attitrer

(Mot repris de attitrèrent)

ATTITRER

(a-ti-tré) v. a.
Donner le titre, la préférence pour un objet.
En termes de chasse, attitrer les chiens, les poser dans des relais pour attendre le gibier.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    À cest lieu servir furent dui pruveire [prêtres] atitelé [, Rois, 2]
  • XIVe s.
    C'est chose adtiltrée [, Traité d'alch. 859]
  • XVIe s.
    Solon s'esmerveilloit de ce que Thales n'avoit jamais voulu prendre femme pour avoir des enfans : Thales ne luy respondit rien sur l'heure, mais quelques jours après, il attitra un estranger, qui disoit venir tout freschement d'Athenes [AMYOT, Solon, 9]
    Publicola mettoit peine d'augmenter ceste sedition, ayant des hommes attiltrez pour ce faire [ID., Publ. 38]
    Pompeius lui attiltra une amorche de dix cohortes, qu'il envoya piller la campagne, leur ayant commandé de s'escarter les uns des autres [ID., Pomp. 29]

ÉTYMOLOGIE

  • À et titre.

attitrer

ATTITRER. v. a. Donner habituellement à quelqu'un la préférence sur d'autres, pour les choses qui concernent sa profession ou son commerce. Il ne s'emploie guère qu'au participe. C'est son commissionnaire attitré. Marchand attitré.

Il se prend quelquefois en mauvaise part. Des témoins attitrés, des assassins attitrés, Des gens soudoyés pour porter de faux témoignages, pour assassiner. On dit plus ordinairement, Des témoins, des assassins à gages.