apostrophé

(Mot repris de apostropherai)

apostrophe

APOSTROPHE. n. f. T. de Rhétorique. Figure par laquelle un orateur interpelle brusquement soit des personnages morts, absents ou présents, soit même des choses qu'il personnifie. Démosthène a fait une admirable apostrophe aux morts de Chéronée dans son discours sur la Couronne. L'apostrophe de Bossuet à Alger est un des plus beaux passages de son oraison funèbre de Marie-Thérèse.

Il se dit familièrement d'une Interpellation vive, ou surtout d'un Trait mortifiant adressé à quelqu'un. Vigoureuse apostrophe. Essuyer une apostrophe.

En termes de Grammaire, Mot mis en apostrophe s'applique au mot, nom propre ou nom commun, qui désigne l'être à qui l'on s'adresse dans le discours. Approchez, mes enfants. Jean, ne partez pas.

apostrophe

APOSTROPHE. n. f. Signe orthographique, en forme de virgule, qui indique l'élision d'une voyelle. L'État. L'arbre. S'il vient. D'où il résulte...

apostrophe


APOSTROPHE, s. f. [Apos-trofe, tout bref.] 1°. Figûre de Rhétorique, par laquelle l'Orateur détourne son discours de l'auditoire, à qui il l'adressait, pour l'adresser à quelque personne éloignée, ou à quelque chôse, comme si c'était une personne. "O champs de Fontenoi, témoins de tant de prodiges de valeur, etc. exemple d'une apostrophe. = 2°. En Gramaire, c'est une virgule qui se met au haut d'une lettre, pour marquer l'élision d'une voyelle; comme l'Eglise, l'Etat, j'aime, j'enseigne. — L'apostrophe ne sert que pour trois supressions. — De l'e muet, dans les monosyllabes et dans les conjonctions terminées par la syll. que; le, me, te, se, que, quoique. — De la voyelle a, dans l'article la, de la voyelle i dans la conjonction si, de l'e dans jusque, et dans grand devant certains substantifs. "L'ambition, il m'a insulté, il t'a donné, il s'est trompé; il dit qu' il viendra; quoiqu'il fasse; jusqu'aujourd'hui; s' il voulait, etc. grand'messe, grand'mère, etc. etc.
   * Les anciens Poètes prenaient plus de licence que ceux d'aujourd'hui: ils imitaient les Poètes Ital. et quand une syll. les incommodait, ils la retranchaient et la remplaçaient par une apostrophe. Ils disaient, par exemple: "El'le lui dit, elle le lui dit, phrénétiq'pour phrénétique.
   Le phrénétiq'se levant en courroux.
       Le Loyer.