ambigu, uë

AMBIGU, UË

(an-bi-gu, guë. On met le tréma pour indiquer que gue ne se prononce pas ghe, mais que l'u y est articulé) adj.
Qui est à plusieurs sens, et par conséquent d'un sens incertain. Langage ambigu.
Martian n'en a parlé qu'en termes ambigus [CORN., Othon, I, 3]
Ce n'est pas s'expliquer en termes ambigus [MOL., Sgan. 16]
Par extension.
Il se tenait dans un état ambigu entre les poissons et les oiseaux [PASC., P. Jés. 8]
Aristote a dit que le phoque était d'une nature ambiguë et moyenne entre les animaux aquatiques et terrestres [BUFFON, Phoque.]
Le chapeau ambigu, couvert d'un étui de toile cirée [HAMILT., Gramm. 8]
S. m Repas où l'on sert à la fois les viandes et le dessert On nous a dressé un somptueux ambigu.
C'étaient des ambigus qui partaient de France pour renchérir, au milieu de Londres, sur les collations du roi [HAMILT., Gramm. 7]
Fig. Mélange de choses contraires.
C'est un ambigu de précieuse et de coquette [MOL., Préc. rid. 1]
Sorte de jeu de cartes qui réunit plusieurs manières de jouer propres à divers jeux, ce qui s'opère avec un jeu dont on retire toutes les figures.

SYNONYME

  • AMBIGU, ÉQUIVOQUE, AMPHIBOLOGIQUE, LOUCHE. Ce qui est ambigu offre plusieurs sens. Ce qui est équivoque offre deux sens. Ce qui est amphibologique offre un sens incertain, à cause que la construction grammaticale est mauvaise. Ce qui est louche n'a pas de netteté, par la faute, soit de la construction, soit de l'expression. Ambigu et équivoque sont plus généraux et ne supposent pas une faute, soit d'expression, soit de construction.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Le parler obscur, ambigu et fantastique du jargon prophétique [MONT., I, 47]
    La victoire qui jusques alors avoit esté suspense et en ambigu, se commença d'incliner à l'ennemy [M. DU BEL., 374]

ÉTYMOLOGIE

  • Ambiguus, de ambigere, douter, de amb, autour (voy. AMBE), et igere, pour agere, pousser (voy. AGIR) ; mot à mot, qui pousse de deux côtés.