an

(Mot repris de ans)

an

n.m. [ lat. annus ]
1. Temps que met la Terre pour faire sa révolution autour du Soleil, qui est utilisé comme mesure de durée ; cet espace de temps envisagé sans limites très définies : L'an prochain
2. Durée de douze mois complets : Elle devra faire un stage de deux ans. Deux fois par an.
3. Espace de temps légal compris entre le 1er janvier et le 31 décembre, dans le calendrier grégorien : Fêter l'an nouveau
4. (Précédé d'un adj. num. card.) Unité de mesure de l'âge : La majorité légale est à dix-huit ans.
Bon an mal an,
en moyenne, une bonne année compensant une mauvaise.
Le jour de l'An, le Nouvel An, le premier de l'An,
le premier jour de l'année.
Se moquer de qqch comme de l'an quarante,
Fam. n'y attacher aucune importance.
ANArchives Nationales
ANArme Nucléaire

AN

(an) s. m.
Le temps que met la terre à faire sa révolution autour du soleil.
Le premier jour de l'an ou le premier de l'an, le premier jour de l'année.
La fleur des ans, la première jeunesse. Les jeunes ans, le temps de la jeunesse. Les vieux ans, le temps de la vieillesse. Les ans, la vieillesse.
Sous le faix du fagot aussi bien que des ans [LA FONT., Fab. I, 16]
Approchez, je suis sourd, les ans en sont la cause [ID., ib. VII, 16]
Dans la nuit du tombeau les ans l'ont fait descendre [VOLT., Œdipe, V, 2]
Tithon n'a plus les ans qui le firent cigale [MALH., Ode à Duperier.]
An du monde, an de la création, de Notre-Seigneur ; l'an où l'on est depuis la création, depuis la naissance de Jésus-Christ.
An I, an II, an VIII s'employaient pour indiquer les années de l'ère de la république française, commencée le 22 septembre 1792.
Bon an mal an, compensation faite des bonnes et des mauvaises années.
Et l'on m'a assuré qu'elle portait d'ordinaire sur elle, bon an mal an, trente quintaux de chair [SCARR., Rom. com. ch. VIII, 2e part.]
Nous payons [au gouvernement], bon an mal an, 900 millions [P. L. COUR., I, 190]
Par an, chaque année. Il gagne 2000 fr. par an.
Service du bout de l'an ou simplement bout de l'an, le service qu'on fait dans une église pour une personne un an après sa mort.
Bon jour et bon an, façon de saluer populaire quand on voit une personne dans les premiers jours de l'année.
10° En termes de jurisprudence, an et jour, l'année révolue et un jour en plus.

SYNONYME

  • AN, ANNÉE. Ces deux termes s'emploient indifféremment l'un pour l'autre, sauf certaines locutions consacrées où l'on ne peut pas substituer année à an, comme bon an mal an, et sauf que, quand on veut qualifier l'année à l'aide d'une épithète, on se sert non de an, mais d'année. On ne dira pas un bon an, un an abondant, un an heureux, mais une bonne année, une année abondante, une année heureuse.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    À tant cum la cense est de un an [, L. de Guill. 40]
    Set anz touz pleinz ad ested en Espaigne [, Ch. de Rol. I]
    Ensemble [nous] avons ested et ans et dis [jours] [, ib. CXLIX]
  • XIIe s.
    [Charlemagne] a bien passé cent ans [, Roncisv. p. 26]
    Puis fu set anz accomplis et entiers [, ib. p. 31]
    En vieille geste est escriz de lons ans [, ib. p. 86]
    Et pour son fil qu'il eut nourri tant ans [, ib. p. 142]
    L'an que rose ne feuille Ne fleur [je] ne voi paroir [, Couci, VIII]
    Je souferrai mon domage, Tant que l'an verrai passer [, Dame de Faiel dans Couci]
    Bien [tu] peuz conquerre France, or est entrez li ans [l'année en est venue] [, Sax. V]
  • XIIIe s.
    Trois ans [il] fut chevaliers, pleins fut de courtoisie [, Berte, II]
    Vingt ans avoit Pepins, ainsi [je] l'ouï esmer [, ib. III]
    Cinq cens livres par an à chascune [il] donra [, ib. CXXXI]
    Li an et li jour s'en vont aussi comme l'aigue qui court aval sans retourner [RICHARD DE FOURNIVAL, dans Hist. litt. t. XXIII, p. 723]
    Quant la terre est bien replenie de flors et de fruiz, lors est li anz coronez [, Psautier, f° 75]
    Ceste addition fu fete en l'an de grace mil.... [, Liv. des mét. 360]
    Se baillage escheit à damoiselle qui ait douze ans ou plus d'aage, et le vueille aveir et tenir et user [, Ass. de Jér. I, 267]
    Il pot commander à l'eglise à qui li lais [legs] est fes, que il l'oste de se [sa] main et le mete en main laie dedans an et jour [BEAUMANOIR, XII, 5]
  • XVe s.
    Si Monseigneur de Flandres vouloit, il auroit, tous les ans, un grand profit sur les navieurs dont il n'a maintenant rien [FROISS., II, II, 52]
    Si fut cette chose si approchée que, droitement la nuit de l'an, la chose fut arrestée d'estre faite, et devoit le dit Aimery delivrer le chasteau de Calais en icelle nuit [ID., LI, 326]
  • XVIe s.
    L'an passé est toujours le meilleur [GÉNIN, Récréat. t. II, p. 242]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. an ; espagn. ano ; ital. anno ; de annus. On a rapproché annus du terme grec signifiant l'année, du dorien et aussi d'un terme laconien, comme du gothique athn, année ; mais ces rapprochements ne paraissent pas s'accorder avec l'osque amnud, équivalent de anno. Amnud appuie ceux qui disent que annus est pour am-nus, et qui y voient un radical commun aux langues celtiques : cornouail. amser ; bas-bret. amzer ; irland. am ; gaél. âm, le temps ; sanscrit, amati, même signification. L'osque amnud empêche de confondre annus, an, et annus, anneau.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • AN. - SYN. Ajoutez : An ne s'emploie pas en astronomie.

an

AN. n. m. Temps que met la terre à accomplir une révolution autour du soleil et qui se divise en douze mois. Après un an entier. Après un an révolu. Au bout de l'an il arriva que... Le premier jour de l'an. Le nouvel an. L'an passé. L'an dernier. L'an prochain. Il y a deux ans, trois ans, etc. Au bout de cinquante ans. Il n'a pas encore vingt- cinq ans accomplis. Il a dix ans de service.

AN tend de plus en plus à être remplacé par son synonyme ANNÉE (Voyez ce mot). Il n'existe plus que dans quelques expressions.

Dès ses jeunes ans, Dès sa première jeunesse. Dans ses vieux ans, sur ses vieux ans, Dans sa vieillesse. On dit quelquefois absolument Les ans, L'âge en général. La fleur des ans. Le poids, le fardeau des ans. L'injure, l'outrage des ans.

Service de bout de l'an, ou simplement Bout de l'an, Le service qu'on fait dans une église pour une personne, un an après sa mort.

L'an du monde; l'an de grâce, l'an du salut, l'an de Notre-Seigneur, l'an de l'Incarnation, Formules dont on se sert, suivant qu'on suppute les temps par rapport à la création du monde ou à la naissance de JÉSUS-CHRIST.

An premier, an deux, an trois, etc., se disait particulièrement des Années de l'ère républicaine des Français, commencée le 22 septembre 1792. La Constitution de l'an III, de l'an VIII. Le 16 floréal an IV ou de l'an IV.

Prov. et fam., Je m'en soucie, je m'en moque comme de l'an quarante, Cela m'est complètement indifférent.

Le Jour de l'An, Le premier jour de l'an.

Bon jour et bon an. Façon de parler proverbiale et populaire, employée pour saluer les personnes, la première fois qu'on les voit, dans les premiers jours de chaque année.

Bon an, mal an, Compensation faite des mauvaises années avec les bonnes. Bon an, mal an, ce pré lui rapporte tant de foin. Bon an, mal an, sa terre lui vaut dix mille francs de rente.

Par an, Chaque année. Sa terre lui rapporte tant par an.

En termes de Jurisprudence, An et jour, L'année révolue et un jour par delà. Prescription de l'an et jour.

an

An, Annus.

Un an, deux ans, trois ans, Vnum, alterum, tertium annum, B. ex Cic.

L'espace d'un an, Annua dies. Annale tempus.

Au commencement de l'an, Initio statim anni, Principio anni.

En la fin de l'an, Anni extremo, Anni exitu, Anni fine, Sub finem anni.

D'an en an, Annuatim, Quotannis, Per singulos annos.

D'un an, Anniculus, Annotinus.

Qui n'a qu'un an, Anniculus.

Agneaux qui ont un an, Horni agni.

¶ Chacun an deux, Creabantur olim bini consules.

Par chacun an, Quotannis, In annos singulos.

Par chacun an quarante escus, Quadragena annua secuta.

Qui se fait chacun an, Anniuersarius.

Qui se font d'an en an, Annua sacra.

Qu'on celebroit de trois ans en trois ans, Sacra trieterica.

¶ Il y a un an qu'il a esté refusé, Est iam annus vt repulsam tulit.

Estre au deuxiesme an de son aage, Secundum annum agere.

An revolu, Annus vertens.

An entier, Annus solidus.

Estre un an masle, un an femelle, Alternis annis esse marem, alternis foeminam fieri.

Demy an, Medius annus.

Que je ne fusse en la province plus d'un an, Ne diutius anno in prouincia essem.

Le trézieme an, Alter annus ab vndecimo.

L'an cinq cens et cinq, Anno vrbis quingentesimoquinto.

Tous les ans, Annua vice, Quotannis, In annos singulos.

Qui se fait tous les ans en certain temps, Solennis.

¶ Il y a ja aucuns ans que la meschanceté est conceuë, Aliquot iam per annos concepta turpitudo.

¶ L'espace de deux ans, Biennium.

De deux ans en deux ans, Alternis annis, Binis annis.

L'aage de deux ans, Bimatus, huius bimatus.

Qui est de deux ans, Bimus.

Qui a deux ans, Biennis.

Il y a ja deux ans que cestuy-là a commencé d'estre avec moy, Iam biennium est, cum mecum ille esse coepit.

Il y avoit quatre ans que je n'avois entré en Sicile, Quum quadriennio post in Siciliam venissem, B. ex Cic.

¶ L'espace de trois ans, Triennium, triennij, Trieteris huius trieteris.

L'aage de trois ans, Trimatus, huius trimatus.

Trois ans durant, Per triennium.

Qui a trois ans, Triennis et hoc trienne, Trimus.

L'espace de quatre ans, Quadriennium.

Aagé de quatre ans, Quadrimus.

¶ L'espace de cinq ans, Quinquennium.

De cinq ans en cinq ans, Quinto quoque anno.

Qui a cinq ans, Quinquennis.

Les cinq ans durant, Omni quinquennio.

Magistrat durant cinq ans, Magistratus quinquennalis.

Durer jusques à dix ans, In annum decimum durare.

Il y a eu un an entredeux, Intercessit annus.

Il n'y a pas cinq ans que, etc. Minus quinquennio est quod, etc.

Avant que fust le bout de l'an, Non toto vertente anno. Suet.

¶ Le temps de six ans, Sexennium.

Qui a six ans, Sexennis.

¶ Qui a dix ans, Decennis.

Il a dix ans passez, Annos excessit decem.

¶ Qui a quatorze ans passez, Ephebus.

¶ Il n'y a pas quinze ans, Minus quindecim anni sunt.

¶ Elle a seze ans, Annos nata est sedecim.

¶ Trente ans, Triginta anni, Brumae terdenae.

Qui a quarante ans, Quadragenarius.

Il a environ cinquante ans, Annos ad quinquaginta natus.

Je n'ay pas plus de cinquante et quatre ans, Equidem haud sum natus annos praeter quinquaginta et quatuor.

Il avoit ja plus de soixante ans, Maior iam sexaginta annis erat.

¶ Ans vieux, c'est vieil aage, au 3. livre d'Amad. Car elle avoit les cheveux tous blancs de grande vieillesse et si herissonnez qu'il sembloit d'une droite hure, mais ses ans vieux ne luy avoient en rien amoindry les forces de son corps, AEtas annosa.

¶ L'espace et le temps de cent ans, Seculum, siue seclum.

Durer cent ans, Centenis durare annis.

Il a vescu cent ans, Ad centesimum annum vitam produxit.

Avoir deux cens ans accomplis, Annos ducentos explere.

Ils vivent mille ans, Mille annorum perpetuo viuunt.

Faire son an de probation, Iusta catecheseos implere.

Faute de poursuivre par an et jour, Diei annuae conticinium.

Faute de poursuivre par trois ans, Conticinium trimae diei.

¶ En bon an sois tu entré, Annare perannareque commode liceat, B. ex Macrobio.

an


AN, voyelle nazale, son simple, qui devrait n'être écrit qu'avec une seule lettre. Ce qui doit s'entendre d'an suivi d'une consone; Ancêtres, ancien, etc. Car, s'il est suivi d'une voyelle, a fait tout seul une syllabe, et l'n se lie avec la voyelle suivante; anagramme, pron. a-nagrame. — Quand il est final, les Gascons, du moins dans le Bas-Languedoc, (car pour le langage ils le disputent aux vrais Gascons) ajoûtent dans la prononciation un e muet; l'enfant, ils prononcent l'ane-fanne. = Si cet an final est suivi d'un mot qui commence par une voyelle, il ne faut pas lier l'n avec cette voyelle. Par ex. ce ruban est beau; pron. ce ruban ê bô, et non pas ce rubanê bô, prononciation normande et vicieûse.
   An, au commencement et au milieu des mots, étant devant une consone, est long, blanche, danse, il chante, puissance, etc.
   À~ la fin des mots, il est très-bref dans ruban, turban, bouracan, carcan, pélican, encan, ouragan, relan, élan, ortolan, merlan, brelan, talisman, pan, tympan, trépan, cran, écran, cadran, safran, bougran, tan, orviétan, parmesan. Il est un peu moins bref dans les mots suivans, où l'a est plus ouvert: an, ban, océan, roman, vétéran, tyran, van, faisan, artisan, courtisan, partisan, paysan, alezan, bilan, plan, charlatan. Tous les pluriels sont longs: romans, courtisans, etc. D'Oliv.

an


AN, s. m. ou ANNÉE, s. f. I. On ne se sert pas indifféremment de ces deux mots. Le dernier est d'un usage plus commun; mais il est des ocasions où il ne vaut rien, et où l'usage le proscrit. 1°. On se sert d'an quand l'adjectif ou le régime est après; l'an passé, l'an qui vient, l'an de Notre-Seigneur: on emploie année quand l'adjectif précède: la première année, la seconde année; et non pas le premier an, le second an. — La Touche prétend pourtant, et avec raison, qu'on dit également l'an passé, et l'année passée, l'an qui vient, et l'année qui vient, mais on ne dirait pas le 3e an. = 2°. On dit an après les noms de nombre cardinaux, quand ils n'ont point de substantif pour régime: "Il a plus de trente ans; c'est une fille de quinze ans; il a vingt-cinq ans passés. — * Voltaire dit dans le Siècle de Louis XIV: pendant neuf cens années, notre génie a presque toujours été rétréci sous un gouvernement gothique. Il falait dire pendant neuf cens ans. On lit aussi dans le Journ. de Paris: "Depuis environ huit années, il a entrepris de composer un Poëme de l'Harmonie imitative. — On dit depuis huit ans, depuis dix ans, etc. = 3°. On dit an devant les nombres ordinaux, et année après; l'an quinzième et la quinzième année du siècle, l'an mil sept cent; car, cent est là pour centième. — 4°. On dit le jour de l' an, le premier jour de l'an; bon an, mal an; une année compensant l'autre; l'an du monde, l'an de grâce, l'an de N. S.
   II. On se sert du mot année, 1°. après les mêmes noms de nombre: "il est dans sa vingtième année. 2°. Après les articles, l'année dernière, l'année qui vient. Voy. plus haut, n°. 1°. Voy. aussi ANNÉE. — 3°. Devant ou après toute sorte d'épithètes. "Une bonne et heureûse année: "Nos belles années passent bien vite. — On dit pourtant bonjour, bon an, en saluant; mais c'est sans conséquence pour d'autres adjectifs. L'Opéra dit vos beaux ans; c'est une exception en faveur des Poètes et des Musiciens. — 4°. Devant ou après des noms substantifs. "Dix années de service, la suite des années, un grand nombre d'années, etc. La Touche.
   III. En parlant de l'âge des hommes, on dit an plutôt qu'année. Voy. I. n°. 2°. * M. de Burigny (Vie de Bossuet), parle d'une Dame qui avait vêcu plus de cent années; je crois qu'il falait dire: plus de cent ans. — On dit encore : elle paroit soixante ans. SEV. On sous-entend avoir. — On dit encore d'un homme qui a peine à vivre: qu' il peut à peine joindre les deux bouts de l'an.
   IV. On dit ordinairement, de deux en deux ans, de trois en trois ans, etc. * Rollin dit de quatre ans en quatre ans, et Le Gendre, de deux ans en deux ans; ce qui n'est pas aussi conforme à l'usage.
   V. On ne doit se servir de cette expression l'an passé, que quand on parle de l'année qui précède celle où l'on écrit. Un Historien, parlant d'un ancien événement doit dire l'année précédente. * Le P. Catrou n'a pas fait cette attention. "Une action si mémorable... fit oublier la désolation de l'an passé. Cet Historien écrivait en 1727. Il semblerait, à la manière dont il s'exprime, que cette désolation avait eu lieu en 1726. Voy. DICT. NÉOL.

Synonymes et Contraires

an

nom masculin an
Mesure de l'âge.
année -littéraire: printemps -populaire: balai, berge, pige.
Traductions

an

Jahryearjaarשנה (נ), שָׁנָהjaaranyrokårέτος, χρόνοςjaroañovuosiéváranno, annuoårrokanoanгодårmwakasene, yılгодинаปี (ɑ̃)
nom masculin
1. période de douze mois une peine de prison de vingt ans en l'an 2000 Il a cinq ans.
2. le premier janvier

AN

[aɛn] abr nf = Assemblée nationale

an

[ɑ̃] nmyear
être âgé de 3 ans, avoir 3 ans → to be 3, to be 3 years old
en l'an 1980 → in the year 1980
le jour de l'an, le premier de l'an → New Year's Day