article

article

n.m. [ lat. articulus, articulation ]
1. Partie, souvent numérotée, qui constitue une division d'un traité, d'une loi, d'un contrat, d'un compte, d'un chapitre budgétaire, etc. : L'avocat cite l'article 221 du Code pénal pour défendre son client.
2. Écrit formant un tout distinct dans un journal, dans une publication : Un article du rédacteur en chef sur la vie en prison. L'événement a été annoncé dans un petit article
entrefilet : Un article de dictionnaire
la définition d'un mot et son illustration par des exemples et des expressions
3. Sujet traité ; matière dont on parle : Sur cet article, tu as raison
4. Objet proposé à la vente : Les articles de maroquinerie sont au premier étage.
5. En grammaire, mot qui accompagne le nom dans certaines langues pour le déterminer, tout en indiquant son genre et son nombre : Articles définis, indéfinis, partitifs.
6. Chacun des segments qui forment le corps des arthropodes.
À l'article de la mort,
sur le point de mourir.
Article de foi,
dans une religion, point sur lequel la croyance ne peut être discutée ; fig., opinion qui n'admet aucune discussion : Tout ce qu'il trouve sur l'Internet est pour lui article de foi.
Faire l'article,
vanter les mérites d'une marchandise : La vendeuse fait l'article d'un nouveau parfum ; fig., faire les louanges de qqn, de qqch : L'imprésario fait l'article de son nouveau spectacle.

ARTICLE

(ar-ti-kl') s. m.
Terme d'anatomie. Jointure de deux os. Amputation dans l'article.
Les doigts des pieds, avec leurs articles et leurs ongles, servent à tâter le terrain sur lequel on marche [FÉN., Exist. I, 34]
Les différentes parties du corps des insectes ; les portions d'une tige comprises entre les nœuds. Dans la peinture et la sculpture, se dit quelquefois des jointures et des articulations, et d'un très petit contour qu'on appelle aussi temps.
Moment, conjoncture. Usité, en ce sens, seulement dans la locution : à l'article de la mort, au dernier moment de la vie.
On y était obligé à l'article de la mort [PASC., Prov. 10]
Quand, à l'article de la mort, il persiste dans la soif du sang [VOLT., Phil. II, 106]
Petite partie qui forme une division dans un contrat, dans un ouvrage littéraire, etc. Article de loi. L'article du traité est clair. Les articles d'une capitulation. Nous allons traiter ces matières article par article.
Quand il eut réglé les articles avec beaucoup de peine [SÉV., 557]
J'ai fait un article exprès pour montrer.... [BOSSUET, Euch. 2]
Par extension, passage d'un écrit quelconque. Les deux premiers articles de votre lettre.
Sujet, matière, chose. Cet article est difficile. Justifiez-moi sur l'autre article. Je passerai sur cet article. Un seul article de dépense.
Il se moquait de la folie du chevalier sur cet article [HAMILT., Gramm. 4]
N'y ayant plus rien à faire sur cet article [ID., ib. 2]
C'était un article dont on était convenu avec soi-même [MASS., Disp.]
Qu'est-ce que cet intérêt si délicat pour l'article de votre réputation, cette sensibilité si exquise à la piqûre la plus légère de la satire ? [DIDER., Ess. s. Claude, liv. II]
Familièrement. C'est un autre article, c'est-à-dire nenni, je m'y refuse. Je veux bien lui prêter de l'argent ; mais lui en donner, c'est un autre article.
Terme de palais. Interroger sur faits et articles, interroger sur toutes les circonstances d'une affaire.
Article de foi, point de croyance, vérité réelle. Tout ce qui est dans le symbole des apôtres est un article de foi.
Ils ont fait un article de foi de cette parole [BOSSUET, Hist. II, 10]
Familièrement. Croire une chose comme article de foi, la croire fermement.
Il ne faut pas prendre pour articles de foi les explications des scolastiques [BOSSUET, Lett. 246]
Ses paroles ne sont pas articles de foi, elles ne méritent pas qu'on y ajoute foi.
Je ris de ces discours frivoles ; On sait fort bien que ses paroles Ne sont pas articles de foi [BOILEAU, Épig. 13]
Sujet traité dans un journal, dans une revue, dans un dictionnaire. Avez-vous lu l'article qui a paru ce matin dans le Moniteur ?
Objet de commerce, marchandise. Beaucoup d'articles de toilette, d'orfévrerie.
En termes de grammaire, petit mot qui précède ordinairement le substantif, et qui a pour objet de le présenter comme défini ou indéfini. Il y a deux articles : l'article défini, le, la, les ; l'article indéfini, un, une. Le latin n'a point l'article défini. En grammaire générale, l'article défini est un adjectif déterminatif (voy. ADJECTIF) qui limite l'étendue des substantifs, c'est-à-dire qui les applique positivement aux individus auxquels ils conviennent dans la circonstance actuelle.

REMARQUE

  • On avait, dans le XVIIe siècle, diverses locutions proverbiales où article figurait. Quand un homme s'est ruiné en peu de temps, on dit qu'il a mangé tout son bien en un article ; et d'un goulu qui mange vite, on dit que, quand il tient un poulet, il n'en fait qu'un article ; et d'un homme qui est confus, on dit qu'il met tout en un article, qu'il ne fait aucune distinction des choses. Ces locutions sont hors d'usage.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Comme debas fust entre nous d'une part et les marcheans d'autre part, de quatre articles [TAILLIAR, Recueil, p. 288]
    Quiconques forferoit et iroit encontre les articles qu'il aveient establi en la thalemelerie [boulangerie] [, Liv. de just. 12]
    Il sont trois manieres de nombres, digit, article, compost ; li digit sont deusques à neuf ; li article, 10 et li nombre qui sont multiplié par 10 ; li compost sont establi des articles et des digis, 11, 12 et les autres [, Comput, p. 15]
  • XVe s.
    Sur le titre des articles dessus dites [FROISS., II, II, 103]
    Fut la chose toute accordée et ordonnée sur l'article de la paix [ID., II, II, 55]
  • XVIe s.
    Ils quittent aux adversaires aulcuns articles de ceulx qui sont en debat [MONT., I, 204]
    Combien de choses nous servoient hier d'articles de foi, qui.... [ID., I, 205]
    Toute leur science ethique ne contient que ces deux articles [ID., I, 238]
    La pituite modere le sang, et aide le mouvement des articles [PARÉ, Introd. 6]
    Les os ont leur conjonction : les uns par arthrose ou article ; les autres par symphyse [ID., IV, 43]
    Ayant couché un article de despense de dix talents [AMYOT, Péric. 43]
    Demander des articles et conditions honnestes [ID., Cor. 50]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. article ; espagn. articulo ; ital. articolo ; de articulus, diminutif de artus, membre, de même radical que le mot grec signifiant articulation, membre.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    ARTICLE. Ajoutez :
    10° Bouhours prend article au sens de pronom personnel : Je dirai en latin decipit et placet ; en italien, inganna e piace ; en espagnol, engaña y agrada, parce que ces langues omettent leurs articles ; mais en français je suis obligé de dire : il trompe et il plaît, Entretiens d'Ariste et d'Eugène, p. 411, 3e édit. 1671.
    11° Vaugelas l'emploie pour préposition : Premièrement, voyons les articles devant les verbes ; ce que nous appelons ici articles, d'autres les appellent prépositions, mais la dispute du nom ne fait rien à la chose, Remarques, p. 236, édit. in-4°, 1704.

article

ARTICLE. n. m. T. d'ancienne Anatomie. Articulation mobile. Il était blessé à un des articles du petit doigt. Les doigts sont divisés en plusieurs articles. On emploie plutôt Articulation, excepté dans Amputation dans l'article, Celle que l'on pratique en coupant un membre à l'endroit où il se joint au corps.

Il se dit également, en termes d'Entomologie, des Différentes parties des membres des insectes qui peuvent se mouvoir les unes sur les autres. Les antennes, les pattes, l'abdomen, etc., sont formés d'un plus ou moins grand nombre d'articles.

Il se dit par analogie, en termes de Botanique, des Portions d'une tige ou d'un rameau comprises entre deux articulations ou noeuds. La tige et les rameaux de la prêle sont composés d'articles.

Il se dit, plus généralement, des Petites parties qui forment les divisions ou subdivisions d'un traité, d'un contrat, d'un compte, d'un écrit, d'un journal, etc. Cette loi n'a que deux articles. Discuter un article de loi. Amender un article. Les articles d'un traité de paix. Il approuva tous les articles de la capitulation. Article secret. Article essentiel. Long article. Les articles d'un contrat de vente, de mariage, etc. Dresser des articles de mariage, ou simplement, Dresser les articles. Signer des articles. Examiner un compte, article par article. Un article de dépense, de recette. Mettre par articles.

Il signifie aussi les Parties d'une publication collective. Les articles d'un journal. Insérer un article dans une revue. Un article de politique, de littérature.

Il se dit également du Sujet sur lequel roule une lettre, un mémoire, une dissertation, etc. Je lui ai lu l'article de votre lettre qui le concerne. Il n'a pas traité cet article aussi bien que le reste.

Il signifie quelquefois, dans une acception plus étendue, Sujet, matière. Nous reviendrons une autre fois sur cet article. C'est un article sur lequel il n'entend pas raison.

Fam., C'est un autre article, C'est une chose différente. La première partie de ce livre est aisée à comprendre; quant à la seconde, c'est un autre article. Je veux bien lui prêter ces livres; mais les lui donner, c'est un autre article. On dit plutôt aujourd'hui C'est une autre affaire.

Fam., C'est un article à part, se dit d'une Chose qu'il ne faut pas confondre avec d'autres, d'une chose que l'on veut traiter séparément.

En termes de Palais, Interroger sur faits et articles, Interroger une personne sur des circonstances et particularités.

Article de foi, Chaque point de la croyance en matière de religion. C'est un article de foi. Tout ce qui est dans le symbole des Apôtres est article de foi. Cette opinion est devenue un article de foi. Fam., Croire une chose comme un article de foi, La croire fermement. Croire tout comme article de foi, Être fort crédule. Ce n'est pas article de foi, Cette chose ne mérite pas ou ne paraît pas mériter de créance.

À l'article de la mort, Au dernier moment de la vie, au moment précis de la mort. Il ne faut pas attendre à l'article de la mort pour faire son testament.

En termes de Commerce, il se dit des Différents objets qu'un marchand a dans son magasin. Ces articles sont de bonne vente. Cet épicier tient aussi des articles de mercerie. C'est un article de pacotille. Vous mettrez cet article sur mon compte. Articles de luxe, de fantaisie. Les articles de Paris ou L'article de Paris, se dit de Certains objets qui se fabriquent spécialement à Paris. Faire l'article, Faire valoir sa marchandise.

En termes de Grammaire, il signifie Celle des parties du discours qui précède ordinairement les noms communs et quelquefois les noms propres. Article masculin. Article féminin. On distingue trois sortes d'articles : l'article défini, l'article indéfini et l'article partitif. AU, AUX, DES sont des articles dits contractés.

article

Article, Il vient de Articulus.

Un article d'une loy ou autre chose, Caput legis.

Article concernant la recepte du blé, et des revenuz et domaine de la ville, Caput frumenti, vectigalium, etc.

Les articles et item d'un conte et autres papiers, Nomina.

Les articles des alliances, Articulosa foedera.

Les articles furent baillez par escrit, Ex scripto editae conditiones. B. ex Liuio.

Faits et articles, Articuli thematum centuriati.

Articles sujets à rejet, Capita reiectanea.

Articles de despens rayez, Capita vel nomina expensorum expuncta.

Demander le rejet de quelque article, Scripturae caput aliquod circumscribendum, aut circumducendum vel antiquandum contendere.

L'article du salaire des commissaires qui ont taxé les despens, Calculus honorario eorum destinatus qui rationem subductam subsignauerunt.

Articles de despens croisez, Expensorum capita controuersa et praenotata.

Croiser aucuns articles de despens, Paragraphis adnotare nomina in codice impendiorum litis.

Croiser les articles debatuz, Paragraphis praenotare capita controuersa, Decussare capita concertanda, Adnotare nomina disceptanda et controuersa.

Articles de despens affermez, Calculi iurato aestimati.

Articles de despens debatuz, et finalement vuidez en la presence des Procureurs, Expensorum capita disceptata, et tandem definita adhibitis cognitoribus.

Articles quotez, Capita praecisa.

Articles accordez, Capita scripturae assensa et conuenientia.

article


ARTICLE, s. m. 1°. Jointûre des ôs dans le corps des animaux. Il se dit principalement de la jointûre des ôs des pieds et des mains de l'homme. = 2°. Petites parties d'un traité, d'un contrat, d'un compte, d'un livre, etc. Mettre par articles; examiner un compte article par article; débattre, allouer, rayer un article, etc. Diviser un livre en chapitres, et les chapitres par articles, etc. = 3°. Article de foi se dit de chaque point de la croyance. Tout ce qui est dans le symbole des Apôtres est article de foi. — On dit familièrement, croire une chose comme article de foi, et d'une chôse, qui ne mérite pas d'être crue: Ce n'est pas un article de foi.
   4°. En Gramaire, on apelle article une particule ajoutée à un nom, pour marquer de quel genre, et quelquefois en quel câs et en quel nombre il est. Voy. Câs, Genre, Nombre.
   I. Nos plus illustres Gramairiens modernes sont du sentiment que nous n'avons qu'un article, qui est le pour le masc. la pour le fém. et les pour le plur. des deux genres; du, des, au, aux, n'étant que la contraction des prép. de et à avec l'article; du signifiant à le; au, à le; des, de les; aux, à les, etc. Qu'ainsi il n'y a point de câs dans notre Langue; et que nous exprimons avec des prépositions, et sur-tout avec de et à, les raports que les Grecs et les Romains exprimaient par les diverses terminaisons de leurs noms. Cette notion de l'article paraît plus nette, plus simple, plus conforme au génie de notre langue. Nous ne l'avons pourtant pas prise pour guide, malgré les raisons et les autorités imposantes qui l'apuyent. Nous avons pensé que les Gramaires étrangères, et plusieurs même des françaises, qui ne sont point abandonées, étant travaillées suivant l'anciène méthode, qui a aussi ses avantages, ce Dictionaire serait moins utile et aux Étrangers et à beaucoup de Français, s'il s' en écartait. Ceux qui ne conaissent qu'un article et des prépositions, les retrouveront dans ce que nous allons dire. Les autres y trouveront aussi des notions exprimées dans les termes auxquels ils sont acoutumés.
   Il me paraît même que ces Gramairiens modernes se sont trop échaufés sur ce sujet, assez peu important dans le fond. Quand il le serait, il n'est pas aisé de changer l'ancien langage. Et puisqu'on veut que tous les peuples de l'Europe parlent notre Langue, ne vaut-il pas mieux continuer à leur doner des notions gramaticales, analogues à celles de leur propre langue, que de les dérouter par un nouveau langage et des idées qui leur sont étrangères. — Faisons pour l'article ce que font le Physiciens pour le mouvement de la Terre. Après avoir démontré qu'elle se charge de toutes les révolutions diurne et annuelle; ils ne laissent pas de parler comme le peuple, et de les attribuer au Soleil: ils disent comme le vulgaire, que le Soleil se leve, qu'il se couche, qu'il s'avance d'un tropique à l'autre. Ainsi, après avoir averti que nous entendons par article défini ce que les modernes apellent le seul et unique article, et par article indéfini les prép. de et à devant les noms, employés sans articles, nous traiterons ces deux articles sous leurs anciens noms et suivant l'anciène méthode.
   II. ARTICLE indéfini (ou les noms employés sans article.) Il se met devant les noms propres d'homme ou de ville, Louis, Paris, de Louis, de Paris, à Louis, à Paris, etc.
   1°. Les noms apellatifs eux-mêmes prènent l'article indéfini (ou autrement s'emploient sans article.) 1°. quand ils sont pris dans un sens indéfini; ainsi quand je dis: c' est un Palais de Prince, je parle d'un Prince indéfiniment, sans désigner tel ou tel Prince. Sur quoi:
   Règle assez générale: Quand le nom régissant est employé sans article, le nom régi prend l'article indéfini, (la prép. de) et quand le 1er a l'article, il faut le mettre aussi au 2d: ainsi l' on dira des vaisseaux chargés de bled; et les vaisseaux chargés du bled, qu'on avait acheté en Sicile. Vertot. Ainsi, au lieu de dire: "cet homme brutal et cruel avoit caché ces défauts sous les aparences de douceur et de bonté; Rollin aurait dû dire, sous les aparences de la douceur et de la bonté, ou ce qui est encôre mieux, sous des aparences de douceur et de bonté. "Attachée au St. Siège par les liens de paix, de charité, d'obéissance. Fléchier. Il faut des liens de paix, ou les liens de la paix, etc. "La fatale cessation d'hostilités. Targe. Pour l'indemniser des frais de siège. Id. Il faut la cessation des hostilités; des frais du siège.
   2°. À~ la tête de la phrâse, les noms apellatifs s'emploient plus souvent sans article, parce qu'alors ils sont employés comme adjectifs. "Magistrats eux-mêmes, ils crurent devoir s'apuyer de la Magistratûre. Moreau. — Or, quand ces noms sont ainsi employés adjectivement et à la tête de la phrâse, la netteté du discours demande qu'ils se raportent au pronom nominatif, comme nous le disons des adjectifs et des participes. "Père cruel, mais infortuné, il eut plus souvent besoin du secours de la France, qu'il ne fut en état d'insulter ses frontières. Moreau. Voyez Participe, Rem. sur la 5e Règle.
   3°. Ces mêmes noms apellatifs sont quelquefois employés sans article, non-seulement quand ils sont sujet de la phrâse, (c. à. d. au nominatif) mais encôre quand ils sont employés comme régime direct (à l' accusatif:) "Elle voit disparoître autour d'elle grandeur, gloire, plaisirs, jeunèsse; Masc. "Entre-t-elle dans les lieux Saints, pour assister aux Sacrés Mystères, prosternement, adoration, silence. Fléchier. Le verbe est sous entendu, et cela est bien plus animé. "Nous voyons dans ce siècle, Lois existantes, Magistrats obligés d'administrer, autorité publique: formes conûes, etc.
   Voilà donc d'où leur vient cette audace intrépide,
   Qui n'a jamais conu crainte ni repentir.
       Rousseau
  L'éfort des vagues profondes
  Engloutissoit dans les ondes
  Bergers, cabanes, troupeaux.      Le même.
"Celui-ci, après avoir sacrifié à ses passions, gloire, honneur, santé~, richesses, devenu la fable, l'oprobre du monde, traîne dans l'infamie les misérables restes d'une vie honteuse et déplorable. Neuville.
   Le superbe Eridan, le souveraïn des eaux,
   Traîne et roule, à grand bruit, forêts, bergers, troupeaux.       De Lille.
— Cependant cette supression de l'article ne fait pas toujours bien: elle demande du goût et de l'attention. Je ne la trouve pas à propos dans cette phrâse. "Il ne faut que lire cette Traduction pour voir combien il avoit de penchant à tout ce qui tendoit à révolte et à sédition. Sabatier, Trois Siècl.
   4°. Ces mêmes noms prènent l'art. indéfini quand ils sont acompagnés des pronoms: mon livre, de votre maison, à cet endroit, de quelque lieu, etc. — Lorsqu'ils sont précédés des noms de nombre, deux écus, de trois lieues, à dix soldats, etc. — Exceptez pourtant les ocasions où les noms de nombre sont relatifs à quelque chôse dont on a déjà parlé; p. ex. "Il lui envoya les dix escadrons qu'il avoit demandés.
   5°. Cette supression de l'article est sur-tout en usage avec le verbe apeler. "Ce que les hommes apèlent gloire, grandeur, puissance, profonde politique, ne paroît à ces suprêmes Divinités que misère et foiblesse. Télém. — Avec tous et chacun: "Hommes, femmes, enfans, tous y accourûrent. "Centurions et soldats, chacun murmuroit contre les ordres du Général. Vertot. — Avec ni: Chacun de ces deux ordres ne pouvoit soufrir ni Magistrats, ni autorité dans le parti contraire. Id. — Avec ne suivi de que.
   Leur bouche~ ne vomit qu'injûres et blasphêmes.
       Rousseau.
Sans toi la science humaine
N'est qu'ignorance hautaine,
Trouble et frivole entretien.Le même.
— Avec soit redoublé : "Soit inspiration de Dieu, soit erreur de l'Homme, qui se fait un Dieu de son desir. Jér. Déliv. — Avec jamais. "Jamais peut-être Historien n'a été plus atachant. — Après tout: "Tout alors pouvoit être embûche, et tout en effet étoit trahison. — Avec en: aller en ville, regarder en pitié, etc.
   Mais c'est sur-tout dans le style marotique, que cette supression de l'article a le plus souvent lieu.
   Il nous vaut mieux vivre au sein de nos lâres,
   Que parcourir bords lointains et barbares.
       Ververt.
  Désir leur vint d'en voir la vérité:
  Désir de fille est un feu qui dévore, etc.
      Ibid.
   On a bien lieu de regretter cette aisance de l'ancien langage, qui délivrait le plus souvent le discours de l'embarras et de la répétition de l'article, laquelle nuit sur-tout À~ l'harmonie des vers.
   6°. On suprime encôre l'article devant les noms apellatifs dans plusieurs ocasions, où joints aux verbes avoir, faire, et quelques autres verbes, ils ne forment qu'une seule expression; Avoir peur, faire peur; avoir raison, faire pitié; doner droit, tirer vanité, etc. Sur ces noms apellatifs, employés sans article, il y a la fameuse Règle de Vaugelas, que: Tout nom qui n'a point d'article, ne peut avoir après soi un pronom relatif, qui se raporte à ce nom-là. Exemple: quand je me fais justice, il faut qu'on se la fasse. Le pronom la est relatif à justice, substantif employé indéfiniment sans article. "Vous avez droit de chasse, et je le trouve bien fondé: "Le Roi lui a fait grâce, et il l'a reçue allant au suplice. Toutes ces phrâses sont vicieuses par le même endroit.
   Sur le même principe, un nom employé sans article ne devrait pas non plus être suivi d'un adjectif: cependant on ne peut trouver à redire à ce vers de Racine, et à tant d'aûtres semblables.
   Jamais tant de beauté fut-elle couronnée?       Esther.
C'est pourquoi M. l'Ab. d'Olivet voulait avec raison qu' on réformât la règle de Vaugelas, et qu'on dît: Tout nom employé sans article, ou sans quelque équivalent de l'article, etc. Ici p. ex. tant de beauté; c'est comme si l'on disait, une si grande beauté. Et dès lors quelle phrâse est plus régulière que celle-ci? "Jamais une si grande beauté n'a été couronée. — Mais ne pourrait-on pas réformer aûtrement la Règle de Vaugelas, en y mettant deux conditions, dont la réunion dispenserait de l'addition qui paraît si sagement proposée; savoir, un nom pris indéfiniment et sans article, etc. Or, on ne peut pas dire que, tant de beauté soit pris indéfiniment, comme faire justice, avoir droit, faire grâce. — De-là il me paraît que sans avoir recours à l'équivalent de l'article, on justifie toutes les phrâses que l'Ab. d'Olivet entasse dans la même Remarque, en disant que les noms n'y sont pas employés dans un sens indéfini, quoique avec l'article indéfini. "Il n'y a point d'injustice qu'il ne comette. "Il n'y a homme qui sache. Est-il ville dans le Royaume qui soit plus obéissante? Une sorte de fruit qui; une espèce de bois qui, etc. "Il est acablé de maux, qui lui font perdre patience, etc. etc.
   7°. Les pronoms personels prènent l' art. indéfini. Je, vous, de moi, de vous, à moi, à vous, etc. — Les pronoms possessifs absolus et les démonstratifs tiennent lieu d'article; aussi n'en met-on point devant eux: mon père, sa mère, son frère, leur soeur etc. Nous n'imitons pas les Italiens qui disent: il mio fratello, la mia madre, le mien frère, la mienne mère, etc. — Cet homme, une femme, quelle idée, quelques amis; à cet homme, d'une femme, de quelle idée parlez-vous? à quelques amis, etc.
   III. ARTICLE défini, (ou les noms employés avec l'article.) 1°. Les noms apellatifs. — Art. masc. devant les consones: le Ciel, du Ciel, au Ciel. — Devant les voyelles, l'esprit, de l' esprit, à l'esprit. — Art. fém. Devant les consones, la femme, de la femme, à la femme. — Devant les voyelles, l'âme, de l'âme, à l'âme.
   2°. Les noms des deux planètes, le Soleil et la Lune, ceux des élémens, des saisons, des quatre parties du monde, des royaumes, provinces, montagnes, fleûves et rivières prènent l'art. déf. quoique apartenant plutôt aux noms propres, qu'aux noms communs et apellatifs.
   3°. En parlant de Dieu, on se sert ordinairement de l'art. indéf. de Dieu, à Dieu. Cependant on dit, dans le langage de l'Écriture, le Dieu fort, le Dieu de paix, le Dieu de miséricorde, le Dieu d'Abraham, le Dieu des Chrêtiens.
   4°. Nous mettons l'article devant quelques noms propres italiens qui le prènent en leur langue: nous disons le Tasse, l'Arioste, le Dante, le Bembe, le Titien, etc. Il est aussi quelques noms de ville qui prènent l'art. déf.; le Catelet, la Capelle, le Quesnoi, le Mans, le Caire, la Mecque, etc. — Pour les noms Français même, quoique noms propres, c'est assez l'usage de mettre l'article, quand ces noms sont significatifs; le Maitre, le Moine, le Peintre, le Bon, le Roux, etc. Alors cet article se conserve toujours dans les cas obliques: on doit dire de M. le Maître, de M. le Moine, et non pas, du Maître, du Moine; on dit même les plaidoyers de le Maître, les tableaux de le Moine, le ratafia de le Prince, etc. Et pour les femmes de petite considération, on met aussi l'article, sur-tout pour les Actrices; la le Couvreur, la Dumesnil, etc.
   5°. Les noms de rivière féminins prènent l'art. indéfini, et les masc. le défini. "La rivière de Seine, la rivière du Rhône. — On dit de même: la montagne de Tarare, avec l'art. indéf., et le mont Taurus sans article. Buf.
   6°. Les noms d'empire et de royaume prènent tous l'article défini au nominatif, au datif et à l'acusatif: "La France, l'Espagne, le Pérou; de la France, à l'Espagne, au Pérou, etc. Mais pour le génitif et l'ablatif, l'usage varie. Il veut qu'on dise: "Les Rois de la Chine, du Japon, l'or du Pérou, la porcelaine de la Chine, du Japon, etc. tandis qu'on dit, les Rois de Perse, de France, d'Angleterre, etc. et non pas de la Perse, de la France, etc. — On dit de même: partir de la Chine, revenir du Pérou; et partir de France, revenir d'Espagne, etc. — Il est d' autres ocasions où l'on se sert indiféremment de l'un ou de l'autre article; car on dit: "Les peuples d'Asie ou de l' Asie, les villes de France ou de la France, etc. pendant qu'on dit: les nations de l'Asie, et les bornes, les limites de la France, et non pas, d'Asie, de France, etc. Voyez EN.
   7°. Les Adjectifs, quoiqu'ils soient d'eux-mêmes incapables de recevoir aucun article, ne laissent pas souvent de prendre l'art. déf. mais ce n'est jamais qu'en vertu d' un nom substantif, ou exprimé, ou sous-entendu. Les diférentes ocasions où ils reçoivent cet article sont: — Quand ils précédent un nom substantif qu'ils qualifient: Le grand bien qui en arrivera, la belle action, etc. — Quand ils sont mis soit devant, soit après un nom propre pour épithète perpétuelle: Le Grand Pompée, Alexandre le Grand, Louis le Bien-Aimé, etc. — Quand ils sont superlatifs comparatifs: "Le meilleur de ses amis, le plus heureux des Hommes. — Quand ils sont employés au superlatif avec la particule très, ou qu'ils sont d' eux-mêmes superlatifs: "Le très-haut et très-puissant Seigneur; l'illustrissime, le révérendissime, etc. — Quand n'étant d'eux-mêmes que simples adjectifs, on les emploie comme superlatifs: "Le bon des bons, le sage des sages, — Enfin, quand ils tiènent eux-mêmes lieu de substantif. "Le Sage ne s'étone de rien; l'avare manque de tout.
   8°. Les pronoms possessifs relatifs et les pronoms relatifs un et quel, prènent l'art. déf. le mien, le tien, le sien, le vôtre, etc. du mien, du tien, au sïen, au vôtre, etc. l'un d'eux, à l'une des filles, etc. lequel, duquel, auquel, etc.
   9°. Les infinitifs de quelques verbes prènent l'art. déf. mais alors ils sont considérés comme substantifs: "Le boire, le manger, au sortir de, etc. — Dites-en de même des participes actifs ou passifs: "savoir les tenans et les aboutissans d'une afaire; l' ofensé a droit de se plaindre, etc.
   10°. Parmi les adverbes de comparaison, il n'y a que bien, qui régisse l'article défini, les autres exigent l'indéfini. On dit: bien de l'argent, bien du pain, bien de la viande; et beaucoup, plus, peu, moins d'argent, de pain, de viande, etc. — Les adverbes mieux, moins, pis, plus, dessus, dessous, quand et comment prènent quelquefois l'art. défini, et deviènent par-là des substantifs: "Le mieux que vous puissiez faire, le pis qu'il puisse arriver. "Il y a du plus ou du moins à cela; le dessus, le dessous, le quand et le comment. — Tous les adverbes qui sont susceptibles de superlatif, prènent aussi l'article défini. "Le moins souvent qu'on peut, le plus doucement qu'il se pourra, etc.
   IV. Outre ces deux articles, quelques Gramairiens en distinguent un 3e qu'ils apèlent article partitif; et c' est quand on parle des chôses ou des persones dans un sens partiel et limité; comme quand on dit: Donez-moi du pain, de la viande, des fruits, etc. Des hommes instruits l'ont raconté ainsi. Cet article n'a lieu qu'au nominatif, au datif, et à l' acusatif. C'est au sing. du pour le masc. de la pour le fém. Au plur. des devant un subst. et de devant un adjectif; du bois, de la chandelle, des hommes savans et de savans hommes. "Travailler à de la dentelle, apartenir à d'honêtes gens, etc. — C'est un gasconisme de dire: donez-moi de viande, de chandelle, pour de la viande, etc. C'en est aussi un assez fréquent dans les provinces méridionales, de mettre des devant l'adjectif, des savans hommes. — Mais quant au 1er, si l'article partitif précède immédiatement l'adjectif, de est régulier. On dit de la viande et de bone viande, du poisson et d' excellent poisson. — Pour le 2d, quand l'adjectif et le substantif ne forment qu'un sens indivisible, l'art. défini est d'usage, quoique l'adjectif précède. "Cet homme a de l'esprit, des belles-lettres, c. à. d. de la littératûre. — C'est ainsi que Boileau a dit d'Alexandre.
   Heureux! si de son temps, pour de bones raisons
   La Macédoine eut eu des petites maisons.
C'est ainsi qu'on dit des petits-maîtres, des petites-maîtresses, et non pas de petits-maîtres, etc. Dans ces ocasions, il faut mettre un tiret entre l'adj. et le subst.
   L'ARTICLE Partitif ne doit point être suprimé, excepté dans les cas mentionés à l'Art. II, n°. 6. — P. Corneille le retranche en plusieurs endroits, où ce retranchement n'est pas autorisé par l' usage.
   J'ai tendresse pour toi, j'ai passion pour elle.
       Nicom.
A-t-elle montré joie, etc.Perth.
L'usage veut qu'on dise, avoir peur, faire peur, etc. et avoir de la tendresse, avoir de la passion, montrer de la joie, etc. etc.
   V. Quand l'adjectif et le substantif sont joints ensemble, on ne met qu'un article pour l'un et pour l'autre; le savant homme, l'homme savant, etc. — On en met pourtant deux dans les ocasions suivantes. — Avec l'adjectif tout, à tout le monde, de toute la France. = Quand un adjectif, qui n'est point nom de nombre, suit immédiatement son substantif, pour en marquer le surnom et la qualité: de Henri le Grand, à Madame la Princesse. — Quand un superlatif suit immédiatement son substantif: "Aux hommes les plus illustres. Si le superlatif précède, il suit la règle générale; aux plus savans hommes. — Après ces mots, Monsieur, Monseigneur, et autres semblables: "Le sentiment de Messieurs les Gens du Roi; à Monsieur le Président; à Monseigneur l'Évêque de, etc. Buf.
   VI. On ne met point d'article devant un adjectif séparé de son substantif, comme Épicure~ était voluptueux. — Quand un adjectif séparé de son substantif a un article, c'est qu'il devient alors, ou qu'il est censé substantif... "Un savant est quelquefois confondu avec un ignorant; le verd blesse moins la vûe que le rouge, etc. Buf.
   VII. Quand deux adjectifs sont joints ensemble par une conjonction, et qu'ils ont un même substantif, on ne met l'article que devant le premier, pourvu que ces deux adjectifs aient à-peu-près la même signification. "Le pieux et saint homme que voilà. — Mais si les deux adjectifs ont un sens diférent, il est mieux de répéter l'article devant le 2d: "Le pieux et l'illustre personnage dont je vous ai parlé. — Cependant le pronom ou l'article un ne se répète point alors. "Un pieux et illustre personage. Buf.
   VIII. Le changement d'article du masc. au fém. a bone grâce. "Je dois beaucoup à la conduite et au soin de cet homme; est dit avec beaucoup plus de grâce que si l' on disait: à la conduite et à la diligence. Vaugelas.
   IX. Il faut répéter les articles devant les substantifs, quand il y en a plusieurs de suite: Les faveurs et grâces est une faute: il faut dire: les faveurs et les grâces. = La faûte est encôre plus grande, quand les deux substantifs sont de genres diférens: Le malheur et misère, est insoutenable: il faut dire: et la misère. — Dites-en de même des cas obliques; des faveurs et grâces, aux malheurs et misères, sont contre l'usage. Il faut des faveurs et des grâces, aux malheurs et aux misères, etc. Vaug.

Synonymes et Contraires

article

nom masculin article
1.  Subdivision d'un texte.
2.  Écrit faisant partie d'une publication.
3.  Sujet.
4.  Objet destiné à la vente.
Traductions

article

Artikel, Abhandlung, Geschlechtswort, Paragrapharticle, item, commodity, entry, paper, storyartikel, lidwoord, handelsartikel, opstel, bepaling, bijdrage, stuk, verhandeling, artikel [document], gewricht, goed, lid, punt, stuk [krant], itemאייטם (ז), סחורה (נ), ערך מילוני (ז), פריט (ז), סְחוֹרָה, פְּרִיטстатияartiklo, artikoloartículoartikel, barang, bendaarticolo, materiale, pezzo記事, 冠詞άρθροартикль, статья, артикулمَقَالčlánekartikelartikkeličlanak기사artikkelartykułartigoartikelบทความmakalebài báo文章 (aʀtikl)
nom masculin
1. texte court qui fait partie d'un ouvrage un article de journal les articles d'un dictionnaire
2. objet en vente dans un magasin articles en solde
3. partie, division d'un texte article de loi
4. grammaire mot placé devant un nom articles définis et indéfinis

article

[aʀtikl] nm
(PRESSE)article
un article de journal → a newspaper article
article de fond → feature article
article de presse → press article
(COMMERCE)item, article
Désolé, nous ne faisons plus cet article → Sorry, we no longer stock that item.
les articles en promotion → items on special offer
articles de bureau → office equipment
articles de voyage → travel goods, travel items
faire l'article → to do one's sales spiel
faire l'article de → to sing the praises of
(LINGUISTIQUE)article
article défini → definite article
article indéfini → indefinite article
(DROIT)article
à l'article de la mort → at the point of death