alleu

(Mot repris de alleux)
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alleu

[ alø] n.m. [ d'un mot frq. signif. « propriété complète » ] [alleux].
En histoire, terre libre qui ne relevait d'aucun seigneur et était exempte de toute redevance.

ALLEU

(a-leu) s. m.Au plur. alleus.
Terme de droit féodal. Bien héréditaire. Tenir d'alleu, posséder héréditairement.
La loi des Francs ripuaires, fidèle interprète de la loi salique dans le titre des alleus [MONTESQ., Esprit, XVIII, 22]
Franc-alleu, bien héréditaire exempt de tout droit seigneurial. Tenir en franc-alleu, c'est tenir terre de Dieu seulement. Le franc-alleu noble ne doit pas être confondu avec le franc-alleu roturier ; quoiqu'ils fussent égaux en franchise, ils différaient en ce que le franc-alleu noble avait droit de justice et que le franc-alleu roturier était terre sans justice.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Qui donc veïst le duc ses alues contredire [défendre] [, Sax. X]
  • XIIIe s.
    Nus, selonc nostre coustume, ne pot pas tenir d'alues, et on apele alues ce qu'on tient sans rendre à nului nule redevance [BEAUMANOIR, XXIV, 4]
    Pierre de Castenai tout sen [son] alou quanque il avoit à Landeville [DU CANGE, alodis.]
  • XVIe s.
    Immeubles sont biens aleux, amortis, feodaux, roturiers, etc. [LOYSEL, 210]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. aloc, alluc ; espagn. alodio ; ital. allodio ; basse-latinité, allodarum, allodium, allodinum, alodes, alodis, alodium, alaudum, alaudis, aluetum. On trouve aussi dans l'ancien français les formes aloud et aleuf. De nombreuses étymologies ont été proposées pour ce mot. La suivante a pu paraître plausible : de al pour ad, et du mot germanique lod ou loos qui signifie ce qu'en latin on nommait sors, c'est-à-dire une portion de terre assignée par le sort à tout homme libre dans le partage des fonds attribués aux barbares après l'occupation des provinces de l'empire romain. Allodium serait ainsi un mot hybride, qu'on représenterait très bien par le latin barbare adsortium ; l'anglais allot, attribuer par le sort, favoriserait cette étymologie. Mais la véritable est celle qui tire alleu des mots germaniques, all, tout, et od, bien, propriété, c'est-à-dire propriété entière, complète. Ce qui lève toute incertitude, c'est que le radical od avec le sens de bien-fonds, s'est conservé dans le suédois odal-man, propriétaire en franc-alleu, odal-stånd, ordre des propriétaires, odla cultiver, odling culture, et dans le danois, odel, héritage allodial, odels-mand, seigneur foncier. Ces rapprochements ne laissent aucun doute.

alleu

ALLEU. n. m. T. de Droit féodal. Il n'est guère usité que dans la locution Franc-alleu, Fonds de terre, soit noble, soit roturier, exempt de tous droits seigneuriaux. Toutes ces terres étaient des francs-alleux. On disait de même Tenir, posséder une terre en franc- alleu.

alleu


ALLEU, ou ALEU, s. m. [A-leu. 2 brèves.] Plusieurs, et M. Moreau entr'autres, disent au pluriel tantôt alleux et tantôt alleus. Le Dict. de Trévoux écrit aleuds: le d est inutile; et si on le met au pluriel par respect pour l'étymologie, il faudrait, pour être conséquent, l'écrire aussi au singulier. Ferrière dans son Dict. de Droit, et le Dict. Gramm. écrivent aleu avec une seule l. Il n'a d'usage qu'avec franc;franc-alleu. Fonds de terre soit noble, soit roturier, qui est exempt de tous droits seigneuriaux.

Traductions

alleu

Allod

alleu

alodium

alleu

alodo

alleu

alodio

alleu

alódio