, par sa puissance, D'abevrer bien le roi de France [, Bat. des vins, Fabl. de Barb. 2e éd. t. II, p. 154]
    Li prudomme cui estoit cele fontaine, la fit aler por tout son champ pour lou abeuvrer [, L. de just. 27]
    Qu'il ne l'abeivre [la bête achetée] ne face abevrer la matinée, et après rendre la, se elle ne lui siet [, Ass. de Jér. I, 213]
    En un lit tout seul [elle] les coucoit [couchait les deux enfants], Andeux [tous deux] paissoit et abevroit [, Fl. et Bl. 195]
    Et pour bien faire en ceste poine, Au souverain bien [la sagesse] la [l'âme] ramoine, Dont jonesse la dessevroit, Qui de vanités l'abevroit [, la Rose, 4558]
    Et qu'il devra estre abevrés, Dès ains neïs qu'il soit sevrés.... [, ib. 10665]
    Tous les en aboivre à ses mains, Mès les uns plus, les autres mains [moins] [, ib. 6849]
    Je euz fain, vous me saoulastes, Et si euz soif, vous m'abruvastes [J. DE MEUNG, Tr. 1418]
  • XIVe s.
    Et si n'ara chascuns, tant qu'il porra durer, Qu'un soel pain de fourment tous les jours à disner, Et un lot d'iawe aussi pour son corpz abuvrer [, Baud. de Seb. IX, 568]
  • XVe s.
    Le duc de Bretagne suivit l'opinion du roi de France moult legerement, car il estoit, du temps passé, si abeuvré de l'information de son cousin le duc de Flandre, pour la rebellion de l'Eglise, que son cœur ne s'inclina onques à croire Clement pape [FROISS., III, IV, 36]
  • XVIe s.
    Puis en passant au milieu de la plaine, De grans ruisseaux de sang s'abrevera [MAROT, IV, 322]
    Quand les plis de leurs hoquetons furent abbreuvés d'eau, ils les chargerent encore plus [AMYOT, Timol. 38]
    Les Romains sortiz pour aller au fourrage ou pour abbreuver leurs chevaulx [ID., Ant. 50]
    Chascun en ayant esté abbruvé cent fois [d'un récit] [MONT., I, 35]
    Les premiers discours, de quoi on lui doibt abruver l'entendement.... [MONT., I, 172]
    Toutes leurs idoles s'abruvent de sang humain [ID., I, 229]
    Son esponge estoit abruvée de diverses peintures [ID., I, 254]
    La sotte imagination dont leur maistre des sentences les a abbruvez leur a perverti l'entendement [CALV., Inst. 1128]
    Quand on viendroit abreuver la mule sus laquelle montoit sa femme... [DES PÉRIERS, Cont. 92]
    Encor que tout fust conduit secretement au possible, si est-ce que chacun en fut abreuvé [informé] [YVER, 562]
    Fol est qui se met en enqueste ; car le plus souvent qui mieux abreuve [ses témoins], mieux preuve [LOYSEL, 770]

ÉTYMOLOGIE

  • Wall. abuvrer, abovrer ; picard, abruvrer ; provenç. abeurar ; espagn. abrevar ; ital. abbeverare ; bas-lat. abeverare, abebrare ; de ad, indiquant la direction de l'action, et bibere, boire (voy. BOIRE). L'ancien français est abeuvrer, sauf de rares exceptions, plus près de l'étymologie ; c'est au XVIe s. que l'r s'est déplacée définitivement et qu'on a dit abreuver.

abreuver

ABREUVER. v. tr. Faire boire. Dans ce sens, il ne se dit proprement qu'en parlant des bêtes, et particulièrement des chevaux. Abreuvez ces chevaux. C'est dans cette mare que les bestiaux du village s'abreuvent.

Il se dit aussi en parlant des Personnes, et ordinairement par plaisanterie. Vous nous avez bien abreuvés. J'ai abreuvé toute la troupe. Il s'abreuve d'excellent vin.

Fig., La pluie a bien abreuvé les terres, Elle les a bien pénétrées, bien humectées. On dit aussi Ces prairies, ces plantes ont besoin d'être abreuvées, Il faut qu'on les arrose.

Fig., Abreuver quelqu'un de chagrins, de dégoûts. Abreuver de douleurs, d'ennuis, d'humiliations, d'amertume. S'abreuver de larmes. S'abreuver de fiel. Un homme abreuvé de fiel et de haine.

Abreuver des tonneaux, des cuves, Les remplir d'eau pour en faire gonfler le bois afin qu'ils ne coulent point.

En termes d'Arts, il signifie Mettre sur un fond poreux une couche d'huile, d'encollage, de couleur ou de vernis, pour en boucher les pores et en rendre la surface unie.

abreuver


ABREUVER, v. a. [A-breu-vé; 3e. é fer. eu n'est qu'une syllabe; tout bref: on écrivait autrefois abbreuver, avec deux b.] Dans le sens de faire boire, on ne le dit que des bêtes. — Il se dit plus ordinairement de l'effet de la pluie, quand elle pénètre la terre.
   * Rem. La Touche prétend qu'on écrit et qu'on prononce abruver: il se trompe. Il se plaint que l'Académie ne distingue point l'usage de ce mot au figuré; & cite pour exemple cette phrase: tout le monde est abreuvé, ou, comme il écrit, abruvé de cette nouvelle; mais il remarque avec raison, que cela n'est que du style familier. Dans la dern. Édit. de son Dictionaire, l'Académie a inséré cette phrase. — Abreuver est même actif en ce sens et avec ce régime: on dit abreuver une persone d'une nouvelle, d'une opinion.
   S'ABREUVER est beau au figuré: "Elle ne se repaît que de ses maux; elle ne s'abreuve que de ses larmes. Jer. Dél. — * Rouss. substîtuë dans à de, mal-à-propos, à ce que je crois.
   Abreuvez-vous dans le sang de vos frères.
   C'est le régime de se baigner. On dit, s'abreuver de, et se baigner dans.

Synonymes et Contraires

abreuver

verbe abreuver
1.  Faire boire des animaux.
2.  Donner à satiété.
Traductions

abreuver

überschütten, benetzen, beregnen, berieseln, bewässern, mit Wasser begießen, wässern

abreuver

הגמיא (הפעיל), הושקה (הופעל), המטיר (הפעיל), הרווה (פעיל), השקה (הפעיל)

abreuver

begiet

abreuver

regar

abreuver

akvumi, irigacii, malseketigi, superŝuti, trinkigi

abreuver

öntöz

abreuver

veita vatni á, vökva

abreuver

[abʀœve] vt
[+ bétail] → to water
(fig) abreuver qn de [+ injures] → to shower sb with; [+ informations] → to swamp sb with [abʀœve] vpr/vi
[bétail] → to drink
(fig) s'abreuver de [+ bière, beaujolais] → to swill down
s'abreuver de lectures → to be a voracious reader
s'abreuver de télévision → to watch a lot of TV
Elle s'abreuve de littérature américaine → She's a voracious reader of American literature.
Nous nous abreuvions de feuilletons américains → We watch a lot of American soaps.