aubain

AUBAIN

(ô-bin) s. m.
Étranger qui n'est pas naturalisé et qui est sujet au droit d'aubaine.
Les Genevois ne sont point aubains en France ; ils jouissent de tous les priviléges des Suisses [VOLT., Lettr d'Argental, 2 mars, 1766]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Aubains ne puet faire autre seigneur que le roy en s'obeissance [DU CANGE, albani.]
    Se aucuns aubains muert sans hoir ou sans lignage, li rois est hoirs [ID., ib.]
  • XIVe s.
    Albains sont hommes et femmes qui sont nez en villes dehors le royaume si prouchaines, que l'en peut congnoistre les noms et nativités [DU CANGE, Albani.]
  • XVIe s.
    Aubains sont estrangers qui sont venus s'habituer en ce royaume, ou qui, en estant natifs, s'en sont volontairement estrangés : et non ceux qui, estant nés et demeurans hors le royaume, y auroient acquis des biens par succession ou autrement [LOYSEL, 67]
    Le haut-justicier succede à son sujet par faute de parens, comme le roy aux aubains [ID., 348]

ÉTYMOLOGIE

  • Bas-lat. albanus, albanius, aubena. Mot qui a beaucoup exercé les étymologistes. Cujas le tire du latin advena, étranger ; Nicot, de l'ancien français hober, qui signifie remuer, déplacer ; Loisel, d'alibi natus, né ailleurs ; Caseneuve et du Cange, de Albanus, nom des habitants de l'Albanie (Écosse) ; attendu, disent-ils, que ce peuple est très voyageur ; Grimm le fait venir de l'ancien allemand panzo, auquel il attribue la signification d'habitant et de eli, ailleurs, alienigena. Diez conjecture un adjectif formé de alibi, comme prochain de proche. Cette dernière étymologie est vraisemblable ; cependant il y a, dans le bas-latin, albaranus et albarraneus, formes qui se trouvent dans des documents espagnols ; et en effet l'espagnol a conservé albarran, nom que l'on donne aux garçons qui n'ont point de domicile, sans feu, ni lieu ; albarraneo, forain, étranger ; albarrania, état de garçon, célibat ; de la sorte, si l'on pouvait rendre compte de la disparition de l'r, le bas-latin albanus et le français aubain viendraient de albarran, qui conduit à l'arabe al, le, et barreyyoun, étranger, forain ; mais cette disparition n'est justifiée par rien. Il y a aussi, dans l'ancien français, aubain, sorte d'oiseau : Et tout aussi comme l'aloe Fuit le mousket et l'esprevier Plus que l'aubain.... , PH. MOUSKES, ms. p. 186, dans LACURNE SAINTE-PALAYE ; mais cet aubain, qui vient sans doute de albus, blanc, ne paraît avoir rien de commun avec l'autre aubain.

aubain

AUBAIN. n. m. T. d'ancienne Jurisprudence. Étranger privé du droit de tester et d'hériter parce qu'il n'était pas naturalisé.

aubain

Aubain, m. acut. est celuy qui d'un pays dont il fut né, se transporte, et fait sa demeure en un autre. Aduena, qui non est indigena, neque autokhthôn. Et semble qu'il soit dit de Auber, Mot usité parmy les gens de village, qui signifie bouger, et se remuer d'un lieu à autre. Et par ce que tels adventifs ne peuvent jouyr des droits et advantages des naturels du pays où ils fichent leur bourdon, sans estre naturalisez, et que leurs biens tombent au fisc apres leur decez vacquants, et seigneur, pour cete cause on dit Aubin, ce que le Latin dit, Extraneus, Peregrinus. Les anciens disoient Hobain, et Hobaine, ou droit de Hobaine, qui viennent du Verbe Hober, signifiant desplacer d'un lieu pour se transporter en un autre. Et l'escrit on Aubeine.

aubain


AUBAIN, s. m. AUBAINE, s. f. [1re dout. O-bein, bène, 2e è moy. 3e e muet.] L'Aubaine, ou le droit d'aubaine, est le droit de succession aux biens d'un étranger, qui meurt dans un pays où il n'est pas naturalisé. — Aubain est cet étranger. — Figurément, Aubaine se dit de tout droit casuel, qui arrive à quelqu'un. "C' est une bonne aubaine. Il est du style familier.