altérer

(Mot repris de altérais)

altérer

v.t. [ bas lat. alterare, changer, de alter, autre ]
1. Changer, modifier en mal la forme ou la nature de qqch : Manger trop gras altère la santé abîmer, endommager il a menti ; dénaturer, falsifier détériorer ; améliorer
2. Donner soif à : Cette escalade les a altérés assoiffer

s'altérer

v.pr.
Subir une détérioration ; s'abîmer : La beauté s'altère avec le temps.

ALTÉRER

(al-té-ré) v. a.
En termes de physique, changer l'état d'une chose. Le sel altérerait ce corps.
Changer une chose de bien en mal. Le soleil altérera ces couleurs. Altérer les mœurs. Altérer l'amitié.
La diverse nourriture [éducation], Fortifiant en l'un [chien] cette heureuse nature, En l'autre l'altérant [LA FONT., Fab. VIII, 23]
Une pitié qui n'altère en rien leur félicité [FÉN., Tél. XIX.]
Mais quel triste mélange altère ce bonheur ! [VOLT., Zaïre, II, 1]
Et nos seuls ennemis altérant sa bonté Abusaient contre nous de sa facilité [RAC., Brit. V, 3]
Et du méchant l'abord contagieux N'altère point son innocence [ID., Athal. II, 1]
Des interprétations qui en altéraient la pureté [MASS., Évid.]
Ce qui peut aboutir à déranger la fortune et altérer les affaires [ID., Car. Nombre des élus.]
Agiter, émouvoir péniblement, en parlant des personnes.
Quel sujet inconnu vous trouble et vous altère ? [BOILEAU, Sat. III]
Altérer la vérité, ne pas s'y conformer.
Son ingénuité N'altère point encor la simple vérité [RAC., Athal. II, 7]
Altérer un discours, le rapporter autrement qu'il n'a été prononcé. Altérer un texte, en corrompre le sens.
Après avoir altéré saint Grégoire, l'auteur affecte.... [BOSSUET, Préf.]
Altérer les monnaies, les falsifier
Exciter la soif. La chaleur altère tous les animaux. Absolument. Les salaisons altèrent.
S'altérer, v. réfl. Se changer en mal. Le vin s'altère à l'air. Les bonnes coutumes s'altèrent peu à peu.
La bonne humeur ne s'altère jamais [BOSSUET, Lett. quiét. 177]
Monsieur, votre visage en un moment s'altère [MOL., l'Étour. III, 2]

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Et ainsi sa felicité n'est en riens alterée ne muée [ORESME, Eth. 25]
  • XVe s.
    Mais qui s'altere en trop chantant Peut bien trois fois ou quatre, Sans vergongne, boire d'autant [BASSELIN, I]
  • XVIe s.
    Le vin s'altere aux caves [MONT., I, 20]
    Ils souffroient d'estre fouettez jusques à la mort sans alterer leur visage [ID., I, 307]
    Le degousté charge la fadeur au vin ; l'alteré, la friandise [ID., II, 373]
    Il se sentit tellement embrasé et alteré, que toute son attente n'estoit qu'à complaire à sa chere captive [YVER, p. 544]
    Et y estoit la peinture en reputation de retenir la vraye perfection, sans y avoir rien de corrompu ny d'alteré [AMYOT, Aratus, 14]
    Il ne beuvoit jamais estant à la guerre que de l'eau, si ce n'estoit aucunefois qu'il se trouvoit excessivement alteré [ID., Caton, 3]
    De ne plus s'alterer contre [se brouiller avec] les femmes [CARL., II, 9]
    Cela les altera tellement que chacun d'eux taschoit à desarçonner son compagnon [, Satir. Mén. p. 114]
    Des estrangers alterez de nostre sang [, ib. p. 163]
    La decoction de deux poulets ou chapons alterés avec ozeille, scabieuse.... [O. DE SERRES, 947]
    Estant la personne fort alterée en temps chaud, pourra boire.... [ID., 948]
    Les rois de France et de Polongne, sous couleur de porter un mommon, entrent chez Nantouillet, mettent tout par place jusques à rompre les coffres, piller la vaisselle et l'argent monnoié au profit de quelques alterez qui les suivoient [D'AUB., Hist. II, 104]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. et espagn. alterar ; ital. alterare ; d'alterare, de alter, autre (voy. AUTRE). On voit la série des sens : changer, émouvoir, affecter, et, finalement, causer de la soif.

altérer

ALTÉRER. v. tr. Modifier dans sa manière d'être. En ce sens général, il n'est guère usité que dans les Sciences physiques. Tout ce qui altère les qualités d'un corps.

Il signifie, dans l'usage ordinaire, Modifier en bien ou en mal. Le soleil altère les couleurs. La grande chaleur altère les liqueurs. Cela altère les humeurs, altère le sang. Cela lui a altéré le tempérament. Ses malheurs ont altéré son caractère, son humeur, son jugement. Sa santé en est fort altérée. La souffrance avait altéré ses traits, son visage. L'émotion altère sa voix. Le défaut de confiance altère l'amitié. L'exemple du vice altère les moeurs. Cette disgrâce altère son repos, son bonheur. Le vin s'altère à l'air. Les bonnes coutumes s'altèrent peu à peu.

Altérer un discours, Le rapporter autrement qu'il n'a été prononcé ou écrit. Altérer un texte, Y faire des changements qui en corrompent la pureté. Altérer le sens d'un passage, Détourner ce passage de son véritable sens. Altérer la vérité, S'écarter de la vérité en parlant, en écrivant.

Altérer les monnaies, Les falsifier par un alliage illégal, excessif.

ALTÉRER signifie aussi Causer de la soif. La chaleur et la poussière m'ont fort altéré.

Être toujours altéré, Avoir toujours soif, et par plaisanterie Être toujours disposé à boire, aimer à boire.

Fig., Il est altéré de sang, C'est un tigre altéré de sang, C'est un homme cruel, qui se plaît à répandre le sang.

En termes de Musique, Des accords altérés, Notes naturelles ou diatoniques modifiées par les dièses et les bémols.

alterer

Alterer, Adducere sitim, Accendere sitim.

¶ Alterer, pour Faire autre, Corrompre, Alienare, Variare.

altérer


ALTÉRER, v. a. [Altéré, 2 é fer. tout bref.] Il a tous les sens que nous avons marqués à altération: "Le soleil altère les couleurs, et le grand chaud les liqueurs. La fièvre altére les humeurs. — Altérer les esprits, l'amitié: altérer un discours, le raporter autrement qu'il n'a été prononcé ou écrit; altérer un texte, le sens des écritures, les détourner dans un sens différent de celui qui est reçu pour le véritable. — Les médecines altèrent ordinairement. — Altérer les monoies.
   S'ALTÉRER, v. réc. Le vin s'altère, les bones coutumes s'altèrent, (changent peu à peu.)
   * Rem. 1°. Le verbe et le subst. se disent de la soif: "Le poivre altère, ou cause de l'altération: mais altérer ne se dit pas neutralement dans un sens passif. Ne dites pas, j'altère beaucoup, comme je l'ai ouï dire à plusieurs: dites, je suis beaucoup altéré. — Vaugelas, dans sa Traduction de Quinte-Curce, dit que; "la chaleur venant à croître, l'altération se ralluma. Est-ce de l'altération de l'air, ou de la soif des soldats qu'il a voulu parler? Ni avec l'une, ni avec l'autre, se rallumer n'était pas le terme propre. C'est le feu qui se rallume, et l'altération n'est pas le feu, mais son effet. — L'Ab. Prévot dit: "Sa mort produisit une grande altération: il sous-entend dans les affaires; mais il aurait mieux valu l'exprimer.
   * 2°. Rousseau emploie s'altérer dans le sens d'être choqué, indigné.
   Et sa grande âme ne s'altère
   Ni des triomphes de Tibère,
   Ni des disgrâces de Varus.
On peut croire que la rime a nécessité le choix de cette expression, que l'usage n'admet pas.

Synonymes et Contraires

altérer

verbe transitif altérer
2.  Changer la nature de quelque chose.

altérer

verbe transitif altérer

altérer (s')

verbe pronominal altérer (s')
Traductions

altérer

הצמיא (הפעיל), סירס (פיעל), קלקל (פיעל), הִצְמִיא, סֵרֵסbelust maken (op), dorstig maken, veranderen [ten kwade], verdraaien|, verhogen/verlagen [muziek], vervalsen, veranderenalter, distort, spoilalteraralterieren, ändernalteraralterare, modificareيُبَدِّلُzměnit (se)ændreαλλάζωmuuttaapromijeniti変更する...을 바꾸다endrezmienićизменятьändraปรับเปลี่ยนdeğiştirmekthay đổi改变промени改變 (alteʀe)
verbe transitif
1. modifier altérer le goût
2. abîmer, rendre mauvais altérer un aliment

altérer

[alteʀe] vt
[+ faits, vérité] → to distort
[+ qualité] → to spoil, to impair; [+ données] → to corrupt
(= donner soif à) → to make thirsty [alteʀe] vpr/pass
[sentiments] → to deteriorate
[denrées] → to spoil