anéantir

(Mot repris de anéantirait)

anéantir

v.t. [ de néant ]
1. Détruire entièrement : L'inondation a anéanti les récoltes ruiner annihiler
2. Ôter ses forces physiques ou morales à : Après ce déménagement, je suis anéantie épuiser, exténuer abattre, briser

s'anéantir

v.pr.
Être réduit à rien : Nos espoirs se sont anéantis s'écrouler, s'effondrer

ANÉANTIR

(a-né-an-tir) v. a.
Faire rentrer dans le néant. Dieu peut anéantir l'univers.
Détruire. Les barbares ont anéanti l'empire romain.
L'homme anéantit plus d'individus vivants que tous les carnassiers n'en dévorent [BUFF., Animaux carnassiers.]
Ô ciel ! anéantis ma fatale existence [VOLT., Alz. V, 3]
Fig. Jeter dans un accablement profond. J'ai vu des femmes que la crainte de la douleur anéantissait.
Fig. Anéantir un acte. Anéantir une coutume.
Ainsi donc un perfide, après tant de miracles, Pourrait anéantir la foi de tes oracles ? [RAC., Esth. I, 4]
Son impiété Voudrait anéantir le Dieu qu'il a quitté [ID., Athal. I, 1]
Que peuvent des évêques qui ont anéanti eux-mêmes l'autorité de leur chaire et la révérence qu'on doit à la succession, en condamnant ouvertement leurs prédécesseurs, jusqu'à la source même de leur sacre ? [BOSSUET, Reine d'Angl.]
S'anéantir, v. réfl. Devenir à rien. Que d'empires se sont anéantis ! Cette objection s'anéantit d'elle-même.
En termes de dévotion, s'abaisser, s'humilier devant Dieu.
Il ne sait presque que s'anéantir en la présence de Dieu [MASS., Prière.]
Le sanctuaire devant lequel les princes s'anéantissent [ID., Resp.]
En s'anéantissant devant les yeux de sa majesté [PASC., Prov. 4]
Il s'est anéanti lui-même jusqu'à prendre la forme d'esclave [BOSSUET, Hist. II, 11]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Cis maus qui si me deffigure, Qui si me vait anientant [, Guill. de Palerme]
    Car tous ses cors estoit sechiés De viellece et anoiantis [, la Rose, 351]
    Moult consenti Dieux le peuple Israel à anienter por leur pechié [, Psautier, f. 96]
    Et quant, toutes ces choses aneanties por bones reisons, li rois loe ce que li juge li firent d'endroit le borgois.... [, Liv. de just. 36]
    Anienti [, Ass. de Jér. II, 61]
    L'action qu'il avoit de novele dessaizine est anientie, et ne pot mès pledier fors sor le [la] proprieté [BEAUMANOIR, XXXII, 9]
    Li generax procureres n'est pas por ce anientis [ID., XXXII, 84]
    Li chanoines est d'autre part Qui au tresor fait grant essart ; Le tresor tres anoiantist [RUTEB., 314]
    Lors le convient seingner ou prendre medicine ; Ainsi s'anientist et degaste et define [J. DE MEUNG, Test. 172]
  • XIVe s.
    Bonne vie lui [à Bertran] doint li dignes fruis de vie ! Car France de sa mort seroit anientie [, Guesclin. 17469]
    Car tout quanque barat aüne En vingt ans, anientist fortune En une seule heure de jour [BRUYANT, dans Ménagier, t. II, p. 28]
  • XVe s.
    Et anianty les floz de male fortune, soubz quel subjeccion avoit esté degetté par long espace [CHRIST. DE PISAN, Charles V, I, ch. 23]
    Il n'est chose plus impossible à anientir au monde que est matiere escripte en livres [, Bouciq. IV, ch. 15]
  • XVIe s.
    Nous nous laissons si fort aller sur les bras d'aultruy, que nous aneantissons nos forces [MONT., I, 144]
    Et pour aneantir Ce desir qui tant dure, Il vous faudroit sentir La peine que j'endure [MAROT, II, 357]
    Et jà ne faut laisser aneantir Mes grans combats executés en Tyr [ID., IV, 129]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. anientar ; ital. anientare ; de à et néant, à l'aide de la terminaison verbale ir. On disait dans l'ancien français anientir et anienter.

anéantir

ANÉANTIR. v. tr. Réduire au néant, mettre à néant. Dieu seul peut anéantir les êtres qu'il a créés. Cette objection s'anéantit d'elle-même.

Par extension, il signifie Réduire à rien, détruire absolument. Il n'y a point de fortune si élevée qu'un revers ne puisse anéantir. Les barbares ont anéanti l'Empire romain. Anéantir une coutume. Cet événement a anéanti ses espérances. Cet homme avait amassé de grands biens et réuni de grands honneurs dans sa famille : tout cela s'est anéanti. Que d'empires seront anéantis!

En termes de Dévotion, S'ANÉANTIR signifie spécialement S'abaisser et s'humilier devant Dieu, par la connaissance qu'on a de son néant.

Par exagération, il signifie encore Mettre dans un état d'abattement, de faiblesse. Cette longue course m'a anéanti.

Être anéanti signifie quelquefois Être dans une stupéfaction profonde.

aneantir

Aneantir, act. penac. C'est proprement mettre à neant, comme aneantir une ordonnance, un us et style, abrogare, Aneantir les moyens d'aucun, Nullas cuiusquam opes viresque reddere. i. ita prosternere ac inanes reddere, tanquam nullae essent, Aneantir aucun, c'est l'enerver, luy oster la force, et vigueur, et le rendre comme s'il n'estoit point, le reduire à estre tenu pour rien. Et combien que neant soit negatif d'estre ou valoir, et que partant on die un vauneant, et un vaurien, pour mesme signification: si ne dit on pas fairien comme on dit faineant, l'Italien dit niente, et l'Espagnol nada, pour neant, cependant nul d'eux n'a le verbe aneantir comme nous. Mais le Grec, qui dit oudén, l'a bien, disant par composition éxoudénoô, Je aneante, et éxoudénôsis, aneantissement. Et partant comme iceluy Grec l'usurpe pour abjection et mespris et contemnement, en François peut raisonnablement signifier et estre employé pour le mesmes, aussi qui aneantist, mesprise et abjecte assez ce qu'il met au neant. Les cours souveraines ou jugeans en souveraineté, usent bien de ces mots, mettre au neant, soit qu'elles aneantissent l'appel ou ce dont a esté appelé, ou les deux ensemble: et neantmoins n'usent dudit verbe aneantir audit cas. Aucuns l'escrivent Anneantir, pour le marquer de la composition de Ad ou A, et neant, doublans la lettre n, comme les Latins en telles paroles composees, mais on le prononce Aneantir.

aneantir

Se perdre et aneantir de volupté et paresse, Defluere luxu et inertia.

Un homme aneanti, Iam vappa factus, B.

anéantir


ANÉANTIR, v. a. [A-né-anti, 2e é fer. 3e lon.] Réduire au néant. Dieu peut anéantir la fortune de... anéantir une objection, la détruire entièrement. = S'anéantir au propre, se détruire. "Cette fortune immense s'est anéantie en peu de tems. — Au figuré et en termes de dévotion: s'humilier profondément devant Dieu. L'Écriture dit que J. C. s'est anéanti lui-même: exinanivit semet-ipsum.

Synonymes et Contraires

anéantir


anéantir (s')

verbe pronominal anéantir (s')
1.  Disparaître entièrement.
2.  Littéraire. Se donner tout entier à.
se livrer, se perdre -littéraire: s'abîmer.
Traductions

anéantir

annihilate, dash, shatter, wipe out, destroyבילע (פיעל), הדביר (הפעיל), הכחיד (הפעיל), הצמית (הפעיל), הרס (פ'), השמיד (הפעיל), חסל (פ'), מוטט (פיעל), קטל (פ'), קרע כדג, הִכְחִיד, קָטַל, הִשְׁמִיד, חָסַלdiep schokken, ontstellen, vernietigenaniquilaraniquilarvernichtenannichilare, annientare, distruggere銷毀zničittuhota파괴förstöraทำลาย (aneɑ̃tiʀ)
verbe transitif
1. détruire complètement La bombe a anéanti la ville.
2. décourager totalement Cette nouvelle l'a anéanti.

anéantir

[aneɑ̃tiʀ] vt
[+ armée, ville] → to annihilate, to wipe out
(fig) [+ efforts] → to wreck, to destroy; [+ espoirs] → to obliterate, destroy
[+ personne] → to break