aspre

(Mot repris de aspres)

ASPRE

(a-spr') s. m.
Petite monnaie d'argent chez les Turcs.
Je vous estime trente aspres, dit un poëte au grand kan [VOLT., Mœurs, 58]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Pour dix aspres un turc se donnera une entaille [MONT., I, 309]

ÉTYMOLOGIE

  • Bas-latin, asperi, aspri, aspratura ; grec moderne. En grec moderne, le terme signifie blanc ; et en effet l'aspre est une monnaie d'argent, et c'est ainsi que chez nous une pièce blanche s'est nommée un blanc. Cette monnaie est en usage chez les Turcs ; mais le mot n'est pas turc ; car on le trouve dans Alexis Comnène bien longtemps avant l'établissement des Ottomans, verbe grec signifiant exiger le payement en monnaie non usée. Cette phrase explique en même temps l'origine du mot aspre. En effet les Latins nommaient nummus asper, une monnaie âpre, c'est-à-dire non usée par le frottement, en d'autres termes, fraîchement frappée. On a là une des plus curieuses mutations de sens qu'une langue puisse offrir. Asper nummus signifie en latin une monnaie qui sort de la fabrique ; le mot asper passe dans le grec avec le sens de monnaie, puis il prend le sens spécial de monnaie d'argent ; et comme l'argent est blanc, il arrive à exprimer la blancheur, de sorte que, par une déduction qu'on suit nettement, asper devient synonyme de blanc.

aspre

ASPRE. s. m. Petite monnaie d'argent chez les Turcs. L'aspre vaut le tiers du para, c'est-à-dire, un peu moins de trois centimes.

aspre

Aspre et rude soit à veoir à ouïr, à gouster, ou à toucher, Asper.

Fort aspre et rude, Perasper, Peracer.

Aspre et rude de soif qu'il souffre, Asper siti.

Aspre et rude à manier, Scaber.

Lieu aspre et rude, desrompu, et mal uny, Aspretum, aspreti, Salebra, salebrae, Locus salebrosus.

¶ Un homme aspre, Acer, Austerus, Seuerus.

Estre aspre et ardant à faire quelque chose, Ardere.

Aspre, poursuivant de grand coeur ce qu'il fait, Studiosus.

Aspre et ardant à recouvrer liberté, Ardens ad libertatem recuperandam.

Estude fort aspre, Studium flagrans.

Un peu bien aspre au gain, ou à son profit, Un peu trop aspre à l'argent, ou trop aspre et pres prenant à faire ses besongnes, Aliquantum ad rem auidior. B. ex Terentio.

Qui est aspre à escrire contre les vices, Author seuerissimus.

Estre fort aspre de courir de costé et d'autre pour faire quelque chose, Satagere.

N'estre pas si aspre, Remissiorem esse.

Devenir aspre par succession de temps, Austeritatem annis recipere.

Faire rude et aspre, Asperare, Exasperare.

aspre


ASPRE, s. m. Petite monnoie d'argent, chez les Turcs, chez qui ce mot signifie blanc. L'aspre vaut neuf deniers. Acad. Cette monnoie doit donc être imperceptible. — Le Dict. du Citoyen dit que l'aspre pouvait valoir autrefois huit deniers de France, et qu'on en donait 80 pour notre écu de 60 sols; mais que comme on est sujet à trouver beaucoup d'aspres fausses et de bâs aloi, on ne les reçoit plus aujourd' hui que sur le pied de six deniers: il en faut 120 pour l'écu. — On voit que l'Auteur de ce Dictionaire fait aspre fém. — L'Acad. le marque masc.Trév. écrit âpre, mais mal, puisque l's se prononce. Le Rich. Port. met apre et aspre, chacun en son lieu. Le 2d est le seul bon.

aspre


ASPRE, ASPREMENT, ASPRETÉ. Vieille ortographe. Voy. ÂPRE, ÂPREMENT, ÂPRETÉ. — ASPRELLE. V. ÂPRELLE.