aise

1. aise

n.f. [ lat. adjacens, situé auprès ]
1. (Dans des loc.) État moral et physique d'une personne que rien n'incommode ni ne contrarie.
À l'aise,
dans une situation financière prospère : Ses droits d'auteur lui permettent de vivre à l'aise
dans l'aisance
À l'aise, à mon, ton, son aise,
sans gêne ni contrainte : Je suis à l'aise ou à mon aise dans ces vieux vêtements. Elle est à l'aise dans tous les milieux
emprunté, gauche : Mettez-vous à votre aise
ne soyez pas intimidé, installez-vous confortablement
En prendre à son aise,
agir avec désinvolture.
Mal à l'aise ou mal à son aise,
avec un sentiment de gêne : Être ou se sentir mal à son aise. Une ambiance qui met mal à l'aise.
2. (Dans des loc.) Sentiment de contentement, de plaisir.
D'aise,
de joie, de bonheur : Soupirer d'aise. Vous me comblez d'aise.

aises

n.f. pl.
Confort ; bien-être : Aimer ses aises.
Prendre ses aises,
s'installer confortablement sans se soucier de gêner les autres.

2. aise

adj. [ de 1. aise ]
Être bien, fort aise de, que,
Litt. être content, satisfait de, que : Ils étaient bien aises que vous soyez de retour. « Vous chantiez ? J'en suis fort aise / Eh bien ! dansez maintenant » [La Fontaine].

AISE

(ê-z') s. f.
Sentiment de bien-être et de contentement. Ils avaient toute l'aise que la situation comportait. L'aise est vive et peut se manifester par des mouvements du corps. Tressaillir d'aise.
Saint Jean l'entend et il saute d'aise [BOSSUET, II, Visit. 1]
Ce pêcheur d'aise tout transporté [CORN., D. Sanc. V, 8]
Vous le pardonnerez à l'aise de vous voir [ID., le Ment. I, 5]
L'aise de voir la terre à son pouvoir soumise [ID., Pomp. III, 1]
Ne dois-je point encore en témoigner de l'aise ? [ID., Médée, I, 5]
En l'aise de la victoire Rien n'est si doux que la gloire [MALH., II, 2]
Aime.... maintenant l'aise de nos yeux [ID., II, 8]
Sans jamais en son aise un mal-aise éprouver [ID., I, 4]
Prince, l'aise et l'amour des âmes et des yeux [RACAN, Sonnet.]
État commode et agréable, liberté. Il est à son aise partout, comme s'il était chez lui.
J'étais là bien à mon aise pour mentir [CHATEAUB., Itin. 209]
Je me trouve fort à mon aise toute seule [SÉV., 222]
Il est bien à son aise quand il est avec elle [ID., 580]
Que j'en ai de vous voir belle et bien à votre aise [RÉGNIER, Sat. XII]
Voilà les ecclésiastiques bien à leur aise [PASC., Prov. 6]
À votre aise, elliptiquement, à votre commodité, quand vous voudrez. Être mal à son aise, être indisposé.
J'étais mal à mon aise [SÉV., 359]
Quand l'enfant pleure, il est mal à son aise [J. J. ROUSS., Ém. I]
Être mal à son aise, être embarrassé. Devant lui il était mal à son aise.
Mettre quelqu'un à son aise, l'encourager, dissiper sa timidité.
Le prêtre l'écoutait, le mettait à son aise [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Se mettre à son aise, pousser la familiarité jusqu'à l'oubli des convenances. Il se met à son aise partout, et nulle considération ne le gêne.
Familièrement. N'en prendre qu'à son aise, travailler en son temps, ne faire que ce qui plaît.
En parler à son aise, discourir de sang-froid des choses au succès desquelles on n'est pas intéressé.
Vous en parlez bien à votre aise [PASC., Prov. 2]
Vous en parlez bien à l'aise [MOL., Fem. sav. II, 9]
À votre aise vous en parlez [ID., Prol. Amph.]
Ce missionnaire fait son métier, il en parle bien à son aise [FLÉCH., Serm. II, 208]
Elle lui dit qu'il en parlait fort à son aise [HAMILT., Gramm. 10]
Être, vivre à son aise, être dans une situation de fortune modeste, mais heureuse.
Des louanges toutes pures ne mettent pas un homme à son aise [MOL., le Bourg. G. I, 1]
On ne vaut et l'on n'est heureux qu'autant qu'on se voit à son aise et bien pourvu [BOURD., Exhort. t. I, p. 465]
L'argent est rare, c'est pour cela que les paysans sont à leur aise [J. J. ROUSS., Hél. I, 23]
Celui qui travaille est aussi à son aise que celui qui a cent écus de revenu sans travailler [MONTESQ., Esp. XXIII, 29]
Voilà un homme bien riche, bien à son aise [SÉV., 608]
Ceux qui sont mal à leur aise [PASC., Prov. 8]
Il n'est malade que de trop d'aise, se dit d'un homme riche qui a de fréquentes incommodités.
Paix et aise, doucement, commodément. Il n'a pas un grand bien, mais il vit chez lui paix et aise (vieux dans cette construction). Je ne demande que paix et aise.
S. f. plur. Les commodités de la vie.
Dieu se contente de vous priver d'une partie de vos aises [FLÉCH., Serm. II, 203]
Les petites règles qu'il s'est faites et qui tendent toutes aux aises de sa personne [LA BRUY., II, 45]
Elle nous prive du commode, c'est-à-dire des aises de la vie qui, quoique absolument permises, ne laissent pas de fomenter la rébellion de la chair [BOURD., Carême, t. I, p. 86]
À l'aise, loc. adv. Commodément, librement.
Qu'on est assis à l'aise aux sermons de Cottin [BOILEAU, Sat. IX]
Celui qui n'a de partage avec ses frères que pour vivre à l'aise bon patricien, veut être officier [LA BRUY., 6]
Mettre à l'aise, donner de l'espace. Les spectateurs étaient fort serrés ; on les mit à l'aise avec des bancs qu'on apporta. Fig. L'expédient pour rendre intelligible un auteur si concis et étroitement enveloppé dans son style, c'est de mettre ses pensées plus à l'aise dans une juste étendue de discours. À son bel aise, loc. adv. À son aise.
À son bel aise aura lieu de s'instruire [LA FONT., Mazet.]
La Fontaine a fait ici aise du masculin ; aise en effet a été longtemps d'un genre indécis ; mais aujourd'hui il est fixé au féminin ; et il ne faudrait pas employer cette locution de La Fontaine.

REMARQUE

  • Locution vicieuse : On ne peut pas avoir tous ses aises ; dites : on ne peut pas avoir toutes ses aises.

SYNONYME

  • AISES, COMMODITÉS. Les aises disent quelque chose de voluptueux et qui tient de la mollesse. Les commodités expriment quelque chose qui facilite les opérations ou la satisfaction des besoins, et qui tient de l'opulence. Les gens délicats et valétudinaires aiment leurs aises. Les personnes de goût, et qui s'occupent, recherchent leurs commodités, GUIZOT.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Car qui a à la gloire celestial partir, Li covient estre el cors à les eises fuïr, Ensi cum sainz Polz dict.... [, Th. le Mart. 79]
    Jamais [nous] n'aurons tel aise [facilité] de nos hontes vengier [, Sax. VI]
  • XIIIe s.
    Lors furent li nostre mout à aise et mout riche [VILLEH., CXXXII]
  • XVe s.
    L'aise que j'ay, dire je ne sauroye [CH. D'ORL., Bal. 38]
    En ce mortel monde ne faut y prendre ses aises ni constituer sa fin [AL. CHARTIER, Consolation des trois vertus.]
    Et ainsi qu'ils venoient [les Écossais], ils se logeoient à l'usage de leur pays, et n'avoient pas tous leurs aises [FROISS., II, II, 235]
    C'est un mol chevalier qui ne veut autre chose que ses aises, de boire et de manger et de aloer le sien follement [ID., II, III, 12]
    Je le remercie grandement des beaux presens qu'il m'a presentés ; mais ce n'est mie l'aise ni la paix du roi d'Angleterre, monseigneur, que je les retienne [FROISS., I, I, 300]
    Pour avoir l'aise de eux et de leurs chevaux [ID., II, II, 3]
    Le roy d'Angleterre lequel aymoit fort ses aises et ses plaisirs [COMM., IV, 3]
    Et prierent le dit Anthoine qu'il se parteist de leur escot et les laissast à leur privé et faire leur aise [DU CANGE, aisamenta.]
  • XVIe s.
    Ne pleurons plus si ce n'est de grand'aise, Puis qu'en vers nous l'ire de Dieu s'appaise, Tant nous aymant, que de mortel mesaise Tire le roy [MAROT, II, 272]
    Et de ma part, tant pour vostre aise que pour la nostre, il vous en prie autant que luy est possible [MARG., Lett. 1]
    Je sens vostre aise tel pour avoir Mme la Mareschale avecques vous, qu'il ne vous souvient de vos amys [ID., ib. 2]
    Là, assis à nos aises, chacun dira quelque histoire [MARG., Nouv. Préface]
    Vous en parlez bien à votre aise ; mais.... [ID., Nouv. 18]
    Elle vequit longtemps, par sa finesse fort à son aise ; - c'est un aise bien malheureux, dit Oisille, quand il est fondé sur le peché [ID., ib. XXXIX.]
    Se mettre à son ayse [MONT., I, 8]
    L'ame doibt faire luire jusques au dehors son repos et son aise [ID., I, 175]
    Les sœurs de Pernette estoient jalouses de son aise, et de ce qu'elle marchait la première [DESPER., Contes, CXXIX]
    Puis l'ayant prié de prendre son aise [de s'asseoir], commencerent à deviser de diverses choses [YVER, p. 638]
    Le reste de l'armée eut tout loisir de marcher à son aise jusques là [AMYOT, Fab. 17]
    Ceste nouvelle joye survenue par dessus l'aise de la victoire.... [ID., Marius, 38]

ÉTYMOLOGIE

  • Bressan, éso ; franc-comtois, aze ; bourguign. ase ; wallon, âhe ; namurois, auje ; provenç. ais ; anc. ital. asio ; ital. mod. agio ; anc. catal. aise ; portug. azo ; angl. ease ; anglo-sax. âdhe, eadhe, facile ; vieux sax. ôdhi, ôthi, facile ; gaél. âthais, adhais, aise ; corn. aizia, mettre à l'aise ; bas-bret. éaz, ez, aisé. Mot d'origine incertaine. On l'a rattaché au gothique azêts, aisé. Quant au basque, aisia, aisina, il paraît venir du provençal et non en être l'origine. En somme, il y a dans l'allemand et dans le celtique une racine adh, az, ais, qui est sans doute la source du mot roman.

AISE

(ê-z') adj.
Qui a de l'aise, qui est content. Combien il sera aise, en apprenant cette nouvelle ! Je suis aise que vous ayez réussi. Cela me rend fort aise.
On peut juger si Camille était aise [LA FONT., Court.]
Elle était aise de parler à quelqu'un [SÉV., 12]
Elle ne pouvait rien promettre qui me fit si aise [VOIT., Let. 56]
Ce que vous me dites me fait aise [MOL., Fest. II, 2]
Votre lettre me trouvera bien sain et me fera bien aise [P. L. COUR., Lett. I, 27]
Elle en sort plus aise de s'être acquittée d'un devoir onéreux où elle n'a trouvé rien de plus consolant que le plaisir de le voir finir [MASS., Car. Chute, Tiédeur.]
Cette joie d'un père toujours aise de voir ses enfants [ID., Conf. Zèle pour les âmes.]
Aussi aise d'être employé aux ministères les plus obscurs qu'aux plus éclatants [ID., Conf. Vices.]
Je suis bien aise d'apprendre cela [MOL., Scapin, II, 5]
Je suis bien aise de cette rencontre [ID., Mar. f. 2]
J'ai voulu vous parler en secret d'une affaire, Et suis bien aise ici qu'aucun ne nous éclaire [ID., Tart. III, 3]
Mais vous seriez pour lui fort aise d'obéir [CORN., Agésil. II, 7]
Je serai fort aise de vous dépeindre ce pays [FÉN., Tél. VIII]
Vous serez bien aise de recevoir Nestor [ID., ib. XX]
On fut aise de le visiter, avant que la cour y vienne [SÉV., 295]
Je suis aise que, veut le subjonctif : Il est bien aise que vous lui ayez écrit.

SYNONYME

  • AISE, CONTENT. On donne aussi ravi comme synonyme ; mais ravi est un terme d'une bien plus grande énergie et sur lequel personne ne peut se tromper. Aise et content expriment tous deux un état qui affecte l'âme agréablement ; mais on aura une idée de la nuance qui les sépare en comparant ces deux exemples : Je suis content de mon sort ; je suis aise de mon sort ; le premier signifie que mon sort me satisfait et que je ne désire rien de plus ; le second signifie que mon sort me cause un sentiment de bien-être qui dépasse le contentement. Là est la distinction entre les deux termes, qui se manifeste aussi dans cette phrase : Je suis aise que vous soyez content de moi.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Or est ele mout aise, mais tost sera dolente [, Berte, X]
    Je ne sui pas si aise com le poisson qui noe [nage] [, ib. XXXIII]
    Et mais [elle] ne sera aise de ci qu'aura seü Se c'est Berte sa fille [, ib. CXXIII]
    Je vous di que soiés tout aese, que vostre estat plet miex à nostre seigneur en ce cas que ne fait le mien [JOINV., 198]
  • XVe s.
    Comment ils pourroient faire pont pour passer cette riviere et les crolieres [fondrières] plus aise et plus seurement [FROISS., J, I, 133]
    Et la tint toute aise selon son estat [le sire d'Aubrecicourt qui reçut la reine Isabelle] [ID., I, I, 12]
    Et si en mourray plus aise [si vous accomplissez mon vœu] [ID., I, I, 47]
    Un souper est tantost passé, vous serez demain plus aise [mieux traité] [LOUIS XI, Nouv. XCIX]
  • XVIe s.
    Des tristes tristeur destournoit, Et l'homme aise en aise tenoit [MAROT, III, 232]
    La bonne comtesse a esté très aise de veoir que le roy se porte bien [MARG., Lett. 38]
    Je suis bien aise que vous estes de mon opinion [ID., Nouv. LXX.]
    Auguste fut bien ayse d'avoir trouvé un.... [MONT., I, 129]
    Ceux là sont pleins et ayses [riches] qui peuvent non pas seulement entretenir leur maison, mais encores la combler de reserves [LA BOËTIE, 199]
    Les uns bien aises de son malheur [AMYOT, Timol. 20]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. ais (voy. AISE, s. f.).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • AISE. - ÉTYM. Ajoutez : M. Bugge (Romania, juill.-oct. 1875, p. 349) propose pour étymologie de ce mot d'origine obscure le latin ansa, anse, poignée, prise : " Asa, latin vulgaire, voy. Appendix Probi dans KEIL, Gramm. lat. IV, 198, 9 : ansa, non asa.... Le mot latin a aussi la notion de facilité, d'occasion, par ex. Plaute, Persa, IV, 4, 121 : quaerere ansam ut infectum faciat. Dans cette acception figurative, les langues romanes n'emploient pas le primitif ansa, mais un dérivé asium, féminin asia. Asium, asia est dérivé de asa, ansa, à l'aide du suffixe io, ia ; comparez le lat praesepium, de praesepe, occipitium, de occiput, etc.... Dans l'exemple : Jamais n'aurons tel aise de nos hontes vengier (XIIe s.), le sens du vieux français aise correspond à l'acception figurative du lat. ansa ; et de même le provençal aisina a la notion de facilité, d'occasion. M. Darmesteter a prouvé que le français aise avait signifié espace vide aux côtés de quelqu'un ; d'où les expressions être aux aises de quelqu'un, c'est-à-dire à côté de lui ; être à son aise, proprement avoir de la place pour remuer les bras (voy. Romania, I, 157). "

aise

AISE. n. f. Sentiment de joie, de plaisir, causé par la présence, par la possession d'un bien. Tressaillir d'aise. Être transporté d'aise. Être ravi d'aise. Il ne se sent pas d'aise.

Il signifie aussi État commode et agréable. Être à son aise, bien à son aise. Vous êtes là bien à votre aise. Se mettre à son aise. Travailler à son aise. Je ferai cela à mon aise.

Par ellipse, À votre aise, À votre commodité quand vous voudrez.

Être à son aise, vivre à son aise, être fort à l'aise, Être dans l'abondance selon sa condition.

Être mal à son aise, Se sentir indisposé.

Fig., Mettre quelqu'un à son aise, L'encourager, empêcher qu'il n'ait de la timidité ou de l'embarras, faire qu'il soit dans un état de liberté et de familiarité. Mettre les gens à leur aise. Je le craignais, mais il m'a mis promptement à mon aise par la franchise de ses discours. Je n'osais vous parler de cela, mais vous me mettez à mon aise en m'en parlant le premier. On dit de même C'est un homme agréable et commode, avec qui on est toujours à son aise.

Fam., Se mettre à son aise signifie quelquefois Manquer aux convenances, en user avec trop de liberté, de familiarité.

Fam., N'en prendre qu'à son aise, Ne faire que ce qui plaît, sans se gêner, sans se fatiguer.

Fam., Vous en parlez bien à votre aise, se dit d'une Personne qui donne quelque conseil difficile à pratiquer et qu'elle n'est pas obligée de suivre, ou qui parle avec sang-froid des misères et des douleurs qu'elle n'éprouve pas.

Paix et aise, Une vie tranquille, sans contrainte et sans soins. Je ne demande que paix et aise. Il s'emploie aussi adverbialement. Il vit chez lui paix et aise.

AISES se dit au pluriel pour signifier les Commodités de la vie. Aimer ses aises. Chercher ses aises. Prendre ses aises. On n'a pas toutes ses aises en ce monde.

À L'AISE, loc. adv. Commodément, sans peine. On est fort à l'aise dans ce fauteuil. Il tient six personnes à l'aise dans cette voiture. Cette ville n'est pas éloignée, on y va à l'aise dans un jour. On dit aussi figurément, Être à l'aise dans un sujet, devant un public, etc.

On dit aussi, ironiquement, À votre aise, au sens de : Comme il vous plaira.

AISE s'emploie aussi comme adjectif et signifie Qui ressent de la joie. Que je suis aise de vous avoir rencontré! Je suis bien aise de vous voir en bonne santé. J'en suis très aise. J'en suis aise au dernier point. Que je suis aise de cette nouvelle! Nous en sommes bien aises. Elle en est fort aise. Elle est tout aise et tout heureuse d'avoir trouvé ce mari-là.

aisé

AISÉ, ÉE. adj. Qui se fait avec aise. Cela est aisé, bien aisé. C'est une chose aisée. Il n'y a rien de si aisé. Des moyens courts et aisés. Voilà le chemin le plus aisé. Une chose aisée à faire. Cela est aisé à trouver. Cela n'était pas aisé à trouver. Cet enfant est aisé à gouverner. Une lettre qui n'est pas aisée à lire. Il n'est pas aisé de bien écrire. Il est aisé de voir que cela le contrarie.

Cela vous est bien aisé à dire, Manière de parler qu'on emploie familièrement lorsqu'un homme donne quelque conseil difficile à pratiquer et qu'il n'est pas obligé de suivre.

Cet homme est aisé à vivre, Il est d'un commerce facile et doux.

Un habit aisé, des souliers aisés, Un habit, des souliers qu'on met facilement, où l'on est à l'aise. Ces souliers sont trop aisés, Ils sont trop larges, ils ne serrent pas assez le pied.

Une morale, une dévotion aisée, Une morale, une dévotion relâchée.

Avoir les manières aisées, Avoir des manières d'agir faciles, où il n'y a rien de contraint, rien de gêné. Avoir la conversation aisée, Avoir une conversation facile et agréable. Avoir l'esprit aisé, Imaginer, concevoir, s'expliquer facilement. Avoir un style aisé, Écrire d'une manière naturelle, claire, qui semble n'avoir point donné de peine. Des vers aisés, Des vers qui paraissent faits sans peine, qui ne sentent point le travail. On dit plus ordinairement Des vers faciles.

Une taille aisée, Une taille libre, dégagée. On dit dans le même sens Un air aisé.

AISÉ signifie encore Qui vit à l'aise. Un bourgeois aisé. C'est un homme aisé, fort aisé. Il est aisé dans ses affaires.

aise

Aise, Voluptas, Semble qu'il vienne de iasis, id est, sanitas, primis literis transpositis. Hinc dicimus de eo qui non est plane sanus, Il est mal à son aise, Il est en mal aise, Il n'est point à son aise. Ou de aisios, Prosper, Fortunatus.

Estre fort aise en son mesnage, Facile agere.

J'en suis bien aise, Bene factum.

J'en suis bien aise et sans fascherie, Bene mihi est.

Dequoy je suis bien aise, Me perlubente.

Qui est à son aise, Otiosus.

Estre assis à son aise, Placide accubare.

Tu es à ton aise, Bene tibi est.

Nous sommes un peu plus à nostre aise, Nos commodius agimus.

Mettre à l'aise, Otium facere.

Il prend ses aises, Indulget genio.

Se tenir bien aise, Procurare se. B. ex Plaut.

Vivre à son aise, Bene viuere atque fortunate.

Je vis plus à mon aise, Viuo facilius.

Pourveu que à ton aise, ou bonnement tu le puisses faire, Quod commode facere possis.

Ne te fay-je pas bien aise? Ecquid beo te? B. ex Terent.

aise


AISE, pénult. longue, è moy. [Èze.] Braise, fournaise, qu'il plaise, etc. D'OLIV.

aise


AISE, s. f. [Èze, 1re. è moy. et long, 2e e muet.] Le genre de ce mot est incertain au singulier: on ne l'unit qu'avec des pronoms, dont on ne peut distinguer le genre par la terminaison, à son aise, à votre aise. Au pluriel, l'usage le plus autorisé le fait fem. prendre toutes ses aises. L'Acad. ne lui done que ce genre. — 1°. Contentement: "être ravi d'aise, transporté d'aise, ne pas se sentir d'aise. "Je ne me sens pas d'aise. Gresset. — * Dans l'Année Littéraire on dit, se pâmer d'aise. "J. J. Rousseau se pâme d'aise en songeant aux petites buvettes qu'il faisoit. On dit ordinairement se pâmer de joie; mais je ne voudrais pas condamner se pâmer d'aise, quoique l'Acad. ne le mette pas. = 2°. Commodité, état commode et agréable; être, se mettre, travailler à son aise; vivre, être à son aise, dans l'aisance. — Il n'est malade que de trop d'aise. — Avoir ses aises, chercher ses aises. — Mettre quelqu'un à son aise, lui ôter la gêne qu'il pourrait avoir. "Allons je vous crois, et cela me met à mon aise. Th. d'Éduc. = On dit à un homme, qui donne des conseils pour des chôses difficiles, ou qui étant content et à son aise, nous exhorte à prendre patience dans nos malheurs: "vous en parlez bien à votre aise.
   À~ L'AISE, adv. Aisément, commodément, sans peine.
   AISE, adj. Qui est content. Être aise, être bien aise, régissent l'ablatif des noms: que je suis aise de cette bone nouvelle; et pour les verbes de et l'infinitif, ou que avec le subjonctif. Le 1er. se met quand le verbe régi se raporte au sujet de la phrâse, (au nominatif) et l'autre quand il ne s'y raporte pas. "Je suis aise de vous voir; je suis fort aise, ou bien aise que vous soyez venu. * Leibnitz met l'indicatif: "Je suis bien aise que ce livre ne vous a pas déplu. Il fallait, ne vous ait pas déplu. — Cette faute est bien pardonable à un étranger, qui dailleurs écrivait plus correctement en notre langue que plusieurs Auteurs français de son temps, et même du nôtre.

aisé


AISÉ, ÉE, adj. [Ézé, é-e, 2 é fer. Il est long à la 2de. du 2d.] 1°. Facile "Cela est aisé. Il régit la prép. à: aisé à faire; et quand il est avec le verbe être impersonel, la prép. de: il est aisé de le faire. * Le P. Sicard met dans le 1er. cas de au lieu de à: "C'est ce qui est aisé de reconoître par les vestiges qui en restent. Il fallait ce qui est aisé à reconoître, ou ce qu'il est aisé de reconoître. — Le P. Daniel, au contraire, met dans le 2d. cas à pour de: "Plus la matiere sera débrouillée, plus il sera aisé à faire notre parallèle. Il fallait, plus il sera aisé de faire notre parallèle, ou bien, plus notre parallèle sera aisé à faire. = 2°. Commode: "Voiture aisée. Dévotion aisée, relâchée. = 3°. Exempt de contrainte, de gêne: manières aisées, conversation aisée; esprit aisé, facile; style aisé, naturel, clair: Coulant; vers aisés, qui paraissent faits sans peine, qui ne sentent point le travail. Ce sont ordinairement les plus travaillés. = 4°. Libre, dégagé: "air aisé, taille aisée. = 5°. Riche, à son aise: "c'est un homme aisé. — En ce sens il est substantif, mais seulement au plur. et dans cette phrâse: "taxe des aisés, rôle des aisés.

Synonymes et Contraires

aise

nom féminin aise
Littéraire. Sentiment de bien-être.
Traductions

aise

gemak, blij, rust, tevreden, welbehagenease, comfort, convenienceagio (ɛz)
nom féminin
1. ne pas être gêné Il est à l'aise en toute circonstance.
faire en sorte que qqn ne soit pas gêné
2. enlever ses vêtements, s'installer confortablement

aise

[ɛz]
nf
(= confort) être à l'aise (physiquement) → to be comfortable
se mettre à l'aise → to make o.s. comfortable
(psychologique)ease
J'admire l'aise avec laquelle elle s'acquittait de son rôle → I admire the ease with which she carried out her role.
être mal à l'aise (= embarrassé) → to be uncomfortable
être mal à son aise → to be uncomfortable
Elle est à l'aise avec tout le monde → She's at ease with everybody.
être mal à l'aise → to be ill at ease
mettre qn à l'aise → to put sb at their ease
mettre qn mal à l'aise → to make sb feel ill at ease
en faire à son aise → to do as one likes
à votre aise → please yourself, just as you like
en prendre à son aise avec qch → to be free and easy with sth, to do as one likes with sth
(financière) être à l'aise (financièrement) → to be comfortably off
(= plaisir, contentement) → pleasure
frémir d'aise → to quiver with pleasure
adj
être bien aise de faire → to be delighted to do
être bien aise de qch → to be delighted with sth
être bien aise que → to be delighted that aises
nfpl
aimer ses aises → to like one's creature comforts, to like one's comforts
prendre ses aises → to make o.s. comfortable