aveugle


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aveugle

adj.
1. Privé de la vue : Elle est aveugle de naissance.
2. À qui la passion fait perdre la clairvoyance, la lucidité : L'amour rend aveugle lucide, raisonnable
3. Qui ne connaît pas de limites : Confiance aveugle absolu, total ; limité
4. Qui frappe au hasard, sans discernement : Attentat aveugle.
5. Qui ne reçoit pas la lumière du jour : Un débarras aveugle.
n.
Personne privée de la vue non-voyant
En aveugle,
sans réflexion ; imprudemment : Vous avez agi en aveugle.
Essai thérapeutique en aveugle,
méthode d'étude d'un nouveau traitement médical, dans laquelle les patients ignorent s'ils reçoivent le nouveau ou l'ancien médicament.

AVEUGLE

(a-veu-gl') adj.
Qui est privé de la vue. Être aveugle. Devenir aveugle. Il fut aveugle pendant sa vieillesse.
Son esprit ne saurait jamais rien produire que des avortons aveugles et imparfaits [BOILEAU, Longin, Sublime, 12]
Ce n'est pas l'amour qu'il fallait peindre aveugle, c'est l'amour-propre [VOLT., Lettr. Damilaville, 11 mai 1764]
Poétiquement et par extension.
Sombre nuit, aveugles ténèbres, Fuyez, le jour s'approche, et l'olympe blanchit [RAC., à laudes, nox.]
Dont la raison est obscurcie. L'amour rend aveugle. Être aveugle sur ses défauts. Je me trouve bien aveugle d'avoir si peu prévu ce qui nous menaçait.
Je ne suis pas ensemble aveugle et téméraire ; Je connais bien l'erreur que l'amour m'a fait faire [MALH., V, 30]
Les hommes sont aveugles et sur le bien et sur le mal [FÉN., Tél. XVIII]
Les Romains, les Grecs étaient les plus aveugles sur la religion [BOSSUET, Hist. II, 5]
[Il] Déchaîne contre moi ce prophète imposteur, Aveugle sur mon sort, sur le sort de l'empire, Mais non sur l'intérêt, le seul dieu qui l'inspire [VOLT., Œdipe, II, 2]
Ou plutôt trop aveugle ministre [RAC., Baj. IV, 7]
Dieu veut qu'on espère en son soin paternel ; Il ne recherche point, aveugle en sa colère, Sur le fils qui le craint l'iniquité du père [ID., Athal. I, 2]
Qui offusque l'entendement. Fureur aveugle. Mouvement aveugle. Emportement aveugle. Ambition aveugle et effrénée.
Qui agit sans discernement. La force aveugle.
Le hasard, aveugle et farouche divinité, préside au cercle des joueurs [LA BRUY., 6]
Vous les verrez soumis rapporter dans Bysance L'exemple d'une aveugle et basse obéissance [RAC., Baj. I, 1]
Mais me réponds-tu bien de leur aveugle zèle ? [VOLT., Mérope, I, 4]
Terme de commerce. Tapis aveugles, grands tapis de Smyrne dont le travail n'a pas bien rendu le dessin. En anatomie, on a dit quelquefois l'intestin aveugle pour le caecum.
Substantivement. Les aveugles ont le tact singulièrement exercé.
Si pourtant il est permis à un aveugle de chercher son chemin à tâtons [VOLT., Memmius, XI]
Aveugle-né, s. et adj. Aveugle de naissance qui n'a jamais vu la lumière. Les aveugles-nés. Un enfant aveugle-né. Une femme aveugle-née. Jeu des aveugles, jeu analogue au jeu d'oie. Crier comme un aveugle qui a perdu son bâton, crier bien fort pour peu de chose. Juger d'une chose comme un aveugle des couleurs, en juger sans y rien connaître. Fig. C'est un aveugle qui en conduit un autre, se dit d'une personne aussi imprudente et aussi malhabile que celle qu'elle dirige.
Aveugle, s. m. Un des noms vulgaires de l'anguis fragile (ophidiens) dit aussi orvet, serpent aveugle et envoye.
À l'aveugle, en aveugle, loc. adv. Sans réflexion, sans discernement.
Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l'appât de la liberté, elle suit en aveugle, pourvu qu'elle en entende seulement le nom [BOSSUET, Reine d'Anglet.]
Je marche en aveugle, sans savoir ma destinée [SÉV., 362]
À son mauvais destin en aveugle obéit [CORN., Pomp. II, 2]
Puisque après tant d'efforts ma résistance est vaine, Je me livre en aveugle au transport qui m'entraîne [RAC., Andr. I, 1]
Quelle ardeur inquiète Parmi vos ennemis en aveugle vous jette ? [ID., Brit. I, 3]

PROVERBES

  • Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois, c'est-à-dire parmi des gens ignorants ou incapables, un peu de savoir ou de capacité suffit pour procurer la prééminence.
  • Troquer son cheval borgne contre un aveugle, c'est-à-dire faire un mauvais marché, empirer sa condition.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Si aveugle qu'il ne gardoient à Dieu n'a ses comendemenz [, Psautier, f° 86]
    Li Dieu des paiens sunt mu et avugle [, ib. f° 117]
    Longis, qui de Grece fu nés, Aveules fu, bien le savés [, Vie de J. C. dans DU CANGE, avoculatus]
    Li mort en sont ressuscité, li avule renluminé [, ib.]
    On ne doit laissier le [la] garde des enfans sous-aagiés ne des orfelins à nului qui seit mal renommés de vilain cas, ne à nul fol naturel, ne à nul awgle [BEAUMANOIR, XV, 32]
    Toutes voies ne volons nous pas qu'on mete en tex offices faus [fous], ne mellix [querelleurs], ne sours, n'avegles [ID., LIV, 12]
  • XIVe s.
    Nul ne doit improperer ou reprocier à un homme ce que il est aveugley, se il est tel de nature [ORESME, Eth. 74]
  • XVIe s.
    Borgne est roy entre aveugles [H. EST., Précell. p. 180]
    Il estoit à craindre que, la nuit venant à les surprendre, on ne se battroit qu'à l'aveugle [, Mém. s. du G. ch. 10]
    L'ignorance oste la veue de l'entendement à ceulx qui en sont entachez, tout ne plus ne moins que ne fait l'aveuglement la veuë des yeux corporelz à ceulx qui sont aveugles [AMYOT, Lysand. 34]
    Le malade demeurera aveugle de cest œil [PARÉ, XV, 10]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, aveûle ; rouchi, aveule ; bourguig. éveugle ; picard, aveule, avugle, avule ; ital. avocolo, vocolo ; de ab, marquant privation, et de oculus, œil (voy. ce mot) : sans œil.

aveugle

AVEUGLE. adj. des deux genres. Qui est privé du sens de la vue. Il est aveugle. Elle est aveugle. Une personne aveugle. Un cheval aveugle. Devenir aveugle. Aveugle de naissance ou Aveugle-né.

Prov. et fig., Changer, troquer son cheval borgne contre un aveugle, Changer, par méprise, une chose défectueuse contre une autre plus défectueuse encore.

Il se dit figurément d'une Personne à qui la passion trouble le jugement, ou qui manque de lumières, de raison. Les amants sont aveugles. L'ambition, la colère le rend aveugle. Chacun est aveugle dans sa propre cause. Aveugle sur ses défauts, il est clairvoyant sur ceux des autres. Il faut être bien aveugle pour ne pas s'apercevoir de pièges aussi grossiers.

Il se dit aussi des Passions mêmes qui troublent le jugement, qui privent de lumières, de raison. Désir aveugle. Ambition aveugle. Amour aveugle. Fureur aveugle.

Il se dit également des Dispositions, des sentiments qui ne permettent pas la réflexion, l'examen. Obéissance aveugle. Soumission aveugle. Complaisance aveugle. Zèle aveugle. Confiance aveugle. Une foi aveugle en quelqu'un, dans ce que dit quelqu'un. La haine est aveugle.

Il se dit encore de Ce qui agit ou paraît agir sans aucun discernement. Il fut l'aveugle instrument de leur vengeance. Le hasard, cette puissance aveugle qui...

Fig., Le sort est aveugle, la fortune est aveugle, Souvent le sort, la fortune favorise des personnes qui ne le méritent point.

Il est aussi nom des deux genres. Un aveugle. Une jeune aveugle. Mener un aveugle. Le chien de l'aveugle. Institution des Jeunes Aveugles. Maison de rééducation des aveugles de guerre.

Fig., Crier comme un aveugle qui a perdu son bâton, Crier bien fort pour quelque mal léger.

Prov. et fig., Au royaume des aveugles les borgnes sont rois, Les personnes d'un mérite médiocre ne laissent pas de briller lorsqu'elles se trouvent parmi des ignorants ou des sots.

Fig., Juger d'une chose comme un aveugle des couleurs, En juger sans en avoir aucune connaissance.

Fig., C'est un aveugle qui en conduit un autre, se dit d'une Personne qui ne montre pas plus de prudence ou d'habileté que celle dont elle s'est chargée de diriger les actions.

À L'AVEUGLE, EN AVEUGLE, loc. adv. À la manière d'un aveugle, sans lumières ou sans réflexion. Il agit à l'aveugle, en aveugle. Juger en aveugle.

aveugle

Aveugle, Caecus.

Faire aveugle, Caecitatem inferre.

Estre si aveugle, qu'on commette des cas honteux et meschans, Praecipitem amentia ferri.

Qui meine un aveugle, Praeitator, B.

aveugle


AVEUGLE, adj. et subst. m. et f. [A-veu-gle, 2e br. 3e e muet.] Qui est privé de l'usage de la vuë: Homme aveugle, femme aveugle. — Subst. Un pauvre aveugle, une pauvre aveugle. — Au figuré, il se dit des persones et des chôses. "Les amans sont aveugles dans leurs desirs. Passion aveugle, obéissance aveugle.
   Rem. 1°. Aveugle, au figuré, se place indiféremment devant ou après le substantif. Desirs aveugles, aveugles desirs; soumission aveugle, aveugle soumission: "Les aveugles transports de la passion. "L'Être Suprême donne des lois à l'univers... et en dirige les aveugles mouvemens. Jér. Déliv. — Au propre, il suit toujours. Au figuré même, il aime à suivre dans le discours ordinaire: il ne se plait à précéder que dans le discours élevé. = Aveugle, au propre, se dit sans régime; au figuré, il régit la prép. sur: "Aveugle sur ses défauts, clairvoyant sur ceux d'autrui. La Rue. emploie la prép. à: "Vous servez Dieu, comme s'il étoit aveugle à vos infidélités, indiférent à vos ingratitudes. La symétrie des régimes en produit un grand nombre d'irréguliers.
   2°. Suivant Bouhours, on doit dire, faire les chôses en aveugle, et non pas à l'aveugle. Racine a confirmé cette remarque par son exemple.
   Puisqu'après tant d'éforts ma résistance est vaine
   Je me livre en aveugle au transport qui m'entraîne.
   Quelle fureur inquiète
   Parmi vos ennemis en aveugle vous jette?
Le 1er exemple est plus régulier: en aveugle doit se raporter au sujet de la phrâse. — L'Auteur des Réflexions sur l'usage présent de la Langue, aprouvait à l' aveugle. Le P. Bouhours le condamnait, et il avait pour lui l'Académie d'alors, qui ne l'avait point mis dans son Dictionaire. Elle l'a mis depuis, mais elle avertit qu'il ne se dit qu' au propre, pour dire aveuglément. Elle ne met point d'exemple de, en aveugle, au figuré. — Ce même Auteur des Réflexions trouve cette diférence entre à l'aveugle (ou plutôt en aveugle) et Aveuglément, adv. que le 1er marque un défaut de conaissance, faire une chôse en aveugle, et l'autre le dérèglement d'une passion; suivre aveuglément son caprice.
   M. Beauzée admet à l'aveugle, et le comparant avec aveuglément, y trouve à-peu-près la même diférence. Le 1er, dit-il, indique un défaut d'intelligence, le 2d un abandon des lumières de la raison; qui agit à l'aveugle, ne voit pas; qui agit aveuglément, ne veut pas voir. "Soumettre aveuglément sa raison aux décisions de la Foi, ce n'est pas croire à l'aveugle, puisque c' est la raison même, qui nous éclaire sur les motifs de crédibilité.
   Juger, ou décider comme un aveugle des couleurs; c. à. d. sans conoissance. Crier comme un aveugle qui a perdu son bâton, jeter les hauts cris. Expressions proverbiales. Voy. BORGNE.

Synonymes et Contraires

aveugle

adjectif aveugle
1.  Qui est irrationnel.
2.  Sans limite.
Traductions

aveugle

(avœgl)
adjectif
1. qui ne voit pas devenir aveugle
2. figuré qui rend incapable de réfléchir avoir une confiance aveugle en qqn

aveugle

blind, Blinder, unbesonnen, verranntblind, sightless person, implicit, blind manblind, blinde, verblindסומא (ז), עיוור (ז), עיוור (ת), עִוֵּר, סוּמָאblindcecblind, blind person, blindeτυφλός, στραβόςblinda, blindulociegosokeavak, világtalanbuta, keraiblindurciecocaecusblindślepycegoblindkipofuâmâ, körأَعْمَىslepýslijep目の見えない눈 먼слепойตาบอด盲目的
nom masculin-féminin
personne qui ne voit pas

aveugle

[avœgl]
adj
[personne] → blind
[mur, fenêtre] → blind
[passion, fureur, obéissance] → blind
nm/fblind person
les aveugles → the blind
nm
test en aveugle → blind test
test en double aveugle → double blind test