assoupir

assoupir

v.t. [ du lat. assopire, endormir ]
1. Endormir à demi : Cette musique l'assoupit.
2. Fig. Rendre moins fort, atténuer : Une pommade qui assoupit la douleur

s'assoupir

v.pr.
1. S'endormir doucement, à demi : Elle s'est assoupie après le repas.
2. Devenir moins aigu, moins violent : Les rancœurs se sont assoupies
s'éteindre ; se raviver

assoupir


Participe passé: assoupi
Gérondif: assoupissant

Indicatif présent
j'assoupis
tu assoupis
il/elle assoupit
nous assoupissons
vous assoupissez
ils/elles assoupissent
Passé simple
j'assoupis
tu assoupis
il/elle assoupit
nous assoupîmes
vous assoupîtes
ils/elles assoupirent
Imparfait
j'assoupissais
tu assoupissais
il/elle assoupissait
nous assoupissions
vous assoupissiez
ils/elles assoupissaient
Futur
j'assoupirai
tu assoupiras
il/elle assoupira
nous assoupirons
vous assoupirez
ils/elles assoupiront
Conditionnel présent
j'assoupirais
tu assoupirais
il/elle assoupirait
nous assoupirions
vous assoupiriez
ils/elles assoupiraient
Subjonctif imparfait
j'assoupisse
tu assoupisses
il/elle assoupît
nous assoupissions
vous assoupissiez
ils/elles assoupissent
Subjonctif présent
j'assoupisse
tu assoupisses
il/elle assoupisse
nous assoupissions
vous assoupissiez
ils/elles assoupissent
Impératif
assoupis (tu)
assoupissons (nous)
assoupissez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais assoupi
tu avais assoupi
il/elle avait assoupi
nous avions assoupi
vous aviez assoupi
ils/elles avaient assoupi
Futur antérieur
j'aurai assoupi
tu auras assoupi
il/elle aura assoupi
nous aurons assoupi
vous aurez assoupi
ils/elles auront assoupi
Passé composé
j'ai assoupi
tu as assoupi
il/elle a assoupi
nous avons assoupi
vous avez assoupi
ils/elles ont assoupi
Conditionnel passé
j'aurais assoupi
tu aurais assoupi
il/elle aurait assoupi
nous aurions assoupi
vous auriez assoupi
ils/elles auraient assoupi
Passé antérieur
j'eus assoupi
tu eus assoupi
il/elle eut assoupi
nous eûmes assoupi
vous eûtes assoupi
ils/elles eurent assoupi
Subjonctif passé
j'aie assoupi
tu aies assoupi
il/elle ait assoupi
nous ayons assoupi
vous ayez assoupi
ils/elles aient assoupi
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse assoupi
tu eusses assoupi
il/elle eût assoupi
nous eussions assoupi
vous eussiez assoupi
ils/elles eussent assoupi

ASSOUPIR

(a-sou-pir) , j'assoupis, j'assoupissais, j'assoupis, j'assoupirai, assoupissant v. a.
Jeter dans un sommeil ou léger ou de peu de durée. Un peu d'opium l'avait assoupi.
Fig. Suspendre, diminuer momentanément.
C'est ainsi qu'on déguise un violent dépit ; C'est ainsi qu'une feinte au dehors l'assoupit [CORN., Rodog. IV, 6]
Atténuer, empêcher les suites mauvaises. On assoupit les bruits qui couraient.
Et l'on veut assoupir la chose en sa naissance [MOL., Mis. II, 6]
Avez-vous avec elle eu quelque intelligence ? C'est ma sœur, et je puis assoupir tout cela [REGNARD, les Ménechmes, V, 3]
La contestation éclata dans l'Académie, qui eut d'abord la sagesse d'écouter tout, et ensuite celle d'assoupir par son autorité une dispute qui n'en devait pas être une [FONTEN., Rolle.]
S'assoupir, v. réfl. Se laisser aller doucement au sommeil. Il s'assoupit chaque jour après son repas.
Dites !... mais pardonnez, déjà ma main chancelle, Tout mon corps se roidit, je me sens assoupir, J'expire et c'est pour vous qu'est mon dernier soupir, [GILB., La marquise de Gange]
(Dans cette phrase il y a ellipse du pronom réfléchi déjà exprimé.)
Fig. Se calmer, s'affaiblir. Sa douleur va bientôt s'assoupir. L'affaire, qui avait fait du scandale, s'assoupit.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Le dict des arbitres feut mis par escript, et les ducs les accepterent en remerciant les dicts arbitres de ce que par leur bonne diligence les questions estoient assopies [JUVÉN., an 1380]
  • XVIe s.
    Il y eut de grandes victoires et de grandes pertes aussi pour les Romains, mais pour cela n'en fut point la guerre assopie [AMYOT, Marcel. 4]
    Visitant toutes les villes et les appaisant, il assopit un grand mouvement de tout le païs, qui estoit en branle de soy rebeller [ID., ib. 46]
    Sur la fin que le bucher s'en alloit declinant et le feu assopissant [ID., Sylla, 76]
    Les vents sont assoupis, les bois dorment sans bruit [RONS., 744]
    Il n'y a meilleur moyen d'assoupir telles noises que de n'en dire mot [PARÉ, IX, 15]

ÉTYMOLOGIE

  • Ad, à, et sopire, endormir (voy. SOPOREUX) ; normand, assouir, assommer, étourdir.

assoupir

ASSOUPIR. v. tr. Endormir à demi. Les fumées du vin l'assoupissent. Les vapeurs qui montent à la tête assoupissent. Un discours monotone assoupit ordinairement les auditeurs. Une drogue qui assoupit les sens. Il s'assoupit ordinairement après le repas.

Il signifie figurément Suspendre pour un temps l'effet d'une chose. Un remède qui assoupit les grandes douleurs.

Il signifie aussi, figurément, Empêcher l'éclat, le progrès, les suites de quelque chose de fâcheux. Il se trouva impliqué dans l'accusation; mais ses parents assoupirent l'affaire. Cette affaire est capable de vous ruiner, de vous perdre, il faut l'assoupir. Assoupir la sédition. La guerre fut assoupie. Assoupir un différend, une querelle.

S'ASSOUPIR se dit figurément et signifie Se calmer, s'affaiblir. La douleur va bientôt s'assoupir. Avec le temps, les haines s'assoupissent. La querelle s'est enfin assoupie.

assoupir


ASSOUPIR, v. a. ASSOUPISSEMENT, s. m. [A-sou-pi, piceman; 4e e muet au 2d] Le verbe a le sens actif (endormir à demi); le substantif a le sens passif: il n'exprime pas l'action d'assoupir, mais l' état d'une persone qui est assoupie. Voyez à la fin. — Ils se disent au propre: "Les fumées du vin l' ont assoupi: "Il étoit dans un grand assoupissement; et au figuré, le verbe dans le sens d'adoucir, suspendre, calmer; assoupir la douleur; le substantif dans un sens métaphorique, qui tient du sens propre: "Le honteux assoupissement où les passions nous jettent. = Assoupir a encore un sens que n'a pas assoupissement; celui d'empêcher l'éclat, les progrès, les suites de quelque chôse de fâcheux: Assoupir une afaire, une querelle, une sédition, un diférend. — On ne dit ni assoupissement de la douleur, ni l'assoupissement des diférends, de la guerre, etc. — On dit avec le pron. pers. s'assoupir, mais seulement au propre: "Il s'assoupit après le repas.
   * Rem. La Touche dit que le verbe se prend toujours en bonne part (au figuré), et le substantif toujours en mauvaise part. Il a tort pour le premier. "Assoupir un diférend; la guerre est assoupie, sont des exemples qui confirment sa remarque. Mais ces vers de Rousseau y sont contraires.
   Craignez que de sa voix les trompeuses délices
   N'assoupissent enfin votre foible raison.
On dit aussi des sentimens de Religion, qu'ils ne sont pas toujours détruits dans une âme, mais qu'ils y sont souvent assoupis par les passions. L'Acad. ne met pas assoupir en ce sens, mais il est du bel usage.
   La Touche a mieux dit pour assoupissement au figuré; il se prend toujours en mauvaise part. "L'assoupissement de la raison. "L'état des pécheurs est un étrange assoupissement. "Sa molle langueur se dissipe: il sort de l'ivresse et de l'assoupissement du plaisir. Jér. Dél.
   Il semblerait, par ce dernier exemple, qu'assoupissement aurait quelquefois un sens actif; et que si l'assoupissement de la raison, c'est la raison qui est assoupie, l'assoupissement du plaisir, des passions, c'est le plaisir, ce sont les passions qui assoupissent la raison.

Synonymes et Contraires

assoupir

verbe assoupir
1.  Plonger dans le sommeil.
réveiller -littéraire: éveiller.

assoupir (s')

verbe pronominal assoupir (s')
1.  Sombrer dans le sommeil.
Traductions

assoupir

put to sleep, doze off, nod offinslaapdoenvallen, in slaap doen vallenin Schlaf versetzen, schlafen machendormigiadormecerusypiaćfazer dormirassopire (sasupiʀ)
verbe pronominal
s'endormir