bénin, igne


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BÉNIN, IGNE

(bé-nin, ni-gn') adj.
Qui a de la bénignité. Il n'est pas d'homme plus bénin. Une humeur bénigne.
Qui ont abondance de ce sang bénin [PASC., Prov. 9]
Ô Seigneur, vous qui donnez aux juges ces regards bénins, ces oreilles attentives et ce cœur toujours ouvert à la vérité.... [BOSSUET, le Tellier.]
Par ironie, trop bon, trop facile. On n'est pas plus bénin que cet homme-là.
Les maris les plus bénins du monde [MOL., Éc. des f. I, 6]
Fig. Propice, favorable. Ciel bénin. Influence bénigne.
Les cœurs sont saisis d'une joie soudaine par la grâce inespérée d'un beau jour d'hiver, qui après un temps pluvieux vient réjouir tout d'un coup la face du monde ; mais on ne laisse pas de lui préférer la constante sérénité d'une saison plus bénigne [BOSSUET, Marie-Thér.]
Un astre plus bénin vient d'éclaircir tes jours [CORN., Théod. V, 3]
J'ai de vœux parjurés trahi les dieux bénins [RÉGNIER, Élég. IV]
Mais si d'un œil bénin vous voyez mes hommages [MOL., Tart. IV, 5]
En termes de médecine, qui n'offre rien d'alarmant. Petite vérole bénigne. Remède bénin, remède qui agit doucement.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Avec benigne entencion De rendre son pouvoir propice à cil qui querroit son service [LA FONT., 20]
    Ainsi ne fit mie l'enfant Bouciquaut ; ains devant elle et entre toutes les dames estoit plus doux et benigne que une pucelle [, Bouciq. I, ch. 8]
    Son très beau langaige, doulx, benin et bien ordonné et sans fraude, attire les cœurs de maintes gens [, ib. IV, ch. 10]
  • XVIe s.
    Ils appelloient Antonius en leurs cantiques Bacchus, pere de liesse, doulx et bening ; aussi l'estoit il à aucuns, mais à la plus grande partie estoit cruel et inhumain [AMYOT, Anton. 27]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. bereigne, bénigne ; provenç. benigne ; espagn. et ital. benigno ; de benignus, dérivé de bene, bien (voy. BIEN, adv.)

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • BÉNIN. Ajoutez : - REM. Sainte-Beuve a dit bénigne au masculin : Ce serait se faire une bien fausse image, en effet, que de ne voir dans le bénigne prélat [saint François de Sales] qu'un adorable mystique, Port-Royal, I, 10. Il y a là une intention de l'écrivain, et bénin ne rendrait pas son idée. On peut voir à l'historique que benigne s'est dit jadis au masculin. D'ailleurs c'est un nom propre d'homme : Bénigne Bossuet.