aiguillon

(Mot repris de aiguillons)

aiguillon

[ egɥijɔ̃] n.m.
1. Dard de certains insectes (abeille, guêpe, etc.).
2. Long bâton muni d'une pointe de fer qui servait à mener les bœufs.
3. Fig., litt. Ce qui incite à l'action : Cette O.N.G. est un aiguillon pour divers gouvernements

aiguillon

(egɥijɔ̃)
nom masculin
1. dard de certains insectes l'aiguillon de l'abeille
2. bâton dont on se sert pour piquer les bœufs utiliser un aiguillon pour faire avancer les bœufs
3. figuré ce qui incite à l'action, ce qui stimule L'amour est l'aiguillon de la vie.

AIGUILLON

(è-güi-llon, ll mouillées, et non è-güiyon. Dans le XVIe s. on prononçait la syllabe gui comme aujourd'hui, c'est-à-dire en diphthongue, ainsi que dans huile ; voy. Palsgrave, p. 16. Au contraire un dictionnaire du XVIIIe s. donne la prononciation è-ghi-llon. Maintenant la prononciation è-güillon est la seule bonne) s. m.
Pointe de fer fixée à un long bâton, et dont on se sert pour piquer les bœufs. Faire sentir l'aiguillon.
Un dieu qui d'aiguillons pressait leurs flancs poudreux [RAC., Phèd. V, 6]
Espèce de dard rétractile, par lequel se termine le dernier anneau de l'abdomen chez quelques insectes. Laisser son aiguillon dans la piqûre.
Fig. L'aiguillon de la douleur.
Toutes ces choses qui auraient dû nourrir mes peines en émoussaient au contraire l'aiguillon [CHATEAUB., René, 212]
Les douleurs n'étaient que les aiguillons de votre corruption [MASS., Affl.]
Paul sent au dedans l'aiguillon honteux de Satan qui l'humilie [ID., Resp.]
Tout ce qui excite à faire quelque chose.
Proximité de la mort, qu'il s'est efforcé, pour ainsi dire, de nous faire sentir comme l'aiguillon le plus vif et le plus capable de nous piquer [BOURD., Carême, t. I, p. 38]
Nul aiguillon divin n'élève leur courage [RÉGNIER, Sat. IX]
Ces bruits furent un aiguillon pour la gloire [HAMILT., Gramm. 11]
Les enfants de Port-Royal auxquels on ne donne point cet aiguillon d'envie et de gloire tombent dans la nonchalance [PASC., édit. Cous.]
Dans la langue de l'Écriture, l'aiguillon de la chair, les tentations de la chair.
Terme de botanique. Piquant qui adhère à l'écorce. Il ne faut pas confondre les aiguillons avec les épines ; l'aiguillon ne tient qu'à l'épiderme ; l'épine se continue intérieurement avec le corps ligneux de la tige.
Terme de chasse. Il se dit de la pointe qui termine les fumées ou fientes des bêtes fauves.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Kar rebuchié furent lur hustilz de fer, les uns e les altres, jesque à l'aguillon [, Rois, 44]
    Et por ce ke chascuns, combien que il unkes ait en ceste vie esploitiet, sent encore l'aguilhon de sa corruption [, Job, 483]
    Li cuers espris des aguilhons de sa iror fremist, li cors tremble.... [, ib. 514]
  • XIIIe s.
    Vencu l'aguillon de la mort [, Psautier, B. M. 258, f° 191]
    Cil point l'asne de l'aguillon Par derriere sur le crespon, Des esperons le destraingnoit, Et du chevestre le feroit [, Ren. 221]
  • XVIe s.
    Il aimoit uniquement les saucisses.... les harengs saurs, et tous semblables aiguillons à vin [DESPER., Contes, LXXIX]
    Par l'aiguillon du plaisir [PARÉ, XVIII, 1]

ÉTYMOLOGIE

  • Genev. avouillon ; wallon, awion ; rouchi, èwiglion ; Berry, agullon ; provenç. agulion ; catal. agulló ; espagn. agujon ; ital. aguglione ; d'une forme non latine aculeonem, régime d'aculeo, augmentatif d'aculeus, de même radical que acutus, piquant, qui lui-même est dérivé de acus, aiguille (voy. ce mot), avec un suffixe.

aiguillon

AIGUILLON. n. m. Pointe de fer qui est au bout d'un grand bâton et dont on se sert pour piquer les boeufs. L'aiguillon d'un bouvier. On pique les boeufs avec un aiguillon pour les faire marcher. Toucher avec l'aiguillon.

Il se dit, par extension, d'un Petit dard que les abeilles, les guêpes, les frelons et autres insectes portent à l'extrémité de l'abdomen. Les abeilles laissent ordinairement leur aiguillon dans la piqûre. Une piqûre d'aiguillon. La guêpe lui donna un coup d'aiguillon.

Il se dit figurément de Tout ce qui incite à quelque chose. La gloire est un aiguillon, un puissant aiguillon. Sous l'aiguillon de la nécessité. L'intérêt est le seul aiguillon qui puisse le faire agir. En termes d'Écriture sainte, L'aiguillon de la chair, Les tentations de la chair.

En termes de Botanique, il se dit des Piquants qui adhèrent seulement à l'écorce, tels que ceux de l'acacia, du rosier, de la ronce, etc.; par opposition à Épine. Aiguillons droits, crochus, simples, ramifiés, etc.

aiguillon

Aiguillon, m. acut. Vient de Aculeus Latin, et se prend ores pour cette pointe de fer fichée au bout d'une gaule, dont usent les picqueboeufs: et ores pour le picquon des mousches guespes, Et par translation, pour tout motif violent, qui nous incite avec aigreur à quelque chose.

aiguillon


AIGUILLON, s. m. [Pron. égu-glion, et non pas éghi-glion, comme on le dit dans le Dict. Gramm.] Au propre, bâton ferré et pointu, qui sert à piquer les boeufs. — Petit piquant des mouches, abeilles, guêpes, etc. = Au figuré, tout ce qui sert à encourager, à exciter, "L'aiguillon des abeilles; la colère lui servait d'aiguillon. "Si Racine, dans quelques-unes de ses Préfaces, a fait sentir l'aiguillon à ses critiques, il l'a fait avec la sagesse d'un homme poli, et avec la discrétion d'un courtisan. Gr. Hom. vengés.

Traductions

aiguillon

goad, spur, sting

aiguillon

[egɥijɔ̃] nm
[abeille] → sting
(fig)spur, stimulus