autel

(Mot repris de autels)

autel

n.m. [ du lat. altus, haut ]
1. Table, construction destinée à la réception des offrandes, à la célébration des sacrifices à la divinité.
2. Dans la religion chrétienne, table où l'on célèbre l'eucharistie.
Remarque: Ne pas confondre avec hôtel.

AUTEL

(ô-tèl) s. m.
Sorte de table destinée à l'usage des sacrifices.
Dans Rome, les autels fumaient de sacrifices [RAC., Brit. IV, 2]
Si de sang et de morts le ciel est affamé, Jamais de plus de sang ses autels n'ont fumé [ID., Iphig. V, 2]
On dresse des autels de gazon [FÉN., Tél. XXIV]
Les sénateurs lui firent dresser des autels [BOSSUET, Hist. III, 7]
Il lui voulait dresser des autels [ID., ib. II, 12]
L'amour impudique eut tant d'autels.... [ID., ib. II, 3]
Cependant à Pompée élevez des autels ; Rendez-lui les honneurs qu'on rend aux immortels [CORN., Pomp. III, 2]
Poétiquement.
Dressons-lui des autels sur des monceaux d'idoles [CORN., Poly. II, 6]
Autels, monuments en forme d'autels élevés pour perpétuer la mémoire de quelque événement. Les patriarches élevaient des autels en des lieux où ils avaient reçu quelque faveur de Dieu. Il est parlé des autels d'Hercule, des autels d'Alexandre, dressés aux extrémités de leurs expéditions. Fig. et par extension, honneurs extraordinaires. Mériter des autels.
Eux-même avec candeur, se disant immortels, De leurs mains tour à tour se dressent des autels [GILB., Dix-huitième siècle.]
Nous sommes trois, Diderot, d'Alembert et moi, qui vous dressons des autels [VOLT., Lett. à Cath. 8]
À sa gloire en cent lieux fit dresser des autels [BOILEAU, Art p. IV]
Cette idole à qui le monde a de tout temps dressé des autels [MASS., Dauph.]
Personne qu'on honore, qu'on adore.
Ils n'ont point de faveur qu'ils n'aillent divulguer, Et leur langue indiscrète, en qui l'on se confie, Déshonore l'autel où leur cœur sacrifie [MOL., Tart. III, 3]
Chez les chrétiens, table où l'on célèbre la messe. Le prêtre monte à l'autel. S'approcher de l'autel pour la communion.
Dans le même esprit qu'ils vont à l'autel [BOSSUET, Par. de Dieu, 1]
Une âme qui a vécu longtemps éloignée de l'autel [MASS., Inconst.]
Quoiqu'elle approchât souvent des autels [FLÉCH., Mar.-Th.]
Un prêtre oserait-il, le même jour, s'approcher de l'autel [dire la messe] ? [PASC., Prov. 6]
Le maître autel, l'autel qui est placé dans le chœur d'une église. Autel privilégié, autel où il est permis de dire la messe des morts le jour qu'on ne peut la célébrer aux autels qui ne sont pas privilégiés. Autel portatif, pierre plate et carrée, bénite selon les formes de l'Église, pour célébrer la messe en pleine campagne. Le sacrifice de l'autel, le saint sacrifice de l'autel, c'est-à-dire la messe ; le saint sacrement de l'autel, l'eucharistie. Fig. Élever autel contre autel, faire un schisme, et, par extension, lutter avec quelqu'un de crédit, de puissance, former une entreprise rivale.
On élève autel contre autel [BOSSUET, Annonc. 1]
Harcourt saisit l'occasion de débaucher au duc de Beauvilliers son pupille ou de faire au moins autel contre autel [SAINT-SIMON, 232, 94]
Fig. La religion, le culte. Respectez les autels. Les ministres des autels.
Il soutint les autels que l'hérésie avait ébranlés [FLÉCH., Dauph.]
Et les droits de l'autel sont avant ceux du trône [RAYNOUARD, États de Blois, II, 5]
L'autel et le trône, la religion et le pouvoir monarchique.
Terme d'astronomie. L'Autel, constellation de l'hémisphère austral.
Technologie. Tablette de pierre ou de fonte placée en avant de la bouche d'un four. Partie d'un four à réverbère, qui a pour destination d'isoler le métal du combustible.

PROVERBES

  • Qui sert à l'autel doit vivre de l'autel, ou le prêtre vit de l'autel, c'est-à-dire chacun vit de sa profession.
  • Il en prendrait sur l'autel, se dit d'un homme qui prend tout ce qu'il peut et partout où il peut.
  • Ami jusqu'aux autels, ami à tout faire, excepté à agir contre la religion, contre la conscience.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Dessus l'alter [de] Saint Sevrin le baron [, Ch. de Rol. CCLXIX]
    Lonc un alter belement [ils] l'enterrerent [, ib. CCLXXI]
  • XIIe s.
    Mout riche ofrande [il] a dessus l'autel mise [, Ronc. p. 179]
    Idunches se dresça, E par tuz les alters à orer s'en ala [, Th. le mart. 162]
    E de tutes les lignées de Israel [je] le eslis, que fust mis prestres ; e à mun altel muntast, e encens i portast [, Rois, 9]
    Dunc cumandad li angeles à Gad, que il deïst à David que il en alast pur lever un alter en l'onurance nostre Seignur [, ib. 218]
    Tant que li fossez ki deled le altel esteit, fud plein e surundad [, ib. 318]
  • XIIIe s.
    Par derriere l'autel s'ert [s'était] la bele mucie [cachée] [, Berte, CIX.]
    E quant tote la messe est dite, le rei vient devant l'autier, et se comenie [, Ass. de Jér. I, 31]
    Car teil qui auteil sert, d'auteil doit vivre [RUTEB., 258]
  • XVIe s.
    Il en prendroit sur le grand autel [H. EST., Précell. p. 77]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. autai ; provenç. altar, autar ; espagn. altar ; ital. altare ; du latin altare, proprement, ce qu'on met dessus l'autel (Quintilien, Decl. XII, 26 : aris altaria imponere), ce qui exhausse, de altus, haut (voy. ce mot). Altare a donné régulièrement alter ou altier ou autier ; la forme autel s'est glissée à côté, par l'affinité entre l'l et l'r, et peut-être aussi par le grand usage de l'adjectif autel, semblable, mot très usité dans ces temps : l'on sait combien les langues ont de tendance à assimiler les mots qui ont peu de différence ; tendance funeste et qui rend bien des choses confuses et même inintelligibles.

autel

AUTEL. n. m. Table, monument en bois ou en pierre à l'usage des sacrifices. Dresser, élever un autel. Consacrer des autels. Embrasser les autels. Profaner les autels. Se prosterner devant les autels, au pied des autels. L'encens fumait sur les autels. Les autels des faux dieux. Conduire la victime à l'autel. L'autel de Jupiter, de Mars, etc. Un autel de gazon. Chez les Hébreux, il y avait un autel des holocaustes et un autel des parfums.

Fig., Il mérite qu'on lui élève, qu'on lui dresse des autels, Il est digne des plus grands honneurs, des plus grands témoignages de la reconnaissance publique.

Il se dit particulièrement, en termes de Liturgie, de la Table où l'on célèbre la messe. L'autel de la Vierge. Table d'autel. Nappe d'autel. Le dessus de cet autel est de pierre, de bois, etc. On met ordinairement des reliques sous les pierres d'autel. Un devant d'autel. Les marches de l'autel. Le prêtre est à l'autel. Servir à l'autel. S'approcher de l'autel pour communier. Les saints autels.

Le sacrifice de l'autel, le saint sacrifice de l'autel, La messe.

Le Sacrement de l'autel, L'Eucharistie.

Le maître-autel ou grand autel, Le principal autel de chaque église qui est placé dans le choeur.

Autel privilégié, Autel où il est permis de dire la messe des morts les jours où on ne peut la célébrer aux autres autels.

Autel portatif, Pierre plate et carrée, bénite selon les formes ordinaires de l'Église, pour célébrer la messe en pleine campagne.

Prov. et fig., Qui sert à l'autel doit vivre de l'autel, ou simplement Le prêtre vit de l'autel, Il est juste que chacun vive de sa profession.

Fig., et par exagération, Il prendrait sur l'autel, sur le maître-autel, se dit d'un Homme qui prend effrontément tout ce qu'il peut et partout où il peut.

Fig., Élever autel contre autel, Faire un schisme dans l'Église ou dans quelque communauté. Il signifie par extension Opposer son crédit, sa puissance au crédit, à la puissance d'une autre personne; ou Former une entreprise rivale d'une autre déjà formée.

Il désigne aussi figurément, surtout au pluriel, la Religion, le culte religieux. Ils s'érigèrent en défenseurs de l'autel et du trône. Attaquer, renverser les autels. Respecter les autels. Cet impie avait juré la ruine des autels. Combattre pour ses autels. Les ministres des autels.

Fig., Ami jusqu'aux autels, Ami à tout faire, excepté ce qui est contraire à la conscience, à la religion.

autel

Autel, Altare.

autel


AUTEL, s. m. [Il difère d'Hôtel, et pour l'ortogr. et pour la prononc. et pour la signification. Otel, 1re dout. Ôtel, 1re lon.] Espèce de table de pierre destinée pour les sacrifices. Acad. Pourquoi de pierre seulement? N'y a-t-il pas des Autels de bois? ou n'apèlera-t-on Autel que la pierre sacrée? Ne sufisait-il pas de dire: Table destinée pour les Sacrifices. "Dresser, élever un Autel; se prosterner devant l'Autel, ou les Autels, aux pieds de l'Autel ou des Autels. Les Ministres des Autels, etc. "Devant d'Autel, nape, ornement d'Autel. Les marches de l'Autel, les cornes de l'Autel.
   On apèle l'Eucharistie, le Sacrement de l' Autel; et la Messe, le Sacrifice de l'Autel. — Ataquer les Autels, la Religion. — Maître-Autel, l'Autel principal dans une Église.
   On dit figurément: Élever Autel contre Autel; faire un schisme dans l'Église; et par extension, dans une compagnie divisée en factions. — On dit aussi d'un homme avide et peu scrupuleux, qu'il en prendroit jusque sur l'autel. "Le Prêtre vit de l'autel; ou, qui sert à l'autel doit vivre de l'autel. Il est juste que chacun vive de sa profession. L'Acad. borne l'emploi de ce Proverbe aux professions honorables. — On dit encôre, par abus, qu'un homme mérite qu'on lui dresse, qu'on lui élève des autels, pour dire qu'il est digne des plus grands honeurs.

Traductions

autel

Altar, Ritualpodestaltaraltaarמוקד (ז), מזבח (ז), מוֹקֵד, מִזְבֵּחַaltaaraltaralteraltaroaltaroltáraltarealtaria, araalterołtarzaltarалтарь, престолaltareβωμός, αγία τράπεζαمَذْبَحُ الكَنِيسَةِoltářalttarioltar祭壇제단แท่นบูชาsunakbàn thờ祭坛 (otɛl)
nom masculin
table où on célèbre une messe

autel

[otɛl] nmaltar
sacrifié sur l'autel de qch (fig)sacrificed on the altar of sth