aliénation

aliénation

n.f.
1. Dans le domaine juridique, transmission à autrui d'un bien ou d'un droit : Aliénation d'une propriété par donation, par vente.
2. En philosophie, état d'asservissement, de frustration où se trouve un individu soumis à des conditions de vie qui lui échappent.
Aliénation mentale,
Vieilli trouble mental entraînant une inaptitude à vivre en société

aliénation

(aljenasjɔ̃)
nom féminin
1. droit fait de céder un bien l'aliénation du patrimoine
2. sociol état de frustration l'aliénation de la liberté
3. psychologie trouble mental aliénation mentale

ALIÉNATION

(a-li-é-na-sion) s. f.
Vente, transport d'une propriété, d'un fonds.
Fig. Aliénation des esprits, aversion que des personnes ont les unes pour les autres.
Combien par là ne voit-on pas de mérites qui, par l'aliénation des cœurs ou par la contrariété des intérêts, bien loin d'activer la bienveillance et l'amour, excitent plutôt la jalousie et la haine [BOURD., Avent, 13]
Des commandements qui, pouvant être exécutés à l'instant même, auraient créé dans la France un déplorable état de choses, mis l'aliénation à la place de la confiance, et fait avorter toutes vos intentions généreuses [MIRAB., Collection, t. I, p. 327]
Ô corps mortel avec lequel je ne puis avoir ni guerre ni paix, parce qu'à chaque moment Il faut s'accorder, et à chaque moment il faut rompre ! ô inconcevable union, et aliénation non moins surprenante ! [BOSSUET, Pensées chrét. 37]
Aliénation d'esprit, aliénation mentale, égarement d'esprit, folie.
J'ai vu en elle de l'aliénation d'esprit [MOL., l'Am. méd. III, 6]
C'était une aliénation de sens, une maladie surnaturelle [BALZ., Socrate, disc. 3]
Absolument. Folie. On a dit que la colère est une courte aliénation.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Li rois, par ceste establison, jugea que les alienacions des clers fetes des fiez [fiefs] sanz la volenté le roi, fussent nules [, Liv. de just. 11]
  • XVIe s.
    Combien qu'ils aient une fois conferé ensemble, neanmoins il y avoit telle alienation, qu'ils s'en retournerent sans aucun accord [CALVIN, Inst. 208]
    Excusant sa confession sur l'alienation de son esprit, causée par le vin [YVER, p. 565]
    Alienation d'esprit, syncopes.... [PARÉ, VIII, 23]
    Ces hargnes et riottes engendrent de grandes alienations de voulentez entre les personnes [AMYOT, P. Aem. 7]
    Ptolomaeus adonc revenant comme d'une pasmoison ou d'une alienation d'entendement en son bon sens.... [ID., C. d'Utiq. 47]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. alienatio ; de alienationem, de alienare, aliéner.

aliénation

ALIÉNATION. n. f. Action d'aliéner un fonds. On l'emploie surtout en termes de Jurisprudence. Aliénation d'un domaine, d'une terre. Aliénation volontaire. Aliénation forcée.

Il signifie aussi Éloignement que des personnes ont les unes pour les autres. Aliénation des volontés, des esprits.

En termes de Médecine, Aliénation d'esprit, ou Aliénation mentale, Égarement d'esprit, folie.

alienation

Alienation, Distractio, Alienatio, Abalienatio.

Alienation d'entendement, Alienatio mentis.

aliénation


ALIÉNATION, s. f. [Ali-éna-cion, et en vers ci-on, tout bref, 3e é fer.] Vente d'un fonds, ou de ce qui tient lieu de fonds. — Au figuré, aliénation d'esprit, folie; aliénation des volontés, des affections, aversion, ressentiment.

Synonymes et Contraires

aliénation

nom féminin aliénation
1.  Action d'aliéner un bien.
Traductions

aliénation

Wahnsinn

aliénation

הנכרה (נ), התנכרות (נ), ניכור (ז), הִתְנַכְּרוּת, נִכּוּר

aliénation

besetenheid

aliénation

frenezeco, frenezo

aliénation

őrület

aliénation

amentia, dementia

aliénation

galenskap, vansinne, vanvett

aliénation

odcizení

aliénation

fremmedgørelse

aliénation

소외

aliénation

[aljenasjɔ̃] nf
(= fait d'aliéner) → alienation
(= état mental) → insanity, derangement
(DROIT) [biens, droits] → alienation
aliénation culturelle nfcultural alienation
aliénation politique nfpolitical alienation