avaler

(Mot repris de avaleront)

avaler

v.t. [ de 1. aval ]
1. Faire descendre par la gorge ; ingurgiter : Avaler sa salive. Avaler de travers. Il a avalé son verre d'un trait
engloutir : Avaler un sandwich
le manger à la hâte
2. Fam. Croire naïvement ; supporter : C'est dur à avaler
Avaler un mot, un son,
ne pas les prononcer distinctement.
Faire avaler qqch à qqn,
Fam. lui faire croire qqch en abusant de sa crédulité.

avaler


Participe passé: avalé
Gérondif: avalant

Indicatif présent
j'avale
tu avales
il/elle avale
nous avalons
vous avalez
ils/elles avalent
Passé simple
j'avalai
tu avalas
il/elle avala
nous avalâmes
vous avalâtes
ils/elles avalèrent
Imparfait
j'avalais
tu avalais
il/elle avalait
nous avalions
vous avaliez
ils/elles avalaient
Futur
j'avalerai
tu avaleras
il/elle avalera
nous avalerons
vous avalerez
ils/elles avaleront
Conditionnel présent
j'avalerais
tu avalerais
il/elle avalerait
nous avalerions
vous avaleriez
ils/elles avaleraient
Subjonctif imparfait
j'avalasse
tu avalasses
il/elle avalât
nous avalassions
vous avalassiez
ils/elles avalassent
Subjonctif présent
j'avale
tu avales
il/elle avale
nous avalions
vous avaliez
ils/elles avalent
Impératif
avale (tu)
avalons (nous)
avalez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais avalé
tu avais avalé
il/elle avait avalé
nous avions avalé
vous aviez avalé
ils/elles avaient avalé
Futur antérieur
j'aurai avalé
tu auras avalé
il/elle aura avalé
nous aurons avalé
vous aurez avalé
ils/elles auront avalé
Passé composé
j'ai avalé
tu as avalé
il/elle a avalé
nous avons avalé
vous avez avalé
ils/elles ont avalé
Conditionnel passé
j'aurais avalé
tu aurais avalé
il/elle aurait avalé
nous aurions avalé
vous auriez avalé
ils/elles auraient avalé
Passé antérieur
j'eus avalé
tu eus avalé
il/elle eut avalé
nous eûmes avalé
vous eûtes avalé
ils/elles eurent avalé
Subjonctif passé
j'aie avalé
tu aies avalé
il/elle ait avalé
nous ayons avalé
vous ayez avalé
ils/elles aient avalé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse avalé
tu eusses avalé
il/elle eût avalé
nous eussions avalé
vous eussiez avalé
ils/elles eussent avalé

AVALER

(a-va-lé) v. a.
Abaisser, faire descendre, mettre en bas. Vieux dans ce sens. Avaler du vin dans la cave.
Quand autour du roi quelqu'un avalait son chaperon, les plus près du roi lui faisaient place, c'était une marque qu'il voulait parler au roi [SAINT-SIMON, 73, 198]
En termes de jardinage, avaler une branche, la couper près du tronc. Terme de chapelier. Avaler la ficelle, la faire descendre du haut de la forme jusqu'en bas. Terme de chasse. Avaler la botte au limier, la lui ôter pour le laisser chasser en liberté. Terme de métallurgie. Dans l'affinage, exposer la masse devant la tuyère et achever d'en chasser les matières étrangères.
Faire descendre par le gosier. Avaler un bouillon. Ne faire que tordre et avaler, manger avidement, avaler sans mâcher. Il avalerait la mer et les poissons, il a une grande soif. Familièrement. Avaler sa langue, s'ennuyer, bâiller outre mesure. Familièrement. Avaler quelqu'un, le regarder avec des yeux furieux. Familièrement. J'ai cru qu'il m'avalerait, il s'est livré à une violente explosion de colère contre moi.
Mon neveu, vous êtes une huître. - Mon Dieu, ma tante, il ne faut pas m'avaler pour cela [COIGNARD, frères, Gusman ne connaît pas, à la fin]
Argot maritime. Avaler sa gaffe, mourir. Avaler sa cuiller, décamper. Fig. Avaler le calice, avaler le morceau, être contraint d'endurer quelque chose de fâcheux. Fig. et familièrement. Avaler des couleuvres, subir de dures mortifications.
Fig.
Il avalait à longs traits le plaisir de la voir [HAMILT., Gramm. 8]
Elle avalait cela plus doux que les confitures [ID., ib. 9]
On juge au hasard, on n'examine rien, on avale la calomnie comme du vin de Champagne [VOLT., Lettr. Damilaville, 15 oct. 1762]
Contempler avec avidité, et comme si on avalait.
Ils l'avalent des yeux [l'huître], du doigt ils se la montrent ; à l'égard de la dent il fallut contester [LA FONT., Fabl. IX, 9]
Endurer, accepter.
Pour nous faire avaler nos tristes destinées [SÉV., 415]
Pour lui faire avaler le soufflet [ID., 70]
M. le prince fut forcé aussi d'avaler des louanges [ID., 419]
Pour voir comme on pourra lui faire avaler cette affliction [ID., 365]
Avalant les jours gras comme une médecine [ID., 402]
En habile déclamateur il me faisait avaler à longs traits toute l'amertume de cette réflexion [DIDER., Pens. phil. 20]
Il n'y a que le premier obstacle qui coûte ; on avale, après, la honte [BOSSUET, Pensées, 9]
Les Mailly trouvèrent cette place avec raison bien mauvaise, mais il la fallut avaler [SAINT-SIMON, 3, 55]
Ils ne connaissent pas les horreurs que vous avalez comme l'eau [MASS., Ferv.]
Pour nous faire, sans rire, avaler ce morceau [RÉGNIER, Sat. X]
De ces femmes aux beaux et louables talents Qui savent accabler leurs maris de tendresses, Pour leur faire avaler l'usage des galants [MOL., Amph. I, 4]
C'est à vous de l'y résoudre, et de lui faire avaler la chose du mieux que vous pourrez [ID., le Méd. m. lui, III, 6]
Mme de Coulanges ne pouvait avaler mes excuses [SÉV., 481]
Familièrement. Faire avaler, faire croire.
V. n. Descendre le courant. Vieux en ce sens. Ce bateau avale.
Terme de marine. Faire avaler ou boire la toile, ménager quelques plis en cousant une voile.
Terme de banque. Donner la garantie dite aval (voy. AVAL).
S'avaler, v. réfl. Pendre, descendre trop bas. Le ventre de cette jument s'avale.
10° Être avalé, au propre et au figuré. Ces pilules s'avalent sans peine. C'est un affront qui s'avalera difficilement.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Si comme il put, du pin [il] est avalet [, Ch. de Rol. LXXIX]
  • XIIe s.
    Entre col et l'escu a ses brans avalé [, Ronc. p. 195]
    Et cil s'en tournent, avalent les degrez [, ib. p. 203]
    Uns escuiers as degrés de la sale Est descendus, si destrousse sa male ; Bele Doette les degrés en avale [, Romancero, p. 46]
  • XIIIe s.
    Ensi li dus avala le letrin et s'ala agenoiller devant l'autel Saint-Marc, moult plorant [VILLEH., XL.]
    Une riviere [elle] treuve qui d'un pendant avale [, Berte, XXVII]
    Nes un tout seul morcel n'en a elle avalé [, ib. XLV]
    Vers Paris [elle] s'en avale l'amirable cité [, ib. LXXXI]
    Et s'avisa qu'elle feroit avaler une corde et le meteroit outre les creniaus, jus [en bas] del mur [, Ch. de Rains, 32]
    Car dant Costant venoit après Sor un cheval à grant eslès, Qui moult s'escrie à l'avaler [, Ren. 1219]
    Ô [avec] haute voix, o longe aleine De bien chanter chascun se peine ; L'uns à l'autre son chant avale [, ib. 13557]
    Cum l'iaue qui s'avale toute, N'il n'en retorne arriere goute [, la Rose, 375]
    Ou il entrast par les fenestres, Qu'il set bien de l'ostel les estres, Par une corde s'avalast [, ib. 12721]
    Et li fix du fil au fil mon fil [le fils du fils du fils de mon fils] m'est el quart degré en avalant [BEAUMANOIR, XIV, 4]
    Pourceque il peussent la viande mascher et avaler aval [JOINV., 237]
    Sitost comme je fu avalé là où le tresor estoit [ID., 250]
  • XIVe s.
    Mais ne voldrai de pain ne de vin avaler, Si vous voldrai trestous à un arbre encroer [, Guesclin. 20390]
    Le cerf doit avoir le ventre bien avalé [, Modus, f° XIV, recto]
  • XVe s.
    Environ deux cents lances s'avalerent devers Maing [FROISS., I, I, 111]
    Le varlet prit la lettre que les chevaliers lui baillerent, puis le firent avaler es degrés [ID., I, I, 228]
    Puis fit ouvrir la porte du chastel, et avaler le pont, et issir ses gens [ID., II, III, 8]
    C'est dur morcel à avaller [AL. CHARTIER, Le livre des quatre dames.]
    Ô bon vin, liqueur souveraine, Entre chez moi.... Qui me veoira tout avaler, Ne s'en estonne [BASSELIN, XLIII]
    Il le me convient avaler Sans mascher.... [, Patel. 1319]
    Il eut de l'estrain [paille] largement, qu'il avala [jeta] dedans la fosse et y bouta le feu [LOUIS XI, Nouv. LVI]
  • XVIe s.
    Si je montoys aussi bien comme j'avalle, je feusse, piece ha, hault en l'aer [RAB., Garg. I, 5]
    Il l'avalla, comme ung cormoran feroyt ung petit poisson [ID., Pant. II, 4]
    Lors il s'avalla le mieulx que il peut, en sorte que il touchoyt les piedz en terre [ID., ib.]
    Pantagruel luy vouloyt avaller [abattre] la teste tout net [ID., ib. II, 29]
    Pensant avoir avalé une espingle avecques son pain [MONT., I, 100]
    La majesté royale s'avalle plus difficilement du sommet au milieu qu'elle ne se precipite du milieu au fond [ID., I, 121]
    Regorger la viande comme on l'a avallée [ID., I, 61]
    Elle avoit les joues avallées, et le nez trop poinctu [ID., I, 296]
    Fuir à bride avallée [ID., I, 368]
    Quelques années aprez voilà le busc du pourpoinct avalé jusques entre les cuisses [ID., I, 369]
    Les epicuriens ne peuvent avaller un dieu en forme de boule [ID., II, 201]
    Elle lui disoit mille injures ; mais il les avaloit toutes avec un verre de vin [DESPER., Contes, LXXIX]
    Il n'y avoit ny aucuns passans, ny batteaux montans ou avallans [AMYOT, Publ. 35]
    Ce que la mer va mimant petit à petit en long temps et à grand peine, luy l'a avallé tout à un coup [un qui avait mangé son bien sis au bord de la mer] [ID., Caton, 16]
    Cinglant le jour à voiles avalées et baissées, et la nuict haussées [ID., Lucul. 6]
    Ilz le suivoient les cheveux nonchalamment avallez [ID., Cicéron, 40]
    Son chapeau rouge, avalé en capuchon par derriere [, Sat. Mén. p. 55]
    La squinance empesche la viande d'estre avallée en l'estomach [PARÉ, VI, 8]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. evaulai ; de aval. Avaler veut dire proprement faire descendre, mettre en bas ; et il n'a eu longtemps que ce sens-là ; puis, comme faire arriver les aliments dans l'estomac est aussi les faire descendre, il a pris peu à peu ce sens, et le primitif est tombé en désuétude, ne restant plus que dans quelques locutions techniques et dans certains patois.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    AVALER. Ajoutez :
    11° Terme d'exploitation houillère. Foncer, creuser un puits.

avaler

AVALER. v. tr. Faire descendre par le gosier dans l'estomac. Avaler un bouillon. Avaler un oeuf. Il avale les morceaux sans mâcher. Il ne peut plus rien avaler. Il n'avale qu'avec peine. Avaler une arête, un os.

Fam., Ne faire que tordre et avaler, Manger trop rapidement et avaler presque sans mâcher.

Fam. et par exagération, Il avalerait la mer et les poissons, se dit d'un Homme qui a une grande soif ou qui a un appétit insatiable; et quelquefois, au figuré, d'un Homme extrêmement avide de richesses.

Fig., Avaler le calice, avaler le morceau, Se soumettre à quelque chose de fâcheux, malgré la répugnance qu'on y peut avoir.

Fig., Avaler des couleuvres, Subir des dégoûts, des chagrins, des mortifications qu'on est obligé de dissimuler, dont on n'ose se plaindre.

Fig. et pop., On lui fera avaler cela, On lui fera croire cela, ou On lui fera endurer cela. On lui en fera avaler bien d'autres.

Il signifiait, d'une façon plus générale, Abaisser, faire descendre. Avaler du vin dans la cave. En ce sens il est populaire.

En termes de Jardinage, Avaler une branche, La couper près du tronc.

Il est aussi intransitif avec le sens de Suivre le courant de la rivière. Ce bateau avale, ce bateau va en avalant.

S'AVALER signifie Pendre, descendre trop bas. Le ventre de cette jument s'avale.

Le participe passé AVALÉ, ÉE, est aussi adjectif et signifie Qui pend un peu. Avoir les joues avalées, les épaules avalées. Cette chienne mettra bas bientôt, elle a le ventre fort avalé. Ce chien courant a les oreilles bien avalées.

avaler


AVALER, v. a. 1°. Faire descendre par le gosier dans l'estomac. Avaler un oeuf, un bouillon, une arête , une épingle, etc. — Au figuré: "Avaler le calice, avaler des couleuvres, dévorer des dégoûts, des chagrins, des mortifications; avaler le morceau, se soumettre à quelque chôse de fâcheux, malgré sa répugnance. — On dit d'un homme qui mange goulument, qu'il ne fait que tordre et avaler; et d'un homme avide, qu'il avalerait la mer et les poissons. = 2°. Abaisser, faire descendre. Avaler du vin dans la cave. Il est populaire. = 3°. Neutre, descendre, en parlant des bateaux. Voy. AVAL. = 4°. * Couper, enlever. L'Ab. Tallemant s'en est servi dans sa Traduction de Plutarque. "Il lui avala l'épaule d'un coup d'épée. Ce mot n'est plus d'usage que chez le bâs peuple.

Synonymes et Contraires

avaler

verbe avaler
Traductions

avaler

schlucken, schlingen, hinunterschluckenswallow, drink in, downslikken, inslikken, doorslikken, slokken, (in)slikken, verzwelgenבילע (פיעל), בלע (פ'), גימא (פיעל), גמע (פ'), גָּמַע, בָּלַעslukempassar-se, englotir, engolirglutitragar, deglutirnielaista, niellämenelan, telanengolir, tragar, consumirînghiţiглотатьκαταπίνω, χάβωingoiare, trangugiare, deglutire, inghiottireيَبْتَلِعُ, يَبْلَعُpolknout, spolknoutsynkegutati, progutatiを飲み込む, 飲み込む...을 삼키다, 삼키다svelgepołknąć, przełknąćsväljaกลืน, กลืน ดูดกลืน ฝืนทนyutmak, yutulmaknuốt, nuốt nước bọt吞咽燕子 (avale)
verbe transitif
1. faire descendre par la gorge avaler de travers
2. figuré croire Elle a avalé cette histoire.

avaler

[avale] vt
[+ aliment, comprimé] → to swallow
"ne pas avaler" → "not to be taken internally"
avaler la pilule (fig) → to grin and bear it, to take one's medicine
une pilule difficile à avaler → a bitter pill to swallow
(= croire) [+ histoire, mensonges, affront] → to swallow
c'est dur à avaler → it's difficult to swallow
(fig) [+ obstacles] → to take in one's stride; [+ kilomètres] → to eat up; [+ documents, romans] → to devour