absent, ente

ABSENT, ENTE

(a-bsan, san-t', ou, suivant la prononciation réelle, a-psan) adj.
Qui n'est pas présent. Être absent. Absent par congé. Vous avez été longtemps absent.
C'est donc ainsi qu'absent vous m'avez obéi [MOL., Éc. des f. II, 2]
Absent comme présent, il voyait le fond des cœurs [BOURD., Pensées, t. III, p. 381]
Faut-il l'exhorter beaucoup et le solliciter de penser à la personne dont il est épris ? que dis-je, peut-il même n'y penser pas et l'oublier ? Tout absente qu'elle est, il ne la perd, en quelque manière, jamais de vue, et elle lui est toujours présente [ID., t. II, p. 52]
Présente, je vous fuis ; absente, je vous trouve [RAC., Ph. II, 2]
Avec de et un nom de lieu. Absent de Paris. Il est depuis longtemps absent de chez lui.
Absente de la cour, je n'ai pas dû penser, Seigneur, qu'en l'art de feindre il fallût m'exercer [RAC., Brit. II, 3]
De ce même rivage absent depuis un mois [ID., Iph. II, 1]
Avec de et un nom de personne.
Quand j'ai été absent de Camille, je veux lui rendre compte de ce que j'ai pu voir [MONTESQ., Temple de Gnide, 5]
être absent de quelqu'un [VOIT., II, 168]
Tant de jours ennuyeux, Que je m'en vais passer absent de vos beaux yeux [MONTREUIL, II, 71]
Et qu'un rival absent de vos divins appas [MOL., D. Garcie, I, 3]
Absent de vous, je vous vois, vous entends [FONTEN., X, 468]
En parlant des choses. Les choses absentes sortent de la mémoire. La fausseté des plaisirs présents et l'ignorance des plaisirs absents.
Distrait, inattentif. Son esprit est parfois absent.
Subst. Souvenez-vous d'un absent. Défendre les absents. Mesdames, ne parlez pas mal d'une absente, des absentes.
Et ce vieux droit d'aînesse est souvent si puissant Que, pour remplir un trône, il rappelle un absent [CORN., Nic. IV, 3]
En termes de droit, se dit des personnes absentes dont on n'a point reçu de nouvelles depuis un certain temps et dont on ne connaît pas la résidence actuelle.
Proverbe. Les absents ont tort, on néglige les intérêts des personnes absentes. Absent ne se met qu'après son substantif.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Ils n'estoient pas absens pour creinte [BERCHEURE, f. 36]
  • XVIe s.
    Nul heur, nul bien ne me contente, Absent de ma divinité [FRANÇOIS I, ]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. absens ; catal. absent ; espagn. ausente ; ital. assente ; de absens, de abs, indiquant éloignement, et de ens, étant, participe inusité du verbe sum, je suis (voy. ESSENCE).